Togo / Lomé : Retenues d’eau construites avec des milliards de FCFA devenues des Dangers pour la population

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Lomé, la capitale togolaise, est en plein pied dans la saison pluvieuse, et déjà, ses habitants ne savent à quel saint se vouer. Pour la simple raison que les retenues d’eau confiées à des entreprises étrangères et qui sont censées contenir les pluies diluviennes lâchent. Cette situation, certes, n’est pas nouvelle mais sa répétition chaque année avec ses plans de secours bancals coûtent des milliards de FCFA aux contribuables togolais.

C’est la même rengaine chaque année avec le même type d’opération qui s’en suit ainsi : inondations à Lomé, débordement des retenues d’eau, rues impraticables, dommages collatéraux pour les habitants, solutions palliatives des pouvoirs publics. Ces solutions à court termes sont facturées à des milliards de FCFA et hop, le prochain rendez-vous à la prochaine saison pluvieuse de l’année suivante.

La désolation se lit d’ailleurs déjà sur le visage des habitants du quartier d’Agoé lorsque les digues qui entourent la retenue d’eau ont lâché et avec un débordement d’eau dans les environs et ceci seulement après les deux grandes pluies qui se sont abattues sur Lomé ces derniers jours.

On se rappelle des rétentions d’eau de Léo 2000, d’Adidogomé douane, du Carrefour 2 Lions et d’autres quartiers de Lomé qui ont connu des débordements l’année dernière avec de lourdes conséquences. Les problèmes de santé publique n’étaient pas loin de l’équation.

Pour pallier à ces dégâts, le gouvernement avait ordonné la mise en place des canaux d’évacuation, des digues renforcées pour résister aux fortes pressions et des bâches à eau de 6 mètres avec des pompes immersives qui drainent l’excès de flux des retenues d’eau.

Ces débordements constants des retenues d’eau construites un peu partout dans la ville de Lomé ont assez prouvé au gouvernement togolais que cela n’a pas été une brillante idée de les construire et qu’il va falloir des solutions à long termes, plus adéquates à ces pluies diluviennes. Il continue de confier à des entreprises dans d’autres villes et régions du Togo leur construction.

De tels travaux de réhabilitation de cinq retenues d’eau estimés à plus d’un 1,3 milliards de FCFA ont débuté dans la région des Savanes et un autre ouvrage de 65 milliards de francs CFA, avait été ordonné dans la zone de Natchibore.

Et pourtant, il y a quatre ans, un Togolais du nom de Senanou Gbafa a proposé un projet de 787 milliards de F CFA, viable jusqu’à 2100 au ministère de la Ville et de l’Urbanisme et qui va stopper le cycle inondations à Lomé et ses environs.

Les explications du docteur-ingénieur à la presse démontrent l’incapacité des retenues d’eau dispersées dans la ville de Lomé à retenir les pluies diluviennes et qu’il serait judicieux de rompre avec le vieux plan directeur de 2004 qu’utilise toujours la ville.

« C’est compliqué de drainer les eaux pluviales. Le cordon littoral est un peu haut, ensuite, la zone lagunaire a des côtes plus basses que celles de la mer. Et enfin, il y a la zone des plateaux où les pentes sont multidimensionnelles. Lorsqu’on draine un coin, on rencontre une montée avant de redescendre, ce qui fait qu’à chaque pluie, les eaux se retrouvent dans les bassins topographiques que la ville présente. L’ancien plan veut faire des bassins de rétention qui ont été faits suivant des projections de pluie. Nous avons trouvé dans notre plan de travail que ce n’était pas normal. Quand on utilise la hauteur de pluie, on doit aussi utiliser les intensités de pluie. Du coup, on comprend pourquoi à chaque pluie, les bassins sont remplis », explique-t-il.

Son projet a remis en doute l’efficacité des solutions palliatives au débordement des retenues d’eau à l’instar des bâches à eau. Il ne les trouve pas adapter car les groupes électrogènes ne fonctionnent pas à chaque grande pluie à cause des coupures intempestives de courant électrique, ce qui rend impossible le pompage d’eau par les bâches.

En attendant que le gouvernement se décide sur de vraies solutions à long terme contre l’inondation et un nouvel plan directeur de la ville de Lomé, les Togolais doivent visiblement se contenter du douloureux cycle inondations- débordements de retenues d’eau – dommages collatéraux pour les habitants – solutions palliatives.

Source: lalternative.info

Source : 27Avril.com

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