Faure Gnassingbé contraint de libérer Sokodé

Faure Gnassingbé a-t-il décidé de bonne foi de stopper la barbarie militaire à Sokodé ? Contrairement au communiqué du gouvernement, les dessous diplomatiques le démentent. Bien avant ce communiqué, n’importe quel membre de ce gouvernement défendrait bec et ongles qu’il n’y a pas d’occupation militaire dans la ville d’origine de l’opposant Tikpi Atchadam. D’ailleurs, le communiqué du gouvernement nargue déjà que c’était seulement après la mort de deux militaires dans cette ville que l’armée y aurait été installée. Un maquillage médiatique en fait !

L’administration de Faure Gnassingbé décide à travers un communiqué, «le retrait des forces de défense installées à Sokodé» depuis le 19 août, la mise en place du «plan sentinelle comme à Lomé pour renforcer la surveillance des lieux publics et des marchés». Le communiqué rendu public lundi, fait état d’une curieuse bonne foi du gouvernement suite à la visite du Chef de l’Etat dans cette ville martyrisée par les militaires depuis 3 mois, selon les preuves médiatiques, appuyées par les témoignages des organisations de défense des droits humains.

Les tractations diplomatiques auraient fini par l’emporter sur la soif de vengeance de l’armée et son chef qui projetaient quelques semaines plus tôt dans un camp militaire à Témédja de renforcer la chasse à l’homme pour sévir davantage suite à la mort de deux militaires qui, selon la version du gouvernement, auraient été tués par des présumés manifestants. Devant l’armée, Faure Gnassingbé a juré de mener personnellement la chasse, pour faire justice aux deux militaires tués. Mais à côté, plus d’une dizaine de morts (des civiles, y compris des enfants) ne l’avait guère ému.

De la part du président de l’Union Africaine Alpha Condé, tout comme du chef d’Etat ghanéen Nana Akuffo-Addo, les recommandations ont été fermes dans le sens renforcement de la cohésion sociale, et de la paix, préalables au dialogue qui s’ouvrira d’ici le 10 décembre.

Ces chefs d’Etats très impliqués dans la médiation au Togo, ont martelé l’incontournable nécessité de libérer la ville de Sokodé de l’occupation militaire ainsi que les prisonniers politiques, y compris la libération des imams victimes d’arrestations musclées et de privation de leur liberté.

Les stratèges du parti au pouvoir (UNIR) ont donc préparé un coup médiatique pour faire croire à l’opinion que le projet de libérer Sokodé est né d’une bonne foi du chef de l’Etat après son détour dans cette ville. Au même moment, la campagne dénommée administration de proximité de cette année exclut la région Centrale qui en a le plus besoin, puisque les services administratifs y tournent au ralenti depuis 3 mois.

On se rappelle, lors du passage de la Commission Interparlementaire de l’UEMOA en octobre dernier, les militaires installés à Sokodé avaient été rappelés pour quelques heures, juste le temps de séjour de cette commission. On suppliait même les populations de sortir de leur refuge.

Puisque c’est la pression diplomatique principalement des médiateurs qui obtient cette fois la levée de l’état de siège à Sokodé, on se demande si ce ne sera pas juste pour le temps du dialogue.

A.Lemou

Source : www.icilome.com

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