Togo : Violences après l’enlèvement d’un imam par la soldatesque de Faure Gnassingbé . Au moins 3 morts et une vingtaine de blessés

Un jeune et deux soldats ont été tués lundi soir dans de violents heurts à Sokodé, deuxième ville du Togo, après l’« arrestation » d’un imam proche d’un parti d’opposition, selon le gouvernement. La mort du jeune homme, Yerima Ikililou, a été confirmée de sources indépendantes ( voir photo plus bas), mais pas celle des deux supposés soldats. Connaissant la propension du régime Faure Gnassingbé à mentir à tout bout de champs, cette supposée mort des militaires est à prendre avec des pincettes.

Togo :  Violences après l’enlèvement d’un imam par la soldatesque de Faure Gnassingbé . Au moins 3 morts et une vingtaine de blessés

Sokodé

De violents heurts ont éclaté à Sokodé avant de se propager dans la nuit dans plusieurs villes du pays, dont Kpalimé et Lomé, la capitale, où la foule a été dispersée par des gaz lacrymogènes.

Ces manifestations de colère spontanées répondaient à l’arrestation lundi soir à Sokodé (nord) de l’imam Alpha Hassan, proche du Parti National Panafricain (PNP), un des partis qui mène une forte contestation contre le pouvoir depuis le mois d’août.

« L‘électricité a été coupée vers 19H00 (locales et GMT), après la prière et cinq véhicules de la gendarmerie sont arrivés pour enlever Alpha Alassane, un imam très reconnu dans la ville… », a expliqué à l’AFP Ouro Akpo Tchagnaou, coordinateur de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition).

« La population s’est sentie visée et est sortie dans les rues », a-t-il ajouté en soulignant que les échauffourées ont duré toute la nuit.

Des habitations des cadres du parti UNIR ont été incendiés, ainsi qu’un bureau de banque, la poste et un bâtiment de TogoCell.

L’imam Alassane a toujours été une voix contestataire au Togo, mais dans un contexte de fortes tensions politiques depuis deux mois, il s’est rapproché du PNP.

Lomé

Le siège du PNP incendié par la soldatesque/milice à Lomé

Dans la nuit de lundi à mardi, le siège du Parti national panafricain (PNP) a été incendié par les militaires et/ou miliciens du pouvoir à Lomé.

C’est la désolation. Un cabinet médical, 3 ateliers de coutures dont un Établissement de broderie avec plus de 6 machines haut de gamme, partis en fumée.

Deux bureaux de douanes incendiés

Le poste de douane du terminal du Sahel à Agoè Zongo, dans la capitale togolaise, a également été incendié durant la nuit agitée. Des pneus brûlés étaient encore visibles aux abords des voies. Les forces de l’ordre étaient encore très présentes mardi matin

A Bafilo

A Bafilo, ville voisine de Sokodé, des jeunes ont également dressé des barricades et bloqué la route nationale en réaction à l’arrestation de l’imam, a affirmé à l’AFP une représentante locale de la coalition d’opposition CAP 2015, Tchatchibara Akim.

A Kpalimé

Kpalimé aussi a connu une nuit agité

Calme précaire, mardi

Un calme précaire était revenu mardi matin, malgré un climat extrêmement tendu à la veille de nouvelles manifestations contre le pouvoir appelées par l’opposition pour les 18 et 19 octobre.

Le PNP de Tikpi Atchadam, nouvelle figure de proue de l’opposition, s’est allié à 13 autres partis pour demander une limitation non-rétroactive du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, et héritier d’une famille à la tête du Togo depuis 50 ans.

Depuis août, de nombreuses manifestations ont été organisées au Togo, dont celles des 6 et 7 septembre, qui avaient rassemblé plus de 100.000 personnes dans la capitale Lomé et plusieurs dizaines de milliers dans les villes du nord du pays, nouveau foyer de contestation du pouvoir.

Source : AFP + VOA + 27avril.com

 

27Avril.com

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