Togo–La grâce présidentielle allergique aux détenus politiques

Depuis un certain temps, l’opinion nationale s’étonnait de l’hyperactivité du Chef d’Etat togolais à vouloir pacifier les acteurs politiques de pays voisins, alors que plusieurs dizaines d’adversaires politiques croupissent en prison au Togo. Les voix s’élevant fortement, Faure Gnassingbé décide ce jeudi 03 Novembre 2022 de gracier des prisonniers. Mais lesquels ?

Comme à son habitude, lorsqu’une affaire risque d’entacher le prestige international savamment entretenu par le pouvoir de Lomé, celui-ci se hâte de jeter de la « poudre » aux yeux de l’opinion internationale. Beaucoup de Togolais se demandaient ce qui empêche le Chef d’Etat d’appliquer chez lui la « bonne parole de paix et de fraternité » qu’il ne se prive guère de prêcher ailleurs.

Sans détour, des organisations de la société civile d’une part, et des partis politiques d’autres part, se sont exprimés sur la nécessité de l’intervention du Chef de l’Etat en sa qualité de 1er Magistrat pour libérer les dizaines de personnes détenues en prison en raison de leur opinion et position politique.

Il n’y a donc qu’une grâce présidentielle de Faure Gnassingbé qui puisse faire sortir des prisons togolaises des détenus comme DJimon ORE, Kpatcha GNASSINGBE, les militants de l’opposition arrêtés au cours des manifestations publiques pacifiques ainsi que les militants du PNP et d’autres partis politiques.

Ainsi par Décret N°2022-109/PR en date du 31 Octobre 2022 accordant grâce présidentielle, Faure Gnassingbé accorde la liberté à 364 prisonniers qui peuvent désormais regagner leur famille. Cependant en scrutant cette longue liste de « graciés », on ne trouve de détenu politique. Le Chef d’Etat togolais à travers ce Décret, reste constant dans sa politique nationale : celle d’agir sans agir, celle de passer sciemment à côté des véritables problèmes qui minent la société togolaise, celle consistant à polir son image à l’international.

Néanmoins, cette fois-ci, le subterfuge est trop patent. Au lieu de remettre dehors des petits délinquants récidivistes par Décret présidentiel, le pouvoir de Lomé gagnerait à libérer les personnalités publiques et politiques afin qu’une véritable émulation démocratique propulse le Togo dans un développement inclusif et irréversible

Source : icilome.com