Présidence : La belle leçon du président kirghiz à Faure Gnassingbé

« La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie » (André Malraux)

Dans certains pays, le respect de la vie humaine est absolument sacré. C’est le cas du Kirghizistan, une petite république d’Asie centrale de 6 millions d’habitants. Dans ce pays, il a suffi d’une seule vie fauchée pour que le président rende son tablier. Depuis les élections législatives du 4 octobre jugées truquées, le pays est en proie à de violents affrontements, faisant un mort et une centaine de blessés.

Le président kirghiz, arrivé au pouvoir en 2017, en a tiré les conséquences. «Je ne m’accroche pas au pouvoir, je ne veux pas entrer dans l’histoire du Kirghizistan comme le président qui a fait couler le sang en tirant sur ses concitoyens. C’est pourquoi j’ai décidé de démissionner», a annoncé Sooronbaï Jeenbekov.

La vie humaine doit primer sur toute autre considération. Le président du Kirghizistan l’a compris. Il attache du prix à la vie de ses concitoyens. Il a décidé de renoncer au pouvoir, après une dizaine de jours de chaos politique et de manifestations émaillées de violences, avec l’espoir de ramener la paix dans son pays. «Pour moi, la paix au Kirghizistan, l’intégrité de notre pays, l’unité de notre peuple et la paix dans la société sont le plus important», a ajouté le président kirghiz.

Si les dirigeants africains pouvaient s’inspirer de l’exemple de Jeenbekov ! Démissionner du pouvoir pour cause de violences politiques ou de morts des citoyens est chose impensable en Afrique. Ici, on se soucie comme d’une guigne du sort des populations.

Au Togo, on en sait quelque chose. On se rappelle comment en 2005, Faure Gnassingbé a fait effraction dans la vie des Togolais dans la violence, la terreur, le flot de sang, occasionnant des centaines de morts et de blessés. Selon la mission d’établissement des faits des Nations Unies, plus de 500 Togolais avaient été assassinés pour permettre au fils de prendre la place de son père au trône.

Certaines sources indiquent que le jeune président serait régulièrement hanté par ces tueries qui ont marqué son arrivée au pouvoir. Malheureusement, on ne note aucun acte de contrition de sa part ni de son régime puisqu’il s’impose depuis lors dans la terreur et la violence. Les manifestations de rue, si elles ne sont pas interdites, sont durement réprimées. En 2017 et 2018, les manifestations organisées dans le cadre de la crise sociopolitique, ont tourné au carnage.

Même la crise sanitaire liée à la Covid-19 a fait une dizaine de victimes. Les spadassins du régime n’ont pas hésité à tirer sur les populations ou à les battre à mort sous prétexte de faire respecter le couvre-feu instauré par le gouvernement.

De fait, les Togolais vivent dans un Etat de terreur comme le décrit fort bien la Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH).

La situation est pareille dans les « Absurdistan » comme la Guinée ou encore la Côte d’Ivoire, des pays hostiles aux valeurs de démocratie où les dirigeants sont prêts à marcher sur les crânes de leurs compatriotes pour assouvir leur soif de pouvoir…

Médard Ametepe

Source : Liberté N° 3256 du lundi 19 octobre 2020

Source : 27Avril.com

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