Marguerite Gnakadé, une cacique d’UNIR contre UNIR. Et si c’était une tempête dans un verre d’eau?

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marguerite gnakade

«Voilà un parti qui ne représente même pas 10% de l’électorat et qui curieusement bombe le torse d’être le plus « grand parti » au Togo. Si ce n’est pas les fraudes et les braquages électoraux, si ce n’est pas les tripatouillages, les violences policières, les emprisonnements, les rapts, les assassinats, il y a longtemps que ce parti aurait disparu du champ politique au Togo.» (Le quotidien Liberté du 20/06/2023)

Avant de commencer, nous avons le devoir de tirer les choses au clair pour dire que l’UNIR ou le RPT-UNIR n’est pas un parti politique normal. Il s’agit d’un ramassis de prédateurs que feu Djobo Boukari désignait par « le parti des malheurs« . En effet, si nous étions dans un pays normal, comme le souligne à juste titre l’extrait du quotidien Liberté, il y a longtemps que ce sinistre sigle, source des malheurs des Togolais depuis un demi-siécle, aurait disparu du paysage politique togolais. Dans l’histoire contemporaine du monde et surtout de l’Afrique, aucun parti de dictature n’a jamais survécu à la fin de la dictature. Qui parle encore aujourd’hui du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) de Sese Seko Mobutu dans l’ex-Zaire, par exemple? C’est pourquoi tout juste au lendemain de la chute du régime de prédateurs togolais, personne ne parlera plus d’UNIR ou du RPT-UNIR qui n’est aujourd’hui qu’une coquille vide autour de laquelle gravitent des profiteurs de tout poil de l’injustice, du non-droit et surtout de la terreur politique exercée sur les populations togolaises, pour faire leur bonheur.

Et Marguérite Gnakadé qu’on tente de nous présenter aujourd’hui comme une victime du régime Gnassingbé ou plutôt de l’association des ennemis du peuple togolais, désignée par UNIR, n’est personne d’autre qu’un des éléments clés des faiseurs du malheur des Togolais. Ce qui est curieux, c’est qu’il y a des Togolais qui la considèrent comme une rebelle du système qui aurait l’intention de créer un parti politique pour s’opposer à Faure Gnassingbé et à sa façon de gouverner. Sommes-nous tombés sur la tête au Togo pour croire aussi rapidement et naïvement aux gesticulations d’une cacique du système RPT-UNIR en la considérant comme la nouvelle grande opposante à même de changer la donne? L’opposition et les populations togolaises sont-elles si désespérées et au bout du rouleau pour se comporter comme ce malheureux qui se noie et tente de s’accrocher à n’importe quelle brindille? Quelles dénonciations, quelles déclarations fracassantes a faites Madame Marguérite Gnakadé pour désormais se désolidariser de la façon inhumaine de diriger le Togo par le système qui l’a vue naître, et qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui? Nombreuses sont ces personnalités, civiles comme militaires, surtout kabyè, donc de la même éthnie que Madame Gnakadé, qui durent partir en exil parce qu’ils avaient osé défier le régime de dictature Gnassingbé en dénonçant les nombreuses violations de toutes sortes, et en demandant un peu plus de liberté et de démocratie pour leur pays. Tout le monde sait qu’au Togo la dictature mange impitoyablement ses enfants qui ont osé se rebeller contre elle. Autour d’Éyadéma, aujourd’hui Faure Gnassingbé on peut voler, manger, jouir à outrance du pouvoir usurpé; et se taire quand des Togolais sont torturés, tués, ou jetés en prison; bref on doit fermer les yeux sur toutes les nombreuses violations qui s’abattent sur les populations togolaises. C’est malheureusement la règle non écrite au sein de cette sinistre secte appelée RPT-UNIR qui prétend diriger notre pays.

Et jusqu’à aujourd’hui, tous dans le sérail ont respecté cette règle pour continuer à rester à leur poste, même si le critère « compétence » reste le dernier de leurs soucis, et à voler en toute impunité, surtout pour ne pas froisser le prince qui se prend pour un indétrônable, pour un né pour diriger, comme si les autres Togolais n’existaient pas. Et une telle attitude criminelle mène forcément à l’arrogance et ne peut avoir pour conséquence que, par exemple, les propos méprisants d’un parvenu de ministre, pour soi-disant s’apitoyer sur l’état d’une opposition en lambeaux, alors que sous leurs yeux, à cause de leur désastreuse gouvernance, le Togo s’enfonce de jour en jour dans la misère et surtout dans le non-droit. Voilà le sombre tableau qui est le monde politique auquel appartient Madame Marguérite Gnakadé. Et jusqu’à preuve du contraire, nous ne pouvons la considérer comme une victime du système. Profitant du népotisme, n’avait-elle pas eu à travailler dans plusieurs banques, avant d’être bombardée ministre des Armées? Peut-elle aujourd’hui se targuer d’avoir toujours eu les mains propres pendant qu’elle était aux affaires dans un système politique englué jusqu’à la moelle dans la corruption, dans les violations des droits de l’homme, avec en prime l’impunité assurée?

Pour terminer, ces petits remous au sein du RPT-UNIR qui font aujourd’hui parler de Marguérite Gnakadé, nous paraissent très anodins pour conclure à un acte de rébellion de la concernée vis-à-vis du système politique qui maltraîte les Togolais depuis un demi-siècle. Il faudrait un peu plus d’actions spectaculaires et tranchées de sa part pour se démarquer totalement du régime de non-droit qui prétend diriger le Togo. Alors, nous apprécierons et reconsidérerons notre position. Car nous savons que tout le monde peut se tromper, peut reconnaître qu’il se trompe et se ressaisir; et il n’est jamais trop tard pour le faire. Chacun de nous n’a-t-il pas le droit d’avoir une deuxième chance dans la vie? «…si elle a décidé de se séparer de son clan, c’est qu’elle a quelque chose en elle qu’elle voudrait partager avec tous les Togolais.» Justement nous avons tiqué en écoutant le message du Commandant Olivier Amah en exil, dont voilà un extrait, et avec qui nous avons discuté pour lui faire part de notre désaccord par rapport à ses appels à Madame Gnakadé d’être ferme pour honorer ses convictions. Nous lui avons signifié, tout en respectant ses points de vue, que nous sommes désolé de lui dire qu’il serait trop tôt pour savoir exactement quelles sont aujourd’hui les vraies ambitions et convictions politiques de l’ancienne ministre des armées. Ce n’est pas parce que le Togo attend aujourd’hui un sauveur qu’il faudrait perdre la raison pour faire confiance à n’importe qui, au risque de se ridiculiser. Nous ne le répéterons jamais assez: si nos leaders de la vraie opposition cessaient leurs querelles stupides, ils pourraient parler d’une voix et faire renverser la vapeur.

Samari Tchadjobo
Allemagne

Source : 27Avril.com