Togo, Covid-19 : La lenteur des autorités à prendre des mesures pourrait s’avérer néfaste…

Moustafa Mijiyawa

Au Togo, la pandémie à coronavirus continue de se propager de façon inquiétante. Mais contrairement à ce qui a été observé au début de cette crise sanitaire, le gouvernement tergiverse sur les mesures radicales à prendre pour endiguer la contamination de masse. Pendant ce temps, les clusters se multiplient.

Depuis hier mardi 25 août 2020, trois villes à l’intérieur du pays sont bouclés. Il s’agit de Sokodé, Tchamba et Adjengre. De même, un couvre-feu a été instauré de 21 heures à 5 heures du matin dans les préfectures de Tchaoudjo, Tchamba et Sotouboua. Pour les autorités togolaises, ces mesures sont prises « afin d’éviter que la propagation ne s’accentue davantage au sein des populations desdites localités et sur l’ensemble du pays ».

Dans le communiqué conjoint signé par les ministres Moustafa Midiyawa (santé), Payadowa Boukpessi (administration territoriale) et Damehame Yark (sécurité), il est indiqué que dans ces villes, les personnes infectées ont eu de très nombreux contacts, ce qui préfigure une flambée prochaine des cas. Une situation jugée « préoccupante » par les autorités publiques.

Une lenteur qui pourrait s’avérer néfaste…

Comme l’a bien souligné le gouvernement, la situation dans ces localités est préoccupante. En effet, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la semaine dernière animée par la Coordination nationale de la gestion de la riposte de la Covid-19 au Togo, Tchaoudjo compte, elle seule plus de plus de 100 cas. A Sokodé, on compte également des dizaines de cas avec des foyers disséminés dans plusieurs quartiers.

Selon le professeur Prof Didier Ekouévi, président du conseil scientifique mis en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie, « le 1er facteur, c’est le relâchement, la baisse de la vigilance et le non-respect des mesures barrières qui ont été proposées par le gouvernement. Le 2ème facteur qui peut expliquer c’est que nous savons qu’il y a quelques fêtes clandestines, notamment les fêtes traditionnelles. Ces fêtes interdites par le gouvernement ont lieu de manière clandestine qui ont entrainé quelques foyers épidémiques ». Du côté de la coordination nationale, on pointe également d’un doigt accusateur la fête de Tabaski. Cette fête célébrée le 31 juillet dernier, serait également à l’origine de plusieurs contaminations.

Alors, la question se pose de savoir pourquoi les décisions n’ont pas été prises en amont pour anticiper cette flambée de nouvelles contaminations. D’autant plus que, cela fait pratiquement un mois que la Coordination nationale de la gestion de la riposte alerte sur cette éventualité aujourd’hui devenue une réalité.

En effet, contrairement à la célérité avec laquelle le gouvernement a annoncé les mesures restrictives au début de la pandémie, depuis plusieurs semaines l’exécutif semble hésiter. De ce fait, il semble plutôt s’appuyer sur le modèle occidental. Alors que depuis le début de la pandémie, les experts occidentaux se sont déjà trompés sur la posture à adopter. D’ailleurs ces derniers temps sur le vieux continent, le retour au confinement est dans toutes les têtes alors que la courbe de la nouvelle contamination continue de grimper.

Aujourd’hui, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour critiquer la lenteur du gouvernement dans la gestion de la pandémie de la Covid-19. «Nous ignorons désormais la réalité de l’épidémie, par exemple si des zones sont en voie d’échappement», explique un spécialiste.

Selon une source médicale, «face à la mollesse de réaction de certaines autorités politiques, la colère gronde au sein de la communauté des médecins, soignants, et autres spécialistes de notre pays appelés à aider notre population à faire face au cataclysme COVID-19». Cette source et ses confrères exigent «une réaction cinglante et organisée ». Car selon eux, le système de santé togolais n’est pas adapté à une déferlante de nouveaux cas réclamant une prise en charge intensive et dépassant selon toute vraisemblance ses moyens actuels ».

De toute évidence, la lenteur actuelle constatée dans la prise pourrait à la longue avoir des conséquences dommageables aussi bien pour les populations que pour le gouvernement. Illustration en a été faite à Tchaoudjo, Tchamba et Sotouboua où une prise rapide de décision aurait sans aucun doute amoindri la situation actuelle dans ces trois localités.

Source : Fraternité

Source : 27Avril.com

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