Home Société Togo : pourquoi la mairie hésite à libérer des voies occupées à Avedji

Togo : pourquoi la mairie hésite à libérer des voies occupées à Avedji

0
354
Voies-occupees-Avedji.jpg

Se peut-il que des voies publiques devant être ouvertes à la circulation des usagers soient épargnées sciemment pour des raisons qu’on refuse d’expliquer ? Derrière le nouveau marché sis au quartier Avedji, un domaine habité par des autochtones résiste à la descente des agents de la mairie. Une situation qui ne semble pas préoccuper les gérants de ladite commune.

En décembre 2022, une construction située dans le même quartier, plus précisément au carrefour Limousine a été démolie sans autre forme de procès. Et lorsque nous étions allés aux informations, M. Dzanyi Sedina, chef de la division des services techniques qui maîtrise apparemment les plans de sa zone d’intervention nous avait assurés que ladite construction était érigée dans la rue de 14m. L’opération s’était déroulée à l’aube.

Mais il se trouve que dans ce même quartier où d’autres habitations sont construites dans d’autres rues, et une mini-forêt empêche la libre circulation des usagers, l’agent de la mairie ne semble guère se rappeler que pareille situation existe.

En effet, au temps des délégations spéciales, des opérations de libération des voies publiques avaient été menées d’une main de fer par certains maires. Dans une absence de sentimentalisme avéré. Et, sans autres considérations que celles de voir les voies d’accès ouvertes aux populations, des engins lourds avaient rasé beaucoup de maisons dans toute la capitale. Le quartier Avedji n’y avait pas échappé.

Or, il existe un endroit qui a bizarrement survécu aux opérations de démolition. Derrière le nouveau marché d’Avédji, un domaine étendu sur près de deux hectares semble interdit d’accès aux véhicules. Parce que les voies d’accès sont soit occupées par des constructions en banco pour la plupart, soit par une mini-forêt dont des riverains disent qu’elle abriterait un fétiche cher aux autochtones qui seraient originaires d’Aflao.

Des riverains se sont plaints d’une situation de deux poids deux mesures. Parce que leurs habitations avaient été détruites par le président de la Délégation spéciale qui est aujourd’hui le maire de la commune de Golfe 5, ces riverains ne comprennent pas pourquoi le même traitement qui leur a été appliqué, ne s’exerce pas dans cette partie du quartier. « On a l’impression que c’est parce qu’une question d’origine commune lierait ceux qui ordonnent les démolitions, et les habitants de cette partie du quartier, que rien n’est fait à ce jour », a confié un riverain.

Pour en avoir le cœur net, nous avons pris langue avec le responsable des services techniques, Dzanyi Sedina Yaovi. Nous lui avons demandé si c’est le cadastre qui a interdit que le domaine situé derrière le marché d’Avedji soit dégagé pour permettre la circulation des usagers d’autant plus que sur une superficie de 200 m sur 80 m, il n’y a pas de voies qui la traversent.

Sans réponse, nous avons insisté le lendemain, avec à l’appui de notre requête quelques images des voies sans issue alors que ces voies se prolongent au-delà des lieux concernés. « Il serait utile qu’une visite des lieux soit faite », s’est-il contenté de nous répondre.

Le maire de ladite commune ignorerait-il cette réalité ? Dans ce cas, l’occasion lui est offerte pour rectifier le tir et faire preuve d’impartialité. Car, de la même façon que d’autres voies ont été ouvertes à la circulation ans état d’âme, les populations d’Avédji attendent que celles situées derrière le marché d’Avedji le soient également.

Avec Liberté

Source : Togoweb.net