Togo, Décès du Colonel Madjoulba : Un mois après la fin du délai, la commission Yark Damehame dans l’impasse ?

madjoulba bitala

Demain 23 juin 2020, cela fera un mois que le délai fixé pour les conclusions de l’enquête sur la mort du Colonel Bitala Madjoulba aura expiré. Curieusement, aucune information officielle ne filtre sur l’évolution des investigations. La commission Yark Damehame a peut-être besoin d’un coup de main d’experts internationaux.

Le 08 mai 2020, le chef de l’Etat prend l’arrêté N°001/PR/20 portant création d’une commission spéciale d’enquête administrative et de commandement, pour élucider les circonstances de la mort du colonel Madjoulba. Ce décès est survenu dans la nuit du 03 mai 2020, quelques heures seulement après la cérémonie d’investiture de Faure Gnassingbé pour un 4ème mandat.

La mise sur pied de cette commission d’enquête répondait à la demande de nombreuses organisations politiques, mais aussi de la société civile de voir la lumière faite sur ce décès tragique. Au sein de la population, il y avait également la soif légitime de vérité sur cet assassinat. Selon l’arrêté présidentiel, la commission est présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame. Un délai a été imparti pour que ladite commission finisse ses enquêtes. « La commission spéciale dispose d’un délai maximum de quinze (15) jours pour rendre les conclusions de ses investigations », précise l’article 4 de l’arrêté.

Si l’on s’en tient à cet arrêté de Faure Gnassingbé, la Commission Yark Damehame devait conclure ses investigations dans la troisième semaine du mois de mai, plus précisément le 23 mai 2020. Mais un mois après la fin du délai, les Togolais attendent toujours les résultats de l’enquête. C’est le silence radio. Aucune conclusion n’a été rendue publique et la commission mise en place par Faure Gnassingbé n’a même pas fait une annonce pour situer l’opinion sur l’évolution des investigations.

Dans un pays qui se respecte, cette exigence de vérité ne devrait pas être vue comme une pression populaire sur les membres de la commission ou celui qui les a installés. Bien qu’il soit possible que Yark Damehame et ses collègues rencontrent des difficultés dans l’évolution de leur enquête, en hommes responsables, ils doivent communiquer sans pour autant livrer des informations susceptibles de nuire à leur mission. Nous estimons qu’ils ont été formés pour de pareilles circonstances.

En plus de la nécessité pour la commission de rendre des comptes, il y a lieu de préciser que l’assassinat du Colonel Madjoulba ne doit pas être considéré comme un événement interne aux Forces Armées Togolaises (FAT). La première raison est que l’Armée est au service de la nation, et des événements pareils affectent les citoyens, d’une manière ou d’une autre. C’est une affaire de sécurité nationale et les FAT, dont Faure Gnassingbé est le chef, doivent rendre compte de ce qu’il se passe en leur sein. La seconde raison est que le drame du 03 mai 2020 ne concerne pas un vulgaire soldat de rang tué dans un bistro. Non. Il s’agit du commandant du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), assassiné dans son bureau qui se trouve dans une garnison militaire. L’affaire est assez sérieuse pour être gérée avec légèreté et considérée comme un dossier privé. Nous passons sous silence les mouvements populaires qui ont suivi l’annonce de l’assassinat, même si ces mouvements ont été tus par les menaces et autres actions des cadres de la localité d’origine de la victime.

Qu’à cela ne tienne, l’incapacité de Yark Damehame et sa clique de conduire les investigations appelle à la mise sur pied d’une commission d’enquête avec la participation d’experts internationaux. Cela va sans doute permettre de rompre avec la logique des enquêtes interminables auxquelles nous a habitués le ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Peut-être aussi que l’enquête piétine parce que le ver est dans le fruit.

G.A.

Source : Liberté

Source : 27Avril.com

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