Togo: Aucun témoin ne doit survivre ? Quatre éléments du général Félix Kadanga trouvent la mort dans un accident dont un secrétaire de son cabinet

Abalo felix kadanga

Les drames avec une main «téléguidée» sont devenus courant au Togo. Le dernier en date est celui du 15 mai 2020. Ce qui a d’abord été un accident normal pour les riverains entre Bafilo et Kara a commencé par devenir une occasion de réflexion poussée. Les langues se délient. Tous racontent pratiquement les mêmes choses. Un camion qui aurait fini sa chute dans un tournant et emportant aussi une femme qui meurt sur le coup. Des militaires qui étaient dans ledit camion sont tous morts. Certains avaient des têtes cassées, des thorax en lambeau, des bras cassés… Fini de planter le décor, les interrogations et plus rien. Ici personne ne veut parler. Tout le monde pense à un coup fourré mais la baïonnette du prince est posée sur chaque tête. Les enquêtes, il n’y aura pas. C’est un accident comme tous les autres sur les routes togolaises.

La « main noire » qui a fait le travail de sape est déjà repartie comme elle était arrivée. Nous avions poussé à Lynxtogo.info, les uns et les autres à faire preuve d’un courage citoyen. On a buté sur des gens craintifs parfois mêmes des militaires. « Chez nous ici, on ne doit pas tout dire ». Fin de notre enquête ! On finit par se rendre à l’évidence après nos petites questions qu’il ne revenait pas à des éléments des Forces Armées Togolaises (FAT) et surtout qu’ils n’étaient pas des éléments de terrain mais de bureau d’acheminer le matériel pour la lutte contre le CONVID19 à Kara. La suite semble se refermer sur une stratégie bien huilée d’exterminer les témoins gênants. Malheureusement, ce sont des éléments du général Félix Abalo qui viennent pour la nième fois de perdre la vie. La banalité de la mort est devenue un jeu de billard à plusieurs bandes au Togo. On rectifie brutalement les militaires pour créer un choc dans le subconscient collectif dans la grande muette, histoire de tétaniser les esprits sur une bande. Sur d’autres bandes, on donne des « ordres » à certains de naviguer dans l’incertain qui n’est autre aussi que la mort. Le procureur, les juges ne mettront pas leurs nez. Mieux ils regarderont ailleurs.

Félix Abalo Kadanga dans le rôle de Chef d’état-major et de ministre de la santé

Staline avait prévenu : «Un chef doit avoir peur de deux de ses proches. Son ou sa secrétaire et sa femme à la maison ». La maxime, Eyadema en son temps l’avait compris au point d’en faire une petite leçon de sagesse qu’il balançait à tous les jeunes devenus le rempart de son pouvoir. Leçon apprise, le pouvoir de Faure Gnassingbé a vite fait d’aller prendre le secrétaire du défunt lieutenant-colonel Toussaint Bitala Madjoulba pour qu’il ne livre pas les secrets. De l’autre côté, personne n’est allé chercher le ou les secrétaires qui pullulent dans le cabinet du général Félix Abalo Kadanga, ne serait-ce que, pour entendre tous ce qui gravitent dans les bureaux de l’Etat-major. Le général aurait-il choisi d’effacer les traces lui mêmes en trouvant comme « motif de mission » l’acheminement du matériel médical pour lutter contre le CONVID19 en envoyant ses éléments à Kara ?

La vérité ne se saura pas si Félix Kadanga est toujours aux affaires !

Les « morts », le général les a dans son placard et en ajoute chaque jour que Dieu fait. Les questions que nous nous faisons sont celles-ci : Pourquoi revenait-il au général de faire ce qu’un ministre de la santé aurait dû faire ? Pourquoi a-t-il choisi des éléments de bureau pour l’acheminent du matériel pour la lutte contre le CONVID19 au lieu des éléments de terrain ? Pourquoi ne fait-on pas un communiqué pour parler de cet accident ? Des questions, il y en a plusieurs. Du côté de Félix Kadanga, on est désormais sûr d’avoir éteint le feu. La justice, c’est aussi la « guerre des preuves ». Morts, les pauvres éléments ne pourront pas inquiéter les nuits paisibles des sicaires du lieutenant-colonel Toussaint Madjoulba. Les parents des morts ont tour à tour accepté l’accident comme cause du décès de leurs enfants. Avaient-ils d’autres choix ?

Tchapo Sina

Source : Lynx Togo

Source : 27Avril.com

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