Togo- Défaut de communication autour de l’AMU

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L’Assurance Maladie (AM) ne se limitera plus aux seuls agents de l’État. Le gouvernement prévoit de l’étendre à l’ensemble de la population, y compris les travailleurs du secteur privé, les personnes vulnérables et les acteurs des secteurs informels. Un taux de couverture de 60% est envisagé d’ici 2025.

Seulement peu sont les Togolais qui maitrisent les contours de cette nouvelle couverture sanitaire universelle (CSU). Aucune stratégie de communication autour du programme pouvant permettre au citoyen lambda de savoir de quoi il s’agit. « L’AMU est sans doute la réforme sociale la plus importante de gouvernement depuis notre indépendance. Je suis même surpris que ni le gouvernement, ni le parti au pouvoir n’en fasse pas l’objet central de leur communication », a dénoncé Gerry Taama, député à l’Assemblée nationale.

Et à Dr Gilbert Tsolenyanu, Secrétaire Général du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) d’ajouter : « Il faut demander à l’Exécutif d’expliquer bien les choses parce que côté communication, rien n’est fait. Il faut qu’ils communiquent davantage sur l’AMU pour que tout le  monde puisse y adhérer parce que c’est un truc national ».

Actuellement, les Togolais à qui est destiné ce projet sont dans un flou total. Des taux de prélèvement arbitrairement fixés sans aucune une discussion préalable avec les premiers acteurs concernés. Ainsi, des critiques fusent de partout, demandant au gouvernement de revoir sa mise en œuvre censée démarrer ce début de l’année 2024. « Personnellement l’AMU c’est une bonne chose. Elle permet à tous les Togolais d’avoir une couverture sanitaire. Mais c’est la procédure de mise en œuvre qu’il faut interroger.  C’est là où se situe le débat. Est-ce que les gens ont été suffisamment concertés ? Est-ce que les Togolais savent  comment cela va se dérouler ? Voilà autant de questions qu’il faut clarifier », poursuit Dr Tsolenyanu.

A en croire ce dernier, l’introduction de l’AMU est quand même une belle opportunité pour une amélioration du système de santé togolais. Raison pour laquelle il faut veiller à ce que sa mise en œuvre soit une réussite. « Ce qu’il faut aussi savoir c’est qu’il n’y a pas de meilleure politique pour améliorer un système de santé que d’instaurer une Assurance maladie universelle. Parce qu’avec les assurances privées, elles par contre n’alimentent pas le système de santé. L’AMU fait obligation à l’Etat d’améliorer le système de santé pour pouvoir augmenter l’offre de soins. Ce volet de l’AMU est intéressant parce que l’AMU ne consiste pas à seulement collecter de l’argent chez les gens pour se faire soigner. Les gens se focalisent seulement sur l’aspect prélèvement d’argent. Oui, il y aura prélèvement d’argent, mais au même moment qu’on prélève de l’argent, il faut aussi qu’on se penche sur la modernisation du système santé sans oublier le personnel soignant qui est même l’acteur principal de l’AMU.

On a tous intérêt à ce que ça marche. Ce qu’on doit faire, c’est qu’il faut être constructif. On n’a pas intérêt à faire couler l’AMU. Mais par contre, on doit  être des veilleurs  pour amener le gouvernement à sa réussite. Donc nous ne devons pas faire économie des remarques. Mais il faut faire des observations qui soient fondées. Ce n’est pas parce que les gens n’aiment pas le régime en place qu’il faut dire que cette AMU est une mauvaise chose. Mais nous devons exiger que cela se fasse bien. Ce n’est pas de la politique, c’est du social, et quand on parle de social, on a à faire extrêmement attention à tout jeter. Nous devons veiller à  ce que ce truc-là réussit et ne pas faire économie de remarques ou d’observations ou de propositions », a-t-il souligné.

Source : icilome.com