Juges et Auxiliaires de justice : Le Visage du Calvaire Togolais !

Il y a quelques jours, le Garde des sceaux, ministre de la Justice a, par une note circulaire, fait injonction aux juges de cesser toute ordonnance de cessation des travaux sans qu’aucune diligence au préalable n’ait été faite. Une situation qui semble déplaire à ceux-ci qui s’y opposent. Un fait qui dévoile, au mieux, la face cachée de ces justiciers qui ont mauvaise presse auprès des Togolais.

L’audace de Yaya et Agbetomey

L’on les imaginait vraiment mal en point. Ce, au lendemain de la sortie du Président de la Cour suprême. Sortie au travers de laquelle, le Juge Abdoulaye Yaya a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les ordonnances de cessation des travaux et déguerpissement au Togo. Une injonction du Président de la Cour suprême soutenue par le ministre Pius Agbetomey en charge de la Justice. Ce dernier, par note circulaire N° 001/MJL/SG du 14 octobre 2021, relève qu’il constate que les juges des tribunaux de première instance et des cours d’appel, sur présentation d’une simple requête quelconque des justiciables portant sur des litiges fonciers, délivrent immédiatement une ordonnance de cessation des travaux à ces personnes sans aucune diligence préalable. Une situation qu’il juge anormale, donc ordonne sa cessation.

Comme nous l’évoquions, dans notre précédente parution, cette mesure croisée du Président de la Cour suprême, par ailleurs Président du Conseil de la magistrature suprême du Togo et du Garde des sceaux, ministre de la Justice siffle donc la fin d’une récréation qui n’a que trop duré. Cela vient donc arrêter l’hémorragie que constitue ce long feuilleton à plusieurs épisodes de déguerpissement des occupants de ménages et de casses des maisons, boutiques, églises et écoles dont les victimes sont plusieurs centaines, de Gbamakpoé à Davié en passant par Djagblé. «C’est dire donc que les gouvernants que les togolais voulaient plus pragmatiques semblent enfin se réveiller de leur apathie », avions-nous analysé, satisfaits de cette décision. Tout en se demandant à quand le service après vente qui consiste donc à rendre justice aux victimes puis à assainir la maison de la justice au Togo. Laquelle est visiblement rendue sale par ces juges et auxiliaires de justices qui méprisent le droit et l’humain au détriment de leurs intérêts personnels.

Le visage du calvaire togolais

De ces derniers, à peine nous en parlions qu’ils se signalent et de la plus curieuse des manières, piqués justement au vif par ces décisions qui frisent, avant et plus que tout, la morale. En effet, dans une réplique, l’Union syndicale des magistrats du Togo (USYMAT) relève ce qui, à ses yeux, constitue des «insuffisances» liées à ces notes et demande à Pius Agbetomey de les rapporter.

Quelques jours plus tard, le ministre de la Justice a répondi à poing pour inviter l’Usymat à bien lire sa circulaire du 14 octobre 2021 et cesser de se méprendre.

En s’insurgeant contre cette mesure du Garde des sceaux qui fait pourtant le bonheur de nombre de Togolais, sous prétexte d’un ordonnancement juridique vicié, les togolais ont la certitude que ces justiciers incarnent, à ne point douter, leurs gourous prêts à marcher sur leurs cadavres pour assouvir les appétits de clans mafieux .

Et l’on a encore souvenance de ces tristes feuilletons où un individu débarque, avec une ordonnance d’un juge, pour intimer l’ordre à tout un quartier comme Bè-Kpota de vider les lieux, sous prétexte que le quartier est bâti sur le domaine de son arrière-grand-père. Une situation délirante qui s’est dupliquée à Davié et plus tard à Gbamakopé où, après 20 voire 30 ans d’acquisitions de domaines, les acquéreurs voient leurs maisons cassées, leurs boutiques et commerces vandalisés. Et les victimes psychologiquement torturées par des agissements et menaces des gros bras et des cliques de forces de l’ordre. Ceci, pendant que des partenaires engloutissent des fortunes dans la réforme de l’appareil judiciaire qui reste des plus corrompus des corps professionnels du pays. Nul sans doute la faute à ces hommes qui, pour des pécules, entravent le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire togolais.

Aller jusqu’au bout…

Qu’à cela ne tienne, fidèle à sa philosophie, celle de s’opposer à toute injustice, d’où qu’elle vienne, le Journal Fraternité réaffirme son soutien indéfectible à ces mesures correctives. Le constat est donc clair que ces litiges fonciers qui polluent le vivre-ensemble dans des communautés sont instigués par ces fonctionnaires indélicats pour qui l’humain compte peu devant l’argent. Ce qui explique, aux yeux du Juge Abdoulaye Yaya, les dérives constatées dans l’exécution des décisions de justice en matière foncière de certains acteurs de justice. Des acteurs que le Président de la Cour suprême du Togo désigne courageusement par les huissiers de justice sur décision des juges, assistés de la force publique ou des individus peu recommandables appelés communément des «gros bras». Désormais, plus aucun ne saurait ériger sa fortune sur les pleurs et désarrois des populations. «Nous voulons une justice qui soit protectrice de la population et l’épouvantail du délinquant. Elle doit dorénavant rassurer le vulnérable et soulager l’éprouvé», a souligné Abdoulaye Yaya qui a poursuivi en martelant que le règne de l’argent, de la forfaiture et de l’abus de l’autorité doivent prendre fin au Togo. Il faut donc que force soit donnée à ces autorités afin de poursuivre cette réforme audacieuse. Surtout traduire dans les faits, la déclaration selon laquelle, «tout individu surpris en train d’entraver cette décision, sera poursuivi pour vandalisme, destruction volontaire et autres».

Source : Fraternité / fraternitenews.info

Source : 27Avril.com

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