Yark Damehame et les armes dans la nature !

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« C’est le lieu pour moi de solliciter l’appui du Secrétariat du TCA, et des autres partenaires dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce projet dont les résultats permettront, sans nul doute, à notre pays de faire un saut qualitatif et quantitatif dans la maîtrise et le contrôle des armes à feu en circulation sur notre territoire », a lancé le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection Civile au secrétariat du Traité sur le Commerce des Armes (TCA).

Pour le ministre Yark Damehame, des armes existent bel et bien dans la nature au Togo. Devant la communauté internationale, il incrimine « des vagues de manifestations parfois violentes et dont certaines se sont soldées par l’attaque et la destruction des unités de police et de gendarmerie, avec pour conséquences des armes et des munitions emportées par des manifestants »

Une série d’événements qui, selon Yark Damehame, confirme l’existence d’armes dans la nature et représente une menace publique.

Si avec une certaine subtilité le ministre Yark essaie de faire porter le chapeau des armes en circulation à l’opposition et principalement au PNP (Parti National Panafricain), les faits le démentent.

D’abord, c’est le leader du PNP qui, depuis Septembre, a démenti formellement cette accusation « Le pouvoir veut armer le PNP, mais nous ne voulons pas. Ils veulent nous amener sur un terrain où ils sont plus à l’aise, en prenant les armes pour tuer les Togolais. Nous disons non », avait récusé Tikpi Atchadam.

Mais les accusations de Yark Damehame persistent, et il serait malhonnête de taire certains faits historiques.

La Commission Nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (CNLPAL) a été créée, en 2001, par décret N° 2001-98/PR, conformément à l’article 2 de la décision du 10 décembre 1999 des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), invitant chaque Etat Membre à se doter d’une Commission nationale de lutte contre la prolifération illicite des armes légères.

Cette commission a pris fonction en 2003 avec un siège au quartier administratif tout près de la BCEAO. C’est dire qu’à l’époque, le problème des armes dans la nature était une cruelle réalité, non seulement au Togo, mais dans la sous-région.

Dans les récentes années, bien avant l’avènement du PNP, des citoyens ont essuyé plusieurs attaques armées probablement avec ces armes non contrôlées sur toute l’étendue du territoire national. L’un des plus marquants est celui du 28 septembre 2014, à l’aéroport de Lomé, tout près de la base chasse aérienne et d’une kyrielle de brigades de gendarmerie et police. Mais les malfrats avaient réussi leur coup, emportant des milliards de F CFA et derrière eux, un lourd bilan de 2 morts et 5 blessés.

Il n’y a pas que des armes à feu dont s’alarme seulement aujourd’hui le ministre Yark. Malgré l’impressionnant travail des forces de l’ordre et de sécurité, il existe encore des individus qui, avec des armes blanches, commettent de forfaitures sur les populations. Des crimes devant lesquels la police judiciaire manque de moyens de pour investiguer.

On se souvient d’un procès à la Cour d’Appel de Lomé, procès au cours duquel, il est ressorti que la police n’avait pas la technologie nécessaire pour faire la différence entre le sang humain et le sang d’un animal. Comment peut-on dire le droit dans ces circonstances devant un accusé, chasseur dont la défense estimait que le sang trouvé par la police sur ses vêtements était du sang de gibier abattu la veille de son arrestation et non celui de la victime dont on l’accusait de meurtre ?

Un autre cas, celui de Kpatcha Simliya qui a pu avec des armes blanches, tuer et extraire des organes de plus d’une douzaine de jeunes filles à Agoè. Arrêté, la police et la justice n’ont jamais pu présenter les complices de cette macabre boucherie alors que le criminel lui-même affirme avoir exécuté son travail sur commande.

En janvier 2013, des criminels ont utilisé le Kérosène pour incendier les marchés de Lomé et de Kara, un combustible dont le gouvernement togolais a le seul monopole. Bientôt 5 ans, on n’a jamais vu le ministre de la sécurité faire le manche dans les organisations internationales pour solliciter un appui à contrôler la gestion de cette substance. Et les coupables des incendies ne sont toujours pas retrouvés.

N’est-ce pas donc une curiosité? Quand cette affaire d’armes dans la nature fait objet d’acharnement de la part de ce ministre, cadre du parti UNIR au pouvoir rudement contesté par une opposition qu’on accuse directement ou indirectement de terrorisme ?

A. Lemou

Source : www.icilome.com

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