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Togo : quid du harcèlement en milieu estudiantin ?

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Après avoir été reconnu coupable de séquestration et de viol sur une élève mineure, Samaty Séssey, enseignant volontaire à l’École Primaire Publique d’Afagnan Gleta est interdit d’exercer au Togo. Arrêté, inculpé puis libéré, son sort a été scellé par une lettre envoyée aux directeurs régionaux par le Secrétaire Général du ministère des Enseignements primaire, secondaire et technique, Emmanuel Ahiya, lettre où celui-ci invitait les uns et les autres « à instruire tous les chefs d’établissements de vos ressorts pédagogiques de ne pas admettre le mis en cause comme enseignant dans le système éducatif togolais ».

On n’entendra donc plus parler de Samaty Séssey comme d’un enseignant. Pas de pitié pour les enseignants de la trempe de Samaty Séssey, s’écrient les uns, quand les autres jubilent sur la toile avec des commentaires tous plus moralisateurs les uns que les autres. Et ce n’est que justice. Cela dit, si le coupable a subi la juste colère de ses supérieurs, on oublie un peu vite qu’il y a forces Samaty Séssey qui écument sinon le primaire ou le secondaire, en tout cas le monde universitaire où le harcèlement sexuel ne date pas d’hier.

Le dénominateur commun de ces deux mondes reste la tentation de commettre l’interdit, à savoir forcer la main à plus faible que soi, ou encore s’adonner en toute impunité aux attouchements et autres forfaits libidineux. Tant qu’à sévir au niveau des enseignements primaire et secondaire, autant élargir la jauge et inviter les autorités compétentes à assainir les universités viciées pour ces actes inavoués, s’ils ne sont chuchotés entre potes. Il faut être né de la dernière pluie pour passer à côté des harcèlements sexuels dont sont victimes les étudiantes aussi bien dans les universités publiques comme privées. Ils font des fois office de sujets de discussion entre camarades souvent victimes d’un prédateur qui, du fait de leur position d’enseignants, n’hésitent pas à jeter leur dévolu sur leurs apprenantes, pour peu qu’elles leur tapent dans l’œil. En échange, des notes qui frisent le miracle.

L’université de Lomé regorge de ces étudiantes qui ont obtenu des notes et des diplômes à la sueur de leur entrecuisse. Comme il y en a qui ont dû passer des années à valider une seule matière sans succès, la faute à un « maître-chanteur » qui ne peut laisser filer une étudiante au charme dévastateur. Si certaines ont tenu sans flancher, beaucoup ont succombé à ce chantage sexuel de leur enseignant prédateur qui a toujours le dernier mot dans ce bras de fer déséquilibré à plusieurs égards.

Que dire de ces professeurs qui sortent avec leurs étudiantes ? Mettre donc le sujet sur le tapis dans une époque où l’heure est aux sanctions n’est nullement déplacé, bien au contraire. Et nos autorités peuvent s’inspirer de Talon qui a récemment installé une délégation générale au contrôle et à l’éthique dans l’enseignement supérieur.

Le 17 février, le successeur de Yayi Boni a estimé que « celui qu’on dénomme communément professeur d’université devra s’interdire toute relation ou tentative de relation amoureuse avec son apprenant ». Dans le cas où un enseignant commence à développer des sentiments amoureux pour son élève, il peut changer de classe, car pour Talon, il y aura déficit de discernement de pertinence dans l’appréciation du travail fourni. Ce n’est pas que le Togo ne dispose pas de ce genre de garde-fous, mais ils souffrent d’un manque d’application. Vivement que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche prenne à bras le corps ce fléau qui n’en finit plus de souiller le monde universitaire.

Avec Le Correcteur

Source : Togoweb.net