L’école nigérienne entre ‘frustration’ et ‘ambitions’ inassouvies

Un mois après la rentrée scolaire, les enseignants des écoles publiques nigériennes comptent déposer les craies pour protester contre les mesures prises par le gouvernement en septembre dernier, licenciant près de 9000 contractuels.

Une grève de 48 heures est, d’ailleurs, annoncée pour les 9 et 10 novembre prochains pour réclamer «la réinsertion des enseignants révoqués».

En effet, au moins 9000 enseignants contractuels ont vu leurs contrats résiliés par le ministère de l’Enseignement primaire, a indiqué à Anadolu Mounkaila Halidou, Secrétaire général du Syndicat national des fonctionnaires et contractuels de l’enseignement de base (Synaceb).

«Ces résiliation ont été dictées soit par des mauvaises notes soit par le refus des concernés de participer à l’évaluation organisée par le ministère de l’Education», a précisé Halidou.

Cette évaluation organisée en juillet dernier vise selon le ministre de l’Enseignement primaire, Mamadou Marté à « rehausser le niveau de l’enseignement dans le pays».

L’idée d’effectuer une évaluation des enseignants « craie en main » a germé en février 2017 lorsque plusieurs dysfonctionnements ont été constatés au niveau du système éducatif, notamment du niveau des enseignants..

«C’est en novembre 2016, dans le cadre d’un pré-test pour un projet de formation que les premières lacunes ont été constatées à ce niveau. Sur 31176 enseignants participants, seuls 589 ont obtenu une moyenne supérieure ou égale à 10 sur 20. », a expliqué le ministre Mamadou Marté.

Les résultats de cette évaluation des enseignants contractuels ont été rendus publics le 11 août, révélant que plus de 19 % d’entre eux ont obtenu moins de 5 sur 20, alors que 33,5% soit 18 737 enseignants ont obtenu la moyenne ou plus et 47,3% ont obtenu entre 5 et 10 sur 20.

Depuis l’annonce de ce test d’évaluation, les syndicats des enseignants et le ministère de tutelle sont en collision frontale sur le mode d’organisation.

« Nous ne sommes pas contre l’évaluation des enseignants. Cependant, la loi prévoit des méthodes pour tester les enseignants. Nous ne pouvons en aucun cas cautionner un acte vraiment illégal. C’est pourquoi nous avons demandé aux enseignants de toutes les régions de ne pas aller à l’évaluation de Marté», a expliqué Alio Hassane Samna, Secrétaire général du Syndicat national des enseignants de base (SNEB).

La décision d’organiser cette évaluation a été attaquée devant le Conseil d’État du Niger par le collectif des syndicats. Ce collectif a été débouté, le conseil d’État a estimé que le gouvernement est en droit de faire ce test.

Cependant, le collectif a, quand-même demandé à ses militants de ne pas participer au test.

Quelques semaines après la rentrée, plusieurs classes se trouvent sans enseignants. » En plus des 9000 contrats résiliés, 6000 autres enseignants sont en formation. », a expliqué Mounkaila Halidou.

Les écoles rurales sont les plus touchées. Dans certaines zones on envisage de fusionner les écoles. Une option critiquée par les parents et le corps enseignant qui verra sa charge augmenter.

« Cette méthode n’est pas une bonne solution puisque les autorités nigériennes luttent pour l’accès de tous les jeunes nigériens a l’école publique » a révélé Hamani Issa, un parent d’élèves rencontré par Anadolu.

« Nous allons recourir à tous les moyens légaux pour attaquer cette politique du gouvernement. » , a noté Mounkaila Halidou, laissant prévoir une année scolaire caludicante

Au Niger, les postes contractuels dans le système éducatif ont a été instauré en 2005 pour recruter plus d’enseignants. Tout Nigérien titulaire d’un brevet d’étude du premier cycle (BEPC) et plus y est éligible.

Une mesure qui vise à répondre aux besoins des écoles nouvellement crées dans le cadre d’une politique nationale axant sur le développement du secteur éducatif et un éccès optimal à l’éducation.

En 2009 le gouvernement et les syndicats ont signé un protocole d’accord stipulant le recrutement de tout contractuel ayant plus de 4 ans d’ancienneté. Depuis deux ans le gouvernement n’arrive plus à honorer ses engagements.

CamerounWeb.com

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