Togo / Litige foncier à Bolou (Tsévié) : Le chef canton cité dans une vente frauduleuse de terrain

C’est courant aujourd’hui dans nombre de localités à l’intérieur du pays, parfois même à Lomé. La double ou triple vente de terrain, objet de nombreux conflits qui couvent dans les communautés, est devenue une situation banale, au point où même des autorités traditionnelles se mêlent de cette activité déshonorante, juste pour s’enrichir. Nombreux sont d’honnêtes citoyens qui se plaignent de la complicité des chefs canton, chefs de village ou encore de quartier, avec des individus peu scrupuleux pour brader des terrains ne leur appartenant pas ou déjà vendus au nouveau venu. Le phénomène continue de faire des victimes, surtout que ces autorités se portent garantes dans la fraude, histoire de rassurer les acquéreurs de la bonne foi des vendeurs.

Parmi ces escroqueries entretenues par ces autorités morales, celle qui se passe actuellement à Bolou-Ativimé à Tsévié, dans la préfecture du Zio retient l’attention. Visiblement, l’enquête de moralité effectuée d’habitude sur un individu, avant de lui remettre l’attestation de reconnaissance en tant que chef canton ou de village, passe par pertes et profits. Sinon, on comprend difficilement qu’un chef canton puisse se porter garant pour un terrain qui lui-même sait d’avance n’appartenant pas à l’individu qu’il cautionne pour la vente. Togbui Amenakpoame Kossi Agbozo, chef canton de Bolou aurait pu indiquer à l’acquéreur d’un hectare sis à Bolou-Ativimé dans le Zio que ce terrain n’appartient pas à la famille Aziavi. Mais, selon nos informations qui s’avèrent d’ailleurs, il s’est allié avec Aziavi Kodjo pour brader le terrain à l’acquéreur à un million quatre cent mille francs (1.400.000 FCFA). Ce dernier se rend compte plus tard qu’il a été escroqué.

En effet, une semaine après l’effectivité de la vente, une autre personne informe l’acquéreur que le terrain qu’il a acheté appartient à la famille Kloutsè. Après investigation, l’acquéreur découvre le pot-aux-roses. Interpellé, le chef canton reconnait que le terrain n’appartient pas effectivement à son complice et promet à la victime de lui donner un autre terrain à un autre emplacement. Celle-ci s’y oppose et veut la restitution de son argent. « Je ne veux plus avoir de terrain dans leur village. Je veux seulement mon argent, rien d’autre. Je ne comprends pas qu’un chef canton puisse se rabaisser jusqu’à ce niveau dans cette affaire. Finalement, il n’a aucune personnalité, c’est bien dommage pour les populations de cette localité », a regretté l’acquéreur qui a ajouté : « Ceux qui devraient être les références, les modèles pour les jeunes et nos populations, se comportent comme des gens sans moralité ». Le chef canton, le vendeur Aziavi Kodjo et le géomètre ont donc pris l’engagement de rembourser l’argent dans un délai d’un mois. Un délai qui n’était pas d’ailleurs respecté, puisque Togbui Amenakpoame Kossi Agbozo, après avoir pris l’engagement, est devenu injoignable.

Convoqué par le préfet du Zio, Kodjo Kadévi Etsè, le chef canton n’a daigné répondre à la rencontre. Ce qui a mis le préfet dans tous ses états. L’affaire a été portée devant le Directeur chargé des affaires des chefs traditionnels au ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement du territoire. Le chef canton devrait se retrouver dans le bureau du Directeur le 5 juin dernier à 14 heures. Mais c’est finalement à 17 heures lorsque l’administration publique était sur le point de fermer ses portes, qu’il s’est pointé. Les autres convocations à lui adressées n’ont pas eu de suite.

Joint par la Rédaction, Togbui Amenakpoame Kossi Agbozo a reconnu que le terrain qui a été vendu à l’acquéreur n’appartient pas à Aziavi Kodjo. « Tout ce que vous dites est vrai. Mais Aziavi Kodjo me demande une attestation de prorpiété avant de verser l’argent à l’acquéreur », nous a-t-il indiqué au téléphone. En ce qui concerne son refus de répondre aux convocations, il n’a pas d’argument à faire valoir.

Face à ces subterfuges du chef canton de Bolou, Togbui Amenakpoame Kossi Agbozo, l’acquéreur n’a autre choix que de saisir le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement du territoire, Payadowa Boukpessi. On attend la suite qui sera donnée à cette affaire.

Selon les investigations dans le milieu (Bolou), Togbui Amenakpoame Kossi Agbozo était un géomètre avant d’être chef canton. Il ne serait pas à sa première fois dans la vente frauduleuse de terrain ou de complicité avec des individus peu recommandables dans les litiges fonciers. Et il n’est pas le seul dans cette corporation de chefs traditionnels à s’associer à ces genres d’escroquerie dans les localités où les chefs canton règnent en maîtres absolus.

Source : L’Alternative / Presse-alternative.info

Source : 27Avril.com