Togo – Les déboires de la DMK et le silence coupable des autres partis politiques

Depuis quelques semaines, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) multiplie les démarches administratives et les conférences de presse aux fins de tenir une manifestation publique à Lomé. Elle semble être esseulée dans cette initiative face aux interdictions constantes du régime en place, les autres partis politiques étant muets.

Le samedi 25 juin 2022 avait été retenu par la DMK pour un meeting sur le terrain de Kondjindji à Lomé. La DMK qui pour la circonstance, avait reçu l’appui du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), s’est vue notifier une interdiction par le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile en raison de « renseignements de dernière minute » et d’un « contexte sécuritaire sous régional et national très préoccupant… ». En ayant pris acte, la DMK a reporté ladite manifestation qui sera programmée plus tard sur le 16 Juillet 2022. Elle sera en plus déplacée vers le stade d’ASFOSA à ablogamé suite aux discussions avec les Ministres concernés. A quelques jours de ce meeting, rebelote ! Le Ministre de l’Administration territoriale informe les responsables de la DMK de l’interdiction de ce rassemblement en raison de l’enquête relative à l’attaque terroriste du 02 Juin 2022 au grand marché de Lomé.

Il apparait de plus en plus difficile l’organisation de manifestations politiques publiques au Togo et surtout dans la ville de Lomé. Pourtant, ce droit est constitutionnellement reconnu et garanti. Il s’agit non seulement d’un moyen pour les partis politiques ou autres regroupements légalement constitués de s’exprimer sur l’état de la Nation mais également des occasions d’informer et de mobiliser leur base. L’exercice de cette liberté démontre le dynamisme de la démocratie dans un Etat de droit.

Les entraves à l’exercice de cette liberté par la DMK sont évidemment inquiétantes pour la démocratie togolaise. Mais l’attitude des partis politiques notamment ceux de l’opposition face aux déboires de la DMK à tenir un meeting, est surprenante. Beaucoup d’entre eux se terrent dans un lourd silence. Face à une telle situation, logiquement les partis d’opposition devraient être vent debout. Au contraire, l’opposition parlementaire se gère calmement en attendant les prochaines élections législatives. Les autres sont très occupés à remplir soigneusement leur responsabilité de conseillers municipaux. Leur silence semble dire que c’est la maison de la DMK qui brûle, qu’elle s’en occupe elle-même. Alors que c’est tout faux. La liberté de manifestation est fondamentale et devrait être à tout le moins un point d’accord commun aux partis politiques.

Qui ne dit mot, consent ! Ce silence coupable des autres partis politiques vaut peut-être consentement de la position du gouvernement de réduire à néant les manifestations politiques publiques.

Barth K.

Source : icilome.com