Togo… On se voyait déjà…

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Togo… On se voyait déjà…

Il faut rendre témoignage de la dernière expérience politique de l’Opposition togolaise ; demain tient sa force d’hier, nous le savons et nous en apprenons. D’ailleurs, depuis une trentaine d’années, l’iconographie des œuvres de cette Opposition togolaise a toujours offert une collection inédite, trop souvent théâtrale et permissive : comédies, drames, illusions, désillusions, mélimélos, cafouillages, vaudevilles, chienlits, spectacles, peines perdues, etc. En face, ce n’est guère mieux que le statu quo.

Dans cette Opposition togolaise, la particulière exposition publique qui a commencé depuis août 2017 comportait un fonds d’œuvres originales dont le record d’une vie commune, exaltante, de dix-huit mois qui a prévalu jusqu’en mars 2019. On y était presque…

On y croyait tant, à cette délivrance commune, très opportune… On se voyait déjà… Bien avant les Soudanais et les Algériens, à défaut de damer le pion aux voisins directs de la CEDEAO, on croyait aussi pouvoir sortir, enfin, de la liturgie du désespoir et du découragement au Togo… Notre orgueil de Togolais était flatté… Le Togo était dans les actualités internationales… Les débats sur le Togo faisaient rage…

Marqueur d’étape dans cette aventure nouvelle, véritable ‟Game Changer″, le PNP l’est, à travers l’appel de Tikpi Salifou Atchadam à son « grand frère » Jean Pierre Fabre, à faire bande ensemble avec plusieurs autres. La prouesse tient aussi du sacrifice réel du parti de Jean Pierre Fabre, l’ANC, à se soumettre aux embûches d’un tel voyage sans règles ni code, sauf l’objectif de faire partir Faure Gnassingbé, au point d’y sacrifier son important patrimoine d’élus de l’Opposition.

Les parcours de vie des 14 partis politiques de la fameuse coalition étaient inégaux d’expérience républicaine dont la plus fragrante et la plus insuffisante furent, curieusement, celles du PNP lui-même, bien que ce parti ait été à l’origine du regroupement politique circonstanciel. L’usage malicieux et avaricieux d’une audience politique certaine par le PNP, et à l’encontre même de la cohésion du groupe, n’a fait que fragiliser la C14 jusqu’à sa désagrégation.

Les conditions gagnantes

Contrairement aux apparences, nul n’est sorti grandi de la décomposition de la C14. Pas plus les partis qui ont profité du mélimélo pour se donner place inconfortable à la CENI, l’ADDI et le CAR notamment ; pas plus la Société civile ou la Diaspora que les autres partis qui jamais ne se donnaient, suffisamment, le droit de souscrire aux exigences devant préserver le groupe, la C14, de l’érosion de confiance en sein de la Coalition.

L’épisode du 13-avril-2019 prouve à suffisance que le PNP doit revenir sur terre. À quelque chose malheur est bon. Le défi du Togo réside bel et bien dans la réunion des conditions gagnantes qui ne résident aucunement dans l’isolement, encore moins dans la prétention à savoir quoi faire de mieux que les autres, pour triompher de l’imposture qui s’est installée à demeure au Togo. Isolé, le PNP ne pouvait être rien d’autre qu’une proie facile pour ses prédateurs.

Nous ne pouvons faire l’Opposition au Togo sans règles, sans éthique, sans intégrité, sans générosité, sans dévouement, et toujours avec le souci de profiter des déconvenues ; toujours faire silence et inaction pour penser en tirer gloire, prétendument au bon moment. Non ! Nous ne ferons pas un autre Togo sans Éthique et Rigueur républicaines, avant même notre Flexibilité ainsi que notre Grand Pardon devant nos inévitables erreurs humaines.

Cette loi fondamentale de rigueur, de constance, de générosité et d’intégrité n’épargne personne. Son application reste valable aussi bien dans l’épisode récent de François Akila-Esso Boko que dans les zigzags de tous les citoyens-théoriciens qui font de la politique en inventant des « Ya-Qu’à-Faire-Ceci » comme : « Juste appeler l’armée togolaise au secours, et la République si longtemps perdue sera vitement retrouvée ». Non ! Les conditions gagnantes sont ailleurs au Togo.

Nous y arriverons !

Qu’à tout cela ne tienne… La lutte continue. Rien de facile ne sera donné à l’Opposition togolaise par nos amis d’en face, certes. Mais rappelons-le sans équivoque : il demeure que c’est à Faure Gnassingbé de se soumettre à la démocratie et à ses règles immuables au Togo comme partout ailleurs.

En aucun cas, ce n’est pas aux citoyens togolais de renoncer à leur Dignité pour s’agenouiller devant la tromperie et l’invouloir qui se sont emparés du Togo, et croient s’y éterniser par la force des armes ainsi que la férocité des répressions des manifestations publiques, et de toutes les manigances, intempestives et félonnes, servies à toutes les occasions.

Malgré tous les ratés de l’Opposition, il n’y a d’alternative autre que celle du retour à la République au Togo. La République est autant réparatrice du douloureux passé togolais que protectrice de l’avenir de la nation. Nous, Togolaises et Togolais, ne pouvons renoncer à un tel idéal de République au profit des caprices des seuls tenants actuels du pouvoir, même s’ils rachetaient toutes les consciences et en soumettaient tant d’autres au moyen de réformes scélérates.

Aux intermittents biens dont s’enivrent toutes les espèces d’Adowuinon en liberté au Togo, nous sommes nombreux à préférer les durables et définitives délivrances qui inspirent la Démocratie, nourrissent la Réconciliation et favorisent le Développement sur lequel tout un Peuple saura veiller. L’exigence de la République n’est pas une pacotille.

C’est avec cette conviction d’une intelligence immanente et récurrente à l’avènement de tout succès politique que nous allons à Duisbourg. Nous y allons pour réveiller notre propre Héritage, au Symposium Sylvanus Olympio, afin de mettre cette intelligence politique qui semble tant nous faire défaut, aujourd’hui, au service de l’inaltérable et infalsifiable alternance vers un demain démocratique au Togo. Nous y croyons ! Nous y arriverons !

PSA
[16 avril 2019]

27Avril.com

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