Togo, Balbutiement du Projet WACA Recip : Les populations s’inquiètent

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Togo, Balbutiement du Projet WACA Recip : Les populations s’inquiètent

Sur le littoral du Togo (de Lomé à Aného), l’érosion s’accentue de plus en plus accompagné de la dégradation de la côte et de ses écosystèmes. À cela s’ajoute les inondations et d’autres risques liés au changement climatique. Le phénomène se pose avec acuité et nécessite des réponses adéquates. Ainsi, le projet d’investissement de la résilience dans les zones côtières de l’Afrique de l’ouest (connu sous l’acronyme anglais WACA, (West Africa Coastal Areas Program) est destiné à apporter des solutions d’urgences pour renforcer la résilience des communautés et des zones côtières. Plus d’un an après le lancement, les espoirs placés en ce projet par les communautés s’effritent.

Renforcer la résilience des communautés et des zones cibles dans la zone côtière ouest africaine, tel est l’objectif principal du projet WACA initié pour sauver le littoral de 6 pays en Afrique de l’Ouest. Au Togo, financé par la Banque Mondiale, le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et l’Etat togolais pour un montant de 31 milliards, ce projet, concrètement, vise à adresser une réponse durable à l’érosion côtière.

Selon les spécialistes, de 1992 à 2015, la mer a gagné 8 cm de hauteur sur les côtes togolaises. Cette avancée est prévue pour attendre 1 m d’ici 2030. Précisément, si au niveau de Agbodrafo-Gbodjomé, l’érosion côtière gagne 5 m de terre en moyenne par an, le pire, c’est à Baguida-plage, ou l’avancée est de 20m par an. Déclenché par une série d’erreurs dans l’aménagement du littoral (barrage d’Akossombo, ports de Lomé et de Cotonou) et la montée de la mer, le recul du trait de côte dans le golfe du Bénin a été particulièrement violent, atteignant jusqu’à 40 m/an. Le Togo est fortement touché par le phénomène. Ses conséquences sociales ont été, et sont encore, pour certaines d’entre elles, considérables.

Outre, la route côtière qui a été, à trois reprises, déplacée vers l’intérieur des terres, six villages de pêcheurs ont disparu. Aujourd’hui, des localités comme Baguida (la première capitale du pays), Avépozo, Agbodrafo sont clairement menacées de disparution.

Togo, Balbutiement du Projet WACA Recip : Les populations s’inquiètent

Aussi affectée, la quatrième ville du pays, Aneho, pourrait être aussi raillée de la carte d’ici quelques années. Malheureusement, l’érosion se poursuit et on craint encore aujourd’hui pour l’écologie de la lagune qui pourrait être transformée en bras de mer et des milliers de personnes déplacées. C’est pour répondre aux besoins urgents de préserver le littoral que le projet Waca a été conçu.

L’espoir s’amenuise….

Dans le cadre du Projet WACA, il est prévu la réalisation d’un bon nombre d’activités dont la protection du segment entre les localités d’Agbodrafo et Aného frontière Bénin, long de 18 km, le dragage du chenal de Gbaga sur 24 km sera dragué. Grâce à ces actions, 3000 ménages seront à l’abri des inondations. Mais depuis le lancement du projet, presque pas grand-chose n’a été fait en termes de résultat. Cependant, l’érosion côtière progresse dangereusement vers les zones densément peuplées.

A titre d’exemple, à Aného outre les épis, il est prévu au niveau du chenal de Gbaga et les étangs de Sakpové, des actions de curage et de dragage. Mais depuis, a part quelques mètres d’épis rien n’a été fait. « Ici, nous sommes devant une situation beaucoup plus critique où des actions urgentes doivent être menées », a laissé entendre, Prof. David Oladokoun, Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Protection de la Nature, lors d’une visite sur le site. Il a aussi rassuré les communautés de Sakpové du dragage de leurs étangs, ces derniers seront équipés d’un système d’irrigation à des fins de maraîchage. Quant au chenal de Gbaga, il sera aussi curé et son arrière-plan restauré de mangroves. Des paroles qui n’ont pu être suivies d’actes conséquents.

Face à l’immobilisme du gouvernement, les populations crient leur détresse. Et celles qui ont cru en ce projet commencent à avoir des doutes. « Cela fait plus d’un an que le projet a été lancé. Mais sur le terrain, nous ne voyons rien. Nous sommes à la merci de la nature », a confié un habitant d’Afidégnigban, qui dit assister impuissant à l’avancée de la mer.

Pour le Prof Adote Blim Blivi, Océanographe, Expert de la Convention des Nations Unies sur les droits de la mer et Vice-président de la Commission océanographique, la solution à l’érosion côtière réside dans le rechargement des plages. « Il faut recharger la plage. C’est la solution qui reste. Ce sont des conditions qui existent, d’autres pays utilisent ces approches, ça permet de résoudre le problème et de limiter la position qui reste».

Source : Fraternité No.333 du 15 octobre 2019

27Avril.com

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