RDC: l’attaque contre la Monusco ‘préparée et organisée’, selon l’ONU

Les circonstances précises de la mort de quinze casques bleus tanzaniens tués de l’attaque contre la Monusco jeudi 7 décembre, dans cette zone de Beni, ne sont toujours pas déterminées. Il s’agit de la pire attaque contre des soldats de la paix de l’ONU dans l’histoire récente, selon António Guterres, secrétaire général de l’organisation. Trois casques bleus sont portés disparus et une cinquantaine d’autres ont été blessés. C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies.

Les Nations unies ont commencé leur enquête, essayant notamment d’interroger les survivants pour comprendre qui est responsable de ce qui est aujourd’hui considéré comme un crime de guerre. Même si l’armée congolaise et la Monusco parlent déjà de présumés ADF, le groupe rebelle islamiste ougandais qui sévit depuis plus de 20 ans dans la région.

L’attaque aura commencé aux environs de 17h30 et se serait prolongée plusieurs heures, sans que le quartier général de la Monusco ne puisse contacter les troupes tanzaniennes sur le terrain. Mais cette attaque apparaît de plus en plus comme une attaque bien planifiée de la part d’un groupe lourdement armé. « C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies.

Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies est l’invité de RFI ce dimanche 10 décembre. L’intégralité de l’interview à retrouver à partir de 5h43, heure de Paris.

Il se rendra en République démocratique du Congo en milieu de semaine, à Goma et probablement à Kinshasa. Par ailleurs, le représentant spécial adjoint David Gressly devait se rendre à Beni aujourd’hui, déplacement repoussé à cause du mauvais temps.

Beaucoup de questions restent pour le moment sans réponse

Les ratissages se poursuivent et les renforts continuent d’arriver, selon le porte-parole de l’ONU. Cependant, très peu de détails circulent sur la nature de ces renforts. On sait seulement que plusieurs hélicoptères d’attaque sont sur zone, depuis vendredi matin. Vendredi, des sources militaires évoquaient une attaque à l’arme lourde, ce qui pose évidemment question, même si ces deux derniers mois, on le sait, les militaires congolais et les casques bleus ont été régulièrement pris pour cible. D’ailleurs, cet axe Mbau / frontière ougandaise, où se trouve le camp de la Monusco qui a été visé, s’est à nouveau vidé.

« La route était fermée aux civils alors qu’il y a quelques mois encore, FARDC et Monusco avaient réussi à sécuriser une partie de la zone », a indiqué le porte-parole de l’armée congolaise dans la région.

Autre question : que s’est-il passé pendant le blackout out durant lequel la Monusco aurait perdu contact avec ses casques bleus, entre 18h30 / 19h00 et le petit matin de vendredi ?

Côté bilan, toujours pas de nouvelles des trois casques bleus tanzaniens portés disparus. Les blessés ont, eux, été évacués vers Goma. Et un bilan toujours contradictoire pour ce qui est des morts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui seraient intervenues. L’ONU annonce cinq militaires congolais tués dans l’attaque intervenue jeudi 7 décembre. Le porte-parole de l’armée, à Beni donne un tout autre bilan, à savoir, un militaire blessé, un disparu et 72 assaillants tués.

Source : www.cameroonweb.com

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