Togo, Des inaugurations en pleine campagne électorale : Ces méthodes déloyales déployées par le régime Faure / RPT-UNIR…

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Togo, Des inaugurations en pleine campagne électorale :  Ces méthodes déloyales déployées par le régime Faure / RPT-UNIR…

Le pouvoir RPT/UNIR va-t-il un jour gagner une élection à la loyale ? L’issue de la bonne dizaine d’élections organisées depuis la période post-avènement démocratique et les méthodes déloyales déployées par le régime cinquantenaire sont assez parlantes. L’attitude des gouvernants en place ces derniers temps, dans le contexte des élections locales, s’inscrit manifestement dans les mêmes veines. Aperçu de ces méthodes viles déployées dans l’intention manifeste de se paver la voie à une victoire sans gloire et d’aiguillonner le choix des électeurs …

Des inaugurations en pleine campagne électorale…

On le connaît expert en inaugurations, lancements de chantiers et remises d’ouvrages. Faure Gnassingbé, après le forum économique Togo-UE des 13 et 14 juin derniers, s’est encore illustré ce mardi 18 juin, en inaugurant l’Institut de formation pour l’agro-développement (IFAD) à Elavagnon (Est-Mono, 60 km d’Atakpamé) destiné à la formation des experts en agriculture pour la relance du secteur. Le même jour, il a procédé à la remise officielle du nouveau marché préfectoral de la ville, d’un coût de 450 millions FCFA, dit-on, réalisé dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC). Et c’était en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement et du Représentant résident du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) au Togo et partenaire d’exécution dudit projet, Aliou DIA.

A côté, c’est le Chef du gouvernement aussi qui s’est illustré, quelques jours plutôt, dans une série de remises d’ouvrages sociocommunautaires. Comme le 6 juin à Dimori dans la préfecture de Bassar où il a inauguré une unité de soin périphérique, un marché flambant neuf en plus d’une piste de désenclavement qui rallie Dimouri à Bassar, d’un coût de 600 millions FCFA. Le 10 juin à Notsè, il inaugurait la Maison de la Femme de la localité, d’un coût de 143 millions. Komi Sélom Klassou a également remis officiellement le Centre médico-social d’Atchavé dans les Plateaux aux populations. Certains de ses ministres aussi étaient embarqués dans cette course. Comme Mme Koko Ayeva de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadre de vie qui inaugurait une autre Maison des Femmes d’un coût de 100 millions à Sotouboua. A Kougnohou, dans les Plateaux, ce sont les ministres en charge du Tourisme et de l’Agriculture, Kossivi Egbetonyo et Noel Bataka qui ont procédé à la remise officielle des salles de classes et des équipements d’accès à l’eau potable, financés par l’Etat à hauteur de 45 millions FCFA.

…Pour aiguillonner le choix des électeurs

Des inaugurations d’ouvrages, il n’y a rien de méchant là-dedans. Mais le hic, ces activités interviennent en pleine campagne ou période électorale. Sous d’autres cieux, ces genres d’activités de la part des gouvernants sont quasiment interdites et l’agenda officiel du chef de l’Etat s’arrête souvent avant le début des périodes électorales. Même en l’absence de non interdiction formelle, cet arrêt des activités relève d’une élégance d’esprit…Une sortie d’un chef d’Etat pour de telles activités ne peut être récupérée politiquement, serait vécue comme un scandale et attirerait la foudre des politiques et des médias. Mais ici au Togo, on en fait la norme. A l’approche des élections, Faure Gnassingbé va procéder à des lancements de construction d’ouvrages, poses de premières pierres et autres inaugurations, embarquant parfois dans ses descentes sur le terrain des ambassadeurs ou représentants des partenaires.

Personne n’est dupe, ces inaugurations ou remises d’ouvrages en pleine campagne électorale pour les locales sont loin d’être fortuites. Faure Gnassingbé et ses collabos auraient même pu le faire depuis ; mais ils ont attendu ce moment précis pour le faire. Le dessein inavoué, c’est simplement d’acheter tacitement les consciences et influer le vote des électeurs. Le décor de ces lieux d’inauguration est assez parlant, avec des photos du Prince placardées partout, des banderoles aux messages partisans du genre « 2020, c’est maintenant », comme si c’était une affaire de parti, les discours ressortent que ces ouvrages répondent à la politique sociale du Chef de l’Etat, on cite le plan électoraliste de l’heure le PND (Plan national de développement), bref il est presque célébré. Tout cela, à des fins électoralistes, pour conditionner le choix des électeurs, les aiguillonner…L’élégance d’esprit aurait poussé les gouvernants en place à éviter ces méthodes déloyales ; mais étant « tombés au grand-marché de Lomé »…

Des invalidations de dossiers de concurrents sérieux

Pascal Bodjona était la surprise de ces locales. Alors qu’il s’était muré dans un silence sépulcral depuis ses mésaventures dans l’affaire dite d’escroquerie internationale et sa sortie de prison en février 2016, l’ancien ministre de l’Administration territoriale a surpris l’opinion en déposant sa candidature pour la course à la commune d’Agoènyivé 1, à la tête d’une liste dénommée « Ensemble pour le Togo ». Mais son dossier a été invalidé par la Cour suprême instrumentalisée, sous le prétexte fallacieux de « défaut de dénomination », une raison que personne n’arrive à expliquer. Sur ordre des mains noires tapies dans l’ombre, et sur fond de faux et usage de faux qui avilit davantage l’image de la justice togolaise. Une plainte factice a été déposée au nom de l’association « Ensemble pour le Togo » et de sa Présidente fondatrice Mme Betty Chausson. Aujourd’hui le pot-aux-roses est découvert et la dame compte poursuivre en justice le fameux avocat qui s’est présenté comme son conseil. Il s’est agi simplement pour le Prince et le pouvoir RPT/UNIR, de se défaire d’un adversaire qui risquait de leur ravir la vedette dans une commune convoitée. Sa candidature compromettait les plans du pouvoir et il fallait absolument l’éjecter.

Plein d’autres listes ont été aussi invalidées par la Cour suprême. Il s’agit principalement de celles de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le parti de Jean-Pierre Fabre qui, quoi qu’on dise, est la formation de l’opposition la plus populaire et seule capable de concurrencer le parti au pouvoir dans les urnes. Certaines listes de la Coalition des 14 à l’époque adoubée par le peuple et qui a tenu la dragée haute au pouvoir durant la crise, ont également été rejetées. Ce sont les motifs qui font parfois tomber à la renverse : défaut de signature d’un document d’un candidat, absence de légalisation d’une pièce, entre autres. Faut-il le rappeler, la Cour suprême a en fait preuve d’usurpation pour ce faire, car aucune disposition du Code électoral régissant l’organisation de ces locales ne lui donne ces prérogatives. C’était un passage forcé pour parvenir à tamiser les listes, rejeter les plus gênantes…Pour simuler une certaine impartialité, elle a invalidé dans un premier temps des dossiers d’autres partis béquilles aussi. Mais après, ces candidatures ont été réhabilitées, sauf celles des partis gênants. C’est ici qu’apparaît tout le caractère tendancieux de la chose.

Et pourtant les griots du pouvoir ont toujours peint le RPT/UNIR comme le parti le plus assis du Togo, Faure Gnassingbé comme adoré par les populations et l’opposition comme archi-minoritaire, à l’instar d’un des collabos du Prince qui récemment, a fait croire que c’est à peine 10 % de la population qui suit la Coalition de l’opposition et qui n’est pas allée se faire enrôler lors du recensement électoral d’octobre 2018. Le bon sens aurait voulu que si le Prince et le RPT/UNIR se savent vraiment populaires, qu’ils organisent les élections dans les conditions de transparence totale, d’équité, avec des règles impartiales, un découpage équitable, sans mettre en branle leur machine à fraudes…Mais ils se voient obligés de recourir à des méthodes déloyales parmi lesquelles l’accaparement de la CENI, le dévoiement de la révision des listes électorales pour empêcher les militants de l’opposition de s’inscrire suffisamment, la concession de miettes aux partis de l’opposition pour financer leur campagne… pendant que le régime lui-même mettra des moyens additionnels gigantesques à la disposition de ses candidats…Des faits qui parlent d’eux-mêmes.

Tino Kossi

Source : Liberté

27Avril.com

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