Transition au Mali, Faure Gnassingbé accusé d’alimenter la crise : « C’est par le Togo que les armes transitaient jusqu’au Mali »

L’implication à outrance de Faure Gnassingbé dans la crise malienne suscite toujours débat. Aussi au Togo qu’à l’extérieur, nombreux sont ceux qui estiment que le chef de l’Etat togolais est à la solde de la France. Au Mali même, on ne tarit pas de mots pour décrire Faure Gnassingbé comme la plaie qui gangrène la stabilité de ce pays du Sahel, en favorisant le transit des armes.

Faure Gnassingbé est de plus en plus décrié à travers l’Afrique à cause de ses actions impopulaires sur le continent. Depuis quelques mois, son implication dans la crise malienne est pointée du doigt, non seulement par ses compatriotes, mais aussi par les organisations de la société civile et les populations du Mali. Au Togo, les compatriotes estiment qu’il en fait trop, étant à la tête d’un pays où les crises politiques sont endémiques. Au-delà des frontières du Togo, Faure Gnassingbé est vu comme l’homme par qui le malheur arrive et qui profite ensuite de la situation pour jouer au sapeur pompier. Pour preuves, les nombreux voyages effectués au Togo par les autorités de la transition et ceux des émissaires de Faure Gnassingbé vers Bamako et surtout Kati, le quartier général des militaires putschistes. L’illustration parfaite de cette implication à outrance du fils d’Eyadéma dans la crise malienne est marquée par les rencontres entre les dirigeants de la transition et Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères de Faure Gnassingbé.

Conséquence, les déclarations hostiles à l’endroit de Faure Gnassingbé se sont multipliées depuis le renversement de l’ancien président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre par la junte militaire, ainsi que les décisions impopulaires de la France contre le Mali. Dans l’opinion malienne, il ne fait aucun doute que le chef de l’Etat togolais est considéré comme l’une des personnalités pions utilisées par la France pour déstabiliser le pays.

Parmi les plus mordants détracteurs de Faure Gnassingbé, l’activiste malienne et membre du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), Amina Fofana. Elle vient de tirer l’une des flèches les plus virulentes, comme dans les nombreuses vidéos dans lesquelles on la voit en train de dénoncer le jeu trouble de la France et son soutien aux dictateurs africains. « Nous sommes d’accord aujourd’hui que les maux de l’Afrique, ce sont ses dirigeants parce qu’il y a l’ennemi endogène et l’ennemi exogène. Quand l’ennemi endogène est neutralisé, l’ennemi exogène sera obligé de nous respecter », a-t-elle déclaré lors d’une interview sur la web-radio, Radio Avulete.

Sans ambigüité, Mme Amina Fofana soutient que le Togo et son président sont en premières lignes des collaborateurs inconditionnels de la France. « Prenons par exemple le cas de Faure Gnassingbé, un dictateur qui est en train d’oppresser le peuple togolais. Depuis son père, il y a un clan, le clan Gnassingbé. Le Togo est en Afrique le pays le plus ancré dans la Françafrique depuis fort longtemps. C’est par le Togo que les armes transitaient jusqu’au Mali, et même jusqu’à présent », a-t-elle condamné. Et d’insister : « C’est le Togo qui sert de pivot pour asseoir la domination de la françafrique. Le Togo est une position géostratégique pour la France. Il est temps que les Togolais comprennent que Faure Gnassingbé n’est pas là pour eux, tout comme nos autres présidents. Ce sont des pilleurs qui ne foutent rien d’autre que la corruption pour nous soumettre à l’esclavage français. Le Togo est un pays dangereux».

Ce sentiment est le reflet du peu de considération accordée à Faure Gnassingbé à travers le monde. Mais la chose la plus importante, c’est la leçon à tirer de ces sorties qui ternissent davantage l’image du chef de l’Etat et son pays. Pour être respecté, il faut prendre les bonnes décisions. Dans le cas de la crise malienne, rien n’obligeait Faure Gnassingbé à s’inviter comme médiateur alors qu’il vit lui-même dans un pays en permanente crise sociopolitique depuis 1963. Il aurait simplement dû attendre qu’on lui fasse appel, mais oisif dans un pays qui cherche désespérément à sortir du sous-développement et s’affirmer sur la scène internationale, il s’est introduit dans cette crise sans vraiment avoir les armes pour livrer le combat.

G.A.

Source : Liberté N°3402 du Mercredi 09 Juin 2021

Source : 27Avril.com

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