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Commerce international : que représente l’Afrique sur l’échiquier mondial ?

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Les réflexions sur l’avenir économique de l’Afrique prennent une perspective réaliste dans un discours franc et direct. Avec des chiffres en main, il est souligné que malgré les ressources naturelles abondantes, le continent africain reste marginal dans les échanges commerciaux mondiaux. Le manque d’industrialisation, l’instabilité politique et la dépendance aux matières premières sont identifiés comme des obstacles majeurs pour le développement économique et l’amélioration des conditions de vie.

Les néo panafricains vont encore atterrir ici ? Quoi, que dit l’honorable ? Que l’Afrique n’est pas riche ? L’Afrique est riche, l’Afrique est riche. Oui, l’Afrique est sans doute riche en matières premières, mais ce sont des produits qui ne coûtent pas grand-chose quand ils ne sont pas transformés.

En 2022, l’Afrique tout entière, y compris l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte, ne représentait que 2% des échanges commerciaux dans le monde. C’est un peu comme vendre des stylos à bille dans un grand supermarché. Et nous avons même régressé. Nous représentions 4% en 1980.

La matière première n’a pas de grande valeur marchande. C’est le produit transformé qui en a. Par conséquent, tant que le continent ne s’industrialisera pas, il aura une contribution marginale dans le commerce mondial.

Mais il y’a pire. Il n’y a aucune matière première vitale dont l’Afrique dispose l’exclusivité. Les matières premières vitales que nous exportons le plus sont le pétrole, mais les USA sont les premiers producteurs. La Libye, premier producteur de pétrole en Afrique ne vient qu’à la 15ème position. Même l’uranium pour lequel on fantasme tant, le Niger n’en fournit que 6% de la production mondiale (2000t en 2022) loin derrière le Kazakhstan qui, lui, produit 42%.

En vérité, si l’Afrique décidait de vivre en autarcie sans rien exporter ou importer, le reste du monde s’en foutrait mais nous, nous mourrons de faim. Non seulement nous dépendons de l’extérieur pour une grande partie de notre alimentation, mais nos matières premières ne nous serviront à rien, car nous ne savons pas les transformer. C’est uniquement quand la raffinerie de Dangote sera, par exemple opérationnelle, que le Nigeria verra son PIB bondir, grâce au pétrole raffiné qu’il mettra sur le marché.

J’entends des gens dire, le Niger a de l’uranium mais pas d’électricité. Les choses des réseaux sociaux. Une centrale nucléaire coûte 10 milliards de dollars, soit  6 000 milliard de FCFA. Le budget annuel du Niger en 2023 est de 3000 milliards. Il faudrait un emprunt sur 100 ans minimum (qui va assurer un tel emprunt, avec une telle instabilité ?) pour construire une telle centrale nucléaire. Ensuite il faudra faire venir tous les techniciens car nous ne maîtrisons pas la technologie. Rien que le personnel et les charges d’entretien coûteront  autant que les recettes des mines parce qu’ils vont te demander des salaires de malade (expatriation et assurances tout risques). Et pour finir, ce que toutes ces personnes qui gesticulent sur les réseaux sociaux ne savent pas, c’est que l’uranium extrait des mines ne va pas directement dans les centrales nucléaires. Il faut l’enrichir. L’uranium extrait est pur uniquement à 0,7% et il faut l’amener à 3 à 5%. Il n’y a que 3 sociétés au monde qui ont la technologie d’enrichissement : le russe Tenex, l’européen Urenco et le français Orano (anciennement Areva). Fin de l’histoire.

L’Afrique représente 20% des terres immergées de la planète, 18 % de la population mondiale mais seulement 3% du PIB de la planète. Normal. Notre industrie, 60 ans après les indépendances, est encore embryonnaire. Sinon si on enlève l’Afrique du Sud et l’Égypte de ce pourcentage, on peut tomber à 1,5 % du PIB mondial.  Mais il y’a plus grave. Le continent n’attire que 3,5 % des investissements directs étrangers (IDE) dans le monde. Pour 18% de la population mondiale. C’est terrible.

Et il ne faut pas aller loin pour comprendre ce manque d’attractivité. L’instabilité chronique de nos pays n’attire pas les investisseurs. Le 4 août dernier, Moody’s a baissé la note souveraine du Niger de deux crans, la faisant passer de B3 à Caa2. Les néo panafricains, qui ne comprennent rien à rien vont crier que ça ne fait rien, sauf que oui, ça me fout mal car le pays aura du mal à emprunter à l’extérieur. Et les taux d’intérêt seront colossaux.

L’Asie nous montre pourtant la voie. La modernisation de l’agriculture, l’industrialisation, la réduction du fossé technologique et la bonne gouvernance.

Au lieu de ça, on se lève, on fait coup d’Etat en parlant d’indépendance, et le lendemain on se rend compte que les matières premières ne valent rien, et que les caisses de l’Etat qu’on a vidé en venant au pouvoir ne se renouvellent pas automatiquement. Ensuite, on va à Paris et New-York pour solliciter de l’aide en tant que PPTE. La honte de ça.

Il faut une révolution de mentalités en Afrique. Nos élites sont les premières responsables de la pauvreté dans nos pays. Les autres pays (français, occidentaux et asiatiques) ne font que profiter de la gourmandise de ces élites. Les coups d’Etat militaires ne sont qu’une fuite en avant. On s’accroche, comme un naufrager à tout fragment de l’épave, espérant que ce dernier ne coulera pas. C’est pourtant les fragments épars de la même embarcation, tous gorgés d’eau. C’est du réchauffé. Souvenez-vous de Mobutu, le digne fils de l’Afrique. Les militaires maliens et burkinabé sont petits devant Mobutu. C’est un cycle infernal et il faut rompre le sort tragique.

Tout ce que je vous dis ici, je ne connaissais pas tout ça quand j’étais militaire. J’ai pourtant quitté l’armée au grade de capitaine, avec un Master 2 en droit. Si à l’époque j’avais été propulsé comme chef d’Etat, j’aurai été un vrai danger pour mon pays car j’aurai raisonné à coup de “on n’a qu’à, on n’a qu’à …” La gestion d’un pays est une affaire trop sérieuse et il faut des études et des experts pour ça. Subitement, en Afrique, tout le monde est devenu expert. Ça ne peut pas marcher ainsi.

Modernisation de l’agriculture, industrialisation, promotion des services, réduction du fossé technologique et bonne gouvernance, telle est ma recette.  Surtout arrêtons les coups d’Etat militaires. Personne ne vient investir dans un pays où son argent n’est pas sécurisé. Coup d’Etat toutes les deux secondes, c’est quoi ça ?

J’écris tout ceci pour les gens qui lisent et mais qui ne commentent pas, qui m’écrivent in box en me demandant de continuer la pédagogie.  J’écris pour les 2 millions qui lisent le contenu de ma page. Quant à la centaine de néo-panafricains agités qui vont encore venir se masturber ici, faforo !

Cultivons-nous vivants.

Gerry Taama

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Source : Togoweb.net