Togo- Savanes/Sécurité : Intimidations, rackets dans les brigades de gendarmeries, les populations désemparées

Faure Gnassingbé

Le gouvernement togolais, depuis l’avènement de Faure Gnassingbé au fauteuil présidentiel, a fait de la sécurité de ses citoyens l’épine dorsale de ses actions. La multiplication des brigades de gendarmerie dans la quasi totalité des cantons du Togo, le renforcement régulier des effectifs des forces de l’ordre et sécurité et ainsi les formations de ces derniers sont entre autres les preuves tangibles. Ces différentes mesures qui sont à applaudir contrastent malheureusement avec certaines attitudes sur le terrain qui laissent un goût amer dans plusieurs localités.

La gendarmerie nationale togolaise, faut-il le rappeler, est une branche des forces armées. Son rôle est d’assurer la protection des personnes et des biens en zone rurale, la surveillance des routes et des voies de communication et de participer aux secours des populations sinistrées.S’il est vrai que cette unité fait un travail très professionnel,il n’en demeure pas moins vrai qu’elle comporte en son sein des brebis galeuses qui ternissent l’image de la corporation. Dans beaucoup de milieux ruraux de la région des savanes notamment, la collaboration tant souhaitée entre populations et forces de l’ordre demeure une sinécure, les seconds étant devenus les bourreaux des premiers.

Tambonga, canton situé à 12 kilomètres de pognon, chef lieu de la commune de Kpendjal ouest 2 vit depuis longtemps un cauchemar et pour cause, le chef de brigade de la gendarmerie de la localité sème la terreur au sein des populations : rackets,menaces et intimidations sont devenues son modus operandi lorsqu’il s’agit de soutirer quelques billets aux populations. “Dans le village ici, si tu as un problème à la gendarmerie, prépare-toi à être mis en garde – à vue surtout si ce n’est pas toi le plaignant. Et si rien ne tombe, tu ne repartiras pas”, nous a laissé entendre un villageois sous couvert de l’anonymat.

De nos recoupements,il nous est revenu que plusieurs personnes ont déjà goûté aux amères délices du chef de brigade. La plus récente est celle d’un monsieur qui a enceinté une jeune collégienne. Alors que l’intéressé a reconnu les faits et envoyé plusieurs émissaires chez son beau père pour demander pardon, le Chef de brigade de la gendarmerie aurait instruit le père de l’enfant qui serait son ami de convoquer son gendre et sa fille afin que des conseils leurs soient prodigués par ses soins. Surprenant n’est ce pas ! Sinon, depuis quand est ce qu’une pareille affaire se règle dans une brigade de gendarmerie ? Au demeurant, le CB aurait été plus sage même si le plaignant arrivait à son niveau avec une telle intention de lui dire d’aller régler ça en famille afin de faciliter le vivre – ensemble et la cohésion sociale si chers au Chef de l’État. Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ,dit-on de coutume dans les milieux juridique. Le mercredi 30 juin,les deux familles se sont retrouvées à la brigade en présence également du directeur du CEG Tambonga.

Selon nos sources, c’est l’adjoint au CB qui aurait tenté de trancher l’affaire. Celui ci, dans ses propos, aurait demandé au père de la fille d’être tendre à l’égard de sa fille et surtout de la reprendre en famille (la fille était déjà chassée de la maison ) car aucun parent ne saurait renier sa fille pour n’importe quelle raison que ce soit. Il aurait également demandé à l’auteur de la grossesse d’assumer entièrement ses responsabilités à l’égard de la gestante. Mais le chef de brigade insinuant que la fille serait mineure, a demandé qu’on mette l’accusé en cellule et l’infortuné n’eût droit à la liberté qu’après que ses parents ont payé la somme de 40.000f. D’après nos informations,la fille serait déjà au delà de la vingtaine puisque l’actuel pièce de naissance qui lui attribue 16 ans a été obtenu par jugement une fois que l’auteur est arrivé au Togo (il convient de rappeler que celle ci est née au Burkina – Faso et dispose d’un acte de naissance établi là).

Joint au téléphone par notre rédaction,le chef de la brigade n’a daigné nier les faits et a déclaré être disposé à retourner les sous aux parents pour éviter toute déconvenue. Au regard de cette situation et vue que ce dernier n’est pas à son premier acte, on est tenté de dire que les plaintes reçues auprès des populations incriminant pas seulement ce dernier mais aussi bien d’autres chefs de brigade de la région sont une réalité. De Kourientré à Tambonga en passant par Borgou et korbongou, plusieurs cas de rackets ont été signalés mais restent à élucider(en tout cas,ceux qui en ont la responsabilité ont maintenant la puce à l’oreille). Le CB de Tambonga, selon d’autres sources, aurait déjà reçu 50.000f de la part d’un maître mécanicien dont il avait capturé l’apprenti pour des raisons ridicules. Heureusement que l’apprenti avait pour oncle maternel un gendarme à la retraite et ce n’est que grâce à l’intervention de ce dernier que le CB aurait retourné tranquillement la somme perçue. Au lieu de s’occuper de la protection des citoyens, certains chefs de brigade et leurs éléments se sont transformés en bourreaux dont les victimes sont les pauvres populations. Des conflits fonciers aux problèmes conjugaux, certains gendarmes ne semblent pas reconnaître les limites de leur compétences.

Par ces temps de soudure où le bol de maïs est à 800f et plus ailleurs, imaginons ce qu’il coûterait à un pauvre paysan de débourser 40.000f pour un crime qui n’en est pas un en réalité. Il faut surtout déplorer que par ces actes,le Chef de brigade donne un coup d’accélérateur à la déchirure du tissu social car le conflit est ouvert entre un beau – père et son gendre. Vivement que des mesures soient prises pour mettre hors d’état de nuire ces gendarmes indélicats qui ternissent l’image d’une corporation composée en majorité de personnes honnêtes, intègres et rompus à la tâche, prêts à défendre la patrie au prix du sacrifice ultime.

Robert DOUTI

Source : icilome.com

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