Togo, Recensement 2018 : Agents mal formés, Enrôlement à compte-goutte, Immenses ratées techniques, Agents refoulés….Des éléments d’un simulacre de recensement electoral !

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Togo, Recensement 2018 : Agents mal formés, Enrôlement à compte-goutte, Immenses ratées techniques, Agents refoulés….Des éléments d’un simulacre de recensement electoral !

Comme annoncé par le pouvoir, le recensement en vue des prochaines échéances électorales a commencé lundi 1er octobre 2018 dans la première zone. Et déjà des premières difficultés de taille prennent en otage l’opération. Du l’impréparation aux pannes techniques récurrentes, avec la très faible mobilisation des populations, les difficultés sont de natures à créer des débats sur la crédibilité de l’opération à l’allure .

Les dates d’ouverture et de clôture du recensement électoral sur toute l’étendue du territoire national ont été officialisées jeudi 20 septembre 2018 en conseil des ministres. Par un décret adopté sur proposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) et conformément à l’article 52 du code électoral, le conseil a fixé la période du recensement électoral du 1er au 25 octobre 2018.

Le territoire national est découpé en 2 zones et le recensement se déroulera en deux phases. « Le recensement dans la zone 1 se déroulera du 1er au 8 octobre 2018, celui de la zone 2, du 17 au 25 octobre 2018 », indique le communiqué. Les centres de recensement seront ouverts tous les jours, à cet effet, « de 07 heures à 16 heures dans les périodes indiquées », conclut la note. Malgré les contestations de la coalition des 14 partis politiques qui dénonce « un recensement électoral unilatéral et frauduleux », le processus a effectivement débuté lundi dernier. Dans un message délivré la veille, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a appellé « tous les Togolais en âge de voter à se faire recenser ». Prof Kodjona Kadanga a rassuré la population en ce qui concerne les dispositions prises pour la réussite du processus.

Les kits de recensement ont été déployés dans les centres d’enrôlement des électeurs. Mais le constat sur le terrain à plus découragé que rassuré

Des imprimantes en pannes et des ordinateurs mal programmés

Mais, dans plusieurs centres les kits fonctionnent au ralenti. Les opérateurs de saisi qui sont chargés d’enregistrer les futurs électeurs et d’imprimer les cartes sont confrontés à plusieurs pannes techniques.

Lors des deux premières journées, nombre de pannes techniques ont été signalées dans plusieurs centres. Les cas des CRV à Agoé, Be, Doumasséssé, Attiegou, Aadakpamé, Adigomé, Misson Tove pour ce qui concerne seulement les centres que nous avons pu visiter. Dans ces localités, il y a un problème commun : les imprimantes répondent difficilement sans compter les dispositifs de relèvement des empruntes, selon les opérateurs de saisi. « Après avoir enregistré les informations de la personne et au moment d’imprimer, l’imprimante nous sort une carte vierge. On est obligé de ressayer plusieurs fois avant que la carte ne sorte avec informations enregistrées. Cela non seulement endommage plusieurs papiers mais aussi ralenti le processus et fait perdre le temps aux gens», nous explique, l’un des opérateurs de saisi du centre. En effet, il nous a été donné de vérifier effectivement que la moyenne tend entre deux heures (2h) à trois heures trente minutes (3h30 min) pour qu’un citoyen se fasse délivrer sa carte au Centre de Doumasséssé 2 comme à Adidogomé. Or l’affluence était des plus ternes ces deux premiers jours où les populations hésitent largement à croire au sérieux de l’opération, pendant que la lenteur du processus décourage ceux qui n’ont pas encore fait le pas.

A titre d’illustration, le centre de Bè Dangbuipé qui dispose de 6 kits de recensement, tandis que d’autres opérateurs ont registré une quinzaine de personnes lors de la première journée, d’autres n’ont pu enrôler que trois personnes. Certains opérateurs font également remarquer la lenteur des ordinateurs. Selon, ces derniers, il s’agirait d’un problème de programmation. Hier entre 7h et 9h, l’un des sites du centre n’a pu délivrer que 3 cartes. Le site le plus fonctionnel a délivré 5 cartes au cours de la même période.

A l’ EPP Bè-Gare, les mêmes difficultés sont signalées. Lors de la première journée 3 sites du centre n’ont enrôlé qu’au total 9 personnes. Les problèmes ont été signalés depuis lundi au responsable à la Commission électorale locale indépendante (Celi) mais les techniciens ne sont pas venus régler le problème. Hier matin jusqu’à 10 heures, trois sites du centre étaient aux arrêts. Les populations qui se sont déplacées ont dû rebrousser chemin. Les techniciens promis depuis la veille ne sont toujours pas arrivés. Selon une source proche de la CELI installée au Centre communautaire de Bè, les techniciens mis à disposition par la CENI sont insuffisants pour couvrir toute la circonscription.

En outre, certains kits sont incomplets. La Celi aurait promis des téléphones portables aux centres pour que les éventuelles difficultés soient rapidement signalées mais les appareils ne sont pas encore remis. On signale que sur plusieurs sites, les stylos joints aux kits ne fonctionnent pas et les agents ont dû mettre la main à la poche. « Nous sommes inquiets parce que pour l’instant. Il n’y a pas de queue ce qui nous permet de gérer les difficultés tant bien que mal. Mais une fois qu’il aura de l’influence, les gens peuvent perdre patience », dixit, un rapporteur de centre. Ajoutés à tout ceci, il s’est révélé que nombres d’opérateurs de saisi n’ont point été formés, d’autres mal formés, comme s’est indigné un des opérateurs rencontré dans un centre situé dans Lomé Nord.

Les populations déjà à bout de nerf ….d’autres menacés

Pendant que se pose dans nombre de CRV des problèmes techniques et de qualifications du personnel d’enrôlement, d’autres centres ont accusé de grands retards dans le déploiement des kits comme Attiégou, Agoenyivé 1-4-6, Bè- Est ou encore à Aflao Gakli.

Il nous a été signalé que dans un établissement privé de la banlieue d’Adakpamé, le directeur de l’établissement n’a pas été informé au préalable que son établissement est réquisitionné pour le recensement. Ce dernier a dans un premier refusé l’accès à son établissement avant de raviser quelques temps après.

Des anomalies techniques, des retards et des impréparations qui, au finish, découragent les personnes qui se présentent pour se faire recenser. A Baguida, c’est carrément à coups de menaces et de chantages qu’on fait sortir certains citoyens de la maison pour aller dans les CRV. « On n’est venu nous faire croire que ceux qui n’ont pas de cartes d’électeurs seront prochainement arrêtés par les policiers » a confié très indigné une source contactée à Baguida Bateauvi.

Des citoyens sans aucune carte, exclus du recensement

Selon le guide remis aux membres des CLC, le citoyen qui vient se faire recenser doit présenter soit sa carte d’identité, sa carte de retraité, son permis de conduire, du moins une carte reconnue officiellement. C’est ainsi que certains ont dû rebrousser chemin, juste parce qu’ils n’ont aucun des documents demandés par les agents recenseurs. Une autre limite de l’opération quand on sait qu’ils sont très importants ces togolais qui n’ont aucun papier et parler encore d’une carte.

Les autorités locales qui devraient témoigner en faveur de ces personnes, se font rares sur les sites. Quand elles sont présentes, cela donne lieu à des échanges houleuses comme constaté à l’Epp Bè Gare.

Qu’à cela ne tienne, les opérations d’enrôlement prennent fin à 16h. C’est dire que nombre de citoyens employés ou agents de l’administration sont de facto exclus de l’opération, déjà qu’elle ne dure qu’une semaine par zone.

Pour rappel, la Coalition des 14 partis de l’opposition a demandé à ses partisans de boycotter ce recensement. Dans son mémorandum transmis aux facilitateurs, elle a démandé qu’on procède à une opération foraine de délivrance des cartes d’identités biométriques qui permettra au finish d’avoir un fichier plus fiable. Le recensement devrait prendre fin dans la 1ère zone le 8 octobre 2018.

Source : Fraternité No.287 du 03 octobre 2018

27Avril.com

1 COMMENTAIRE

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