Togo, Région des Savanes : Réhabilitation de la retenue d’eau de Tantigou, les bénéficiaires entre Colère et Désespoir…

Le gouvernement togolais dans ses efforts de la quête quotidienne du bien-être de sa population ne ménage aucun effort dans la réalisation des infrastructures socio communautaires de base. C’est ainsi que l’exercice du budget de l’État togolais gestion 2019-2020 a prévu une enveloppe pour la construction et la réhabilitation de cinq retenues d’eau dans la Région des Savanes, une région qui, faut-il le rappeler, doit sa survie à l’élevage et à l’agriculture, deux activités pour lesquelles l’eau reste d’une importance capitale. Parmi les retenues d’eau devant être réhabilitées, figure celle de Tantigou qui revêt d’ une importance non négligeable pour les populations des savanes.

En rappel, un aménagement d’un espace agricole de plusieurs dizaines d’hectares permet la production des légumes de toutes sortes qui alimentent la préfecture. Les jardiniers du barrage de Tantigou sont célèbres dans la production de la carotte qui se vend même hors des frontières togolaises. La réhabilitation de cette infrastructure devrait, entre autres, consister au curage du bassin, à la reconstruction de la digue, à l’enrochement et à l’enherbement respectif des talus amont et aval afin d’éviter l’érosion, la réparation des canaux de circulation de l’eau vers les champs, l’aménagement de la voie d’accès, etc.

L’exécution des travaux a été confiée à l’entreprise TI-BTP sous le contrôle du groupement CANAL EAU. Les travaux étaient prévus pour durer 5 mois. Même si plus d’un an après, l’ouvrage n’est pas réceptionné, il faut quand même féliciter l’entreprise qui a, selon des sources proches du ministère des infrastructures, a exécuté les travaux à près de 98%.La même source nous a rassuré que le curage du bassin sera achevé avant la réception de l’ouvrage. Contacté par notre Rédaction, le bureau de contrôle affirme que c’est un problème de paiement qui est à l’origine de l’arrêt du chantier et que les travaux reprendront une fois cette question réglée.

Mais qu’est ce qui provoque le courroux des populations ?

« On ne fait jamais d’omelettes sans casser les œufs », dit un adage populaire. Les travaux de réhabilitation de la retenue ont beaucoup impacté négativement sur la production maraîchère depuis l’année dernière parce qu’il fallait vider la retenue pour faciliter le curage du bassin et la reconstruction des canaux qui rendait presqu’impossible la circulation de l’eau de la retenue vers les jardins. Les paysans qui avaient pris leur mal en patience avec l’espoir de se rattraper cette année ont été davantage déçus parce que le curage n’étant fait seulement qu’en partie, la retenue s’est asséchée encore cette année déjà en mars pendant que les jardiniers étaient encore en pleines activités. La peur de voir l’eau finir très tôt l’année prochaine continue de hanter le sommeil de ces derniers. Un tour dans les jardins nous a permis de constater de visu la situation et certains bénéficiaires entre colère et désespoir se sont confiés à nous.

« L’année dernière, j’ai dépensé plus de 200. 000f pour la production de la carotte mais comme on avait vite vidé la retenue, les carottes ne sont pas arrivées à maturité avant que je ne les déterre, du coup la vente a été difficile et je n’ai pas pû rembourser facilement mon crédit » nous a confié un jardinier de Toulonga

« Nous remercions le gouvernement pour ses efforts, je me demande ce que nous serions devenus s’il n’y’avait pas cette retenue car c’est d’ici que nous tirons tous nos revenus pour nos besoins : santé, scolarisation de nos enfants, amélioration de l’habitat et autres. Mais nous voudrions supplier les autorités de tout faire pour que le curage du bassin se fasse correctement afin d’augmenter sa capacité de rétention pour nous permettre de faire nos activités sans difficultés », a-t-il ajouté » L’année passée, mon champ d’adémé s’est asséché à mi-mars, c’est encore la même chose cette année. Je ne sais pas comment me débrouiller alors que le bol de maïs est déjà à 500 FCFA. Je ne compte que sur le ciel pour nourrir mes 3 orphelins « nous a lancé une dame en sanglots à l’ombre d’un manguier.

Comme on peut le constater, l’arrêt des travaux inquiète sérieusement les bénéficiaires qui ont aligné deux années successives de déficit de production. Il faudrait que l’autorité et le maître d’œuvre communiquent pour rassurer les riverains. Pour l’instant, nos efforts pour entrer en contact avec l’entreprise sont restés vains, mais nous espérons que l’assèchement du bassin facilitera son curage rapide avant l’arrivée des pluies prochaines

Robert Douti

Source : Le Correcteur

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Source : 27Avril.com

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