Home Société Togo : quels volontaires pour combattre en cas de menace sécuritaire ?

Togo : quels volontaires pour combattre en cas de menace sécuritaire ?

0
367
Kpendjal-terroriste-terrorisme-Togo.jpg

Je parle de volontariat pour le combat parce qu’en novembre dernier, le Burkina Faso a lancé un recrutement pour enrôler 50 000 volontaires pour la défense de la patrie et ils ont eu 90 000 candidats, parmi ceux qui remplissaient les critères.

Je me souviens de cette journée comme si c’était hier:4 juillet 2004. Je suis commandant du peloton blindé du bataillon Togolais de l’Onuci 1. Je suis réveillé à 3h du matin par des échanges affolés sur le réseau radio. Goyitafla, une bourgade qui est dans la zone gouvernementale, à la lisière de la zone de confiance est attaquée par les rebelles qui ont massacré la garnison Fanci. Nous avons une section postée là-bas. Rapidement, le lieutenant sur place réclame un véhicule peint à la couleur blanche de l’Onu pour pouvoir patrouiller, car tous nos engins étaient encore en vert camouflé. Un camion au pc bataillon est peint en plan, avec l’inscription UN sur la carrosserie, et peut donc y  aller mais il doit être escorté. Mon indicatif radio était Lion. Je réponds à la radio.

– Lion en mesure de se déployer en appui.

Mais on tergiverse, le commandant de bataillon est introuvable, et en fin de compte, sur mon peloton de trois AML, je finis par avoir l’autorisation de prendre un engin pour accompagner le camion.

Nous quittons Zuenoula vers 7h. Sur la route, des flots de population civiles qui fuient la zone de guerre. Et nous on va en sens inverse. A l’entrée du village, un cadavre au carrefour. Plus loin, un habitant sort d’un bosquet et nous informe qu’il y a un rebelle derrière une maison. On ne peut pas continuer en lassant cette menace derrière nous. Je fais débarquer deux soldats après être descendu moi-même, et met le char en appui. Réduction de résistance isolée (RRI) . Appui mutuel et communication vocale vers la cible, qui se trouve être un combattant rebelle blessé au genou. On le récupère, le désarme et le confie à l’ambulance française que j’ai appelée.

Je passe la journée à ravitailler nos postes et à patrouiller avec les parachutistes français largués tôt le matin. Je fais évacuer les militaires ivoiriens recueillis à notre base au cours de la nuit, harcelé par les dozos, et le lendemain matin, je retourne continuer la guerre depuis Zuenoula. J’en parlerai un autre jour.

J’en parle aujourd’hui parce que j’étais volontaire pour cette mission et je savais que j’allais au feu. Beaucoup de civils ne le comprendraient pas mais j’étais très enthousiaste en y allant. C’est con mais les militaires aiment la guerre.

Je parle de volontariat pour le combat parce qu’en novembre dernier, le Burkina Faso a lancé un recrutement pour enrôler 50 000 volontaires pour la défense de la patrie et ils ont eu 90 000 candidats, parmi ceux qui remplissaient les critères.

Combien seront les Togolais qui seront volontaires pour aller se battre et mourir pour la patrie en cas d’agression ? Aujourd’hui, les jeunes que je vois me semblent plutôt être portés vers la fuite si une telle situation se présentait. Donnez-moi vos avis. Si un pays étranger nous attaquait, combien serez- vous à prendre les armes et vous battre pour sauver la mère patrie ? Soyez honnêtes dans vos réponses.

Je reviendrai sur les vdp dans une autre publication. J’aurai procédé autrement si j’étais au pouvoir au Burkina Faso.

Soyons volontaires pour défendre la patrie vivants. Mais à l’époque je n’étais ni marié, ni papa. Aujourd’hui ça serait peut être différent.

Mais si c’est le pays qui est attaqué, je monte dans un char direct. Yoah !

Gerry Taama, député

Source : Icilome

Source : Togoweb.net