Sous pression, le régime de Faure Gnassingbé mélange les pédales

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Le gouvernement a annoncé, dans le communiqué ayant sanctionné le Conseil des ministres d’hier, la convocation du corps électoral au 20 décembre prochain. « Le recensement électoral tel que recommandé par la CEDEAO réalisé du 1er au 25 octobre 2018 étant terminé, le corps électoral est à présent connu et peut donc être convoqué, conformément aux dispositions des articles 79 et 80 du code électoral, pour les élections législatives fixées au 20 décembre 2018. Ainsi, le corps électoral est convoqué le 20 décembre 2018. Les bureaux de vote sont ouverts de 07 h 00 à 16 h 00 sur toute l’étendue du territoire national », a indiqué le communiqué.

Une annonce qui surprend plus d’un dans la mesure où le corps électoral dont fait appel le gouvernement n’existe pas encore. En effet, pour parler du corps électoral, il faut que le fichier électoral définitif soit connu et affiché, ceci après avoir tenu compte des réclamations des uns et des autres. Or ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.

A la suite d’un simulacre de recensement électoral boycotté par la Coalition des 14 partis de l’opposition que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient remettre dans ses droits, les experts ont commencé l’audit du fichier. Bien que cette étape du processus ne recueille pas l’assentiment de la Coalition des 14, étant donné que le recensement s’est fait sans elle, en violation des recommandations du Comité de suivi et de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO.

A en croire de nombreux experts, il faut plusieurs semaines voire des mois pour finir l’audit du fichier. Et donc la liste électorale ne sera pas connue de sitôt. Dans ce cas, on se demande de quel corps électoral parle le gouvernement. Selon plusieurs analystes, le gouvernement convoque un corps électoral imaginaire, et c’est grave à cette étape du processus électoral qui est d’ailleurs entaché de nombreuses irrégularités.

Dans la foulée, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dans un communiqué publié hier, a annoncé le dépôt des candidatures du 9 au 14 novembre 2018. La campagne électorale, quant à elle, se déroule du 4 au 18 décembre prochain. Tout cela, sans connaissance de la liste électorale.

Qu’est-ce qui fait courir autant le régime de Faure Gnassingbé ? Pourquoi refuse-t-il de faire bien les choses ? Des interrogations qui brûlent pour le moment les lèvres. On a l’impression que la situation échappe à ce régime qui commence par mélanger les pédales.

Le gouvernement, a-t-on annoncé, rencontre la presse tout à l’heure à 11 heures. On saura davantage sur cette course effrénée engagé depuis quelque temps par les autorités togolaises qui semblent faire fi de la feuille de route de la CEDEAO.

I.K

Source : www.icilome.com

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