Togo, Université de Lomé : Et si Étudiants et Enseignants Unissaient Leur Voix

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Chaque année, les Universités publiques du Togo sont théâtres des grèves à répétition des enseignants comme des étudiants. A l’origine de ces mouvements d’humeurs, le non-respect, par l’Etat, de ses engagements.

Togo, Université de Lomé : Et si Étudiants et Enseignants Unissaient Leur Voix

Au début de ce mois d’avril, les Enseignants-Chercheurs, dans une lettre adressée au Professeur Dodzi Komlan Kokoroko, président de l’Université de Lomé, informent qu’ils ne seront pas dans les amphithéâtres à partir du 1er, et ce pendant une semaine. S’ils n’obtiennent pas gain de cause, menacent-ils, le débrayage sera reconduit sans préavis jusqu’à ce qu’une solution appropriée soit trouvée à leurs doléances.

Leur plateforme revendicative comporte la prise en compte des augmentations obtenues jusqu’en 2011 dans le calcul des pensions des retraites, la demande des ressources financières pour la recherche notamment bureaux, laboratoires, équipements et fonds de fonctionnement, voyages d’étude.

Sur cette liste, les universitaires exigent, en outre, le principe «un enseignant une voix » au cours de l’élection des doyens des facultés et directeurs des écoles, le reliquat de l’accord du novembre 2011 et l’intégration systématique des enseignants inscrits sur la liste d’aptitude du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES).

Il y a quelques mois, les mêmes enseignants avaient menacé d’organiser un mouvement d’humeurs. Il a été finalement ajourné parce que le professeur Dodzi Komlan Kokoroki avait réussi à les convaincre de ce que leurs revendications sont sur la table du gouvernement pour étude.

Le mouvement décrété la semaine dernière n’a pas connu un meilleur sort puisque à ce jour difficile d’avoir une lecture claire de la situation après le début de la grève. Tout compte fait, les enseignants ne sont pas les seuls à porter ces revendications.

En effet, les étudiants de l’Université de Lomé ne sont pas contents et ont l’intention de se faire entendre dans les prochains jours. Ils réclament le paiement immédiat de la première tranche des bourses et allocations qui devaient être versée fin décembre. Mais depuis, rien, affirment-ils.

Ils fixent un ultimatum aux autorités. Si rien n’est fait avant le milieu de la semaine, les discussions cesseront et les étudiants utiliseront d’autres moyens d’action. Puisque, selon les étudiants, le retard accusé dans le payement des bourses et allocations est « incompréhensible, inexplicable et injustifiable ».

Ainsi, en l’espace d’une semaine, l’Université de Lomé peut connaître une deuxième grève. La question qui se pose est de savoir pourquoi les syndicats d’étudiants et d’enseignants ne s’unissent-ils pas pour porter ensemble leurs revendications.

L’Union fait la force…

En effet, si les deux corps sont distincts et portent des revendications différentes, ils peuvent, au nom d’un enseignement supérieur de qualité qui s’inscrit dans la modernité, unir leur force pour avoir gain de cause. Surtout qu’ils ont un même répondant qui n’est autre que le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Ainsi, leur voix porterait, sans aucun doute, plus haut. Ils pourront rapidement avoir des résultats concrets. Dans cette démarche, ils peuvent s’inspirer de ce qu’avaient fait les syndicats de l’éducation.

Après plusieurs années, en effet, de tergiversations et de dilatoires, le gouvernement a cédé l’année dernière sur la majeure partie des revendications portées par les enseignants du premier et du second degré. Pour mettre la pression sur le gouvernement les principaux syndicats de l’éducation à savoir la Coordination Syndicale des Enseignants du Togo (CSET), la Fédération Nationale des Syndicats de l’Education du Togo (FENASYET) et la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) ont dû unir leurs forces et parler d’une seule voix.

Cette approche a montré son efficacité et pourrait l’être encore.

Source : Fraternité

27Avril.com

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