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Togo : les médias critiques en voie de disparition ?

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L’on se remettait à peine de la sanction injustement infligée au quotidien « Liberté » par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) que le monde médiatique togolais est de nouveau secoué par une série d’événements suscitant interrogations.

Le bihebdomadaire « L’Alternative » n’était pas dans les kiosques hier mardi 7 mars 2023. Chose curieuse, le journal n’a produit aucune note pour informer ses lecteurs. Alors que ces derniers s’interrogeaient, l’information est tombée comme un couperet. Le Directeur de publication, Ferdinand Ayité est porté disparu depuis le 5 mars 2023.

Selon ses proches, alors qu’il était convoqué dimanche 05 mars 2023, au Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale, pour les nécessités d’une enquête judiciaire, Ferdinand Ayité n’a plus donné de ses nouvelles. Sa famille et les populations sont inquiètes.

« Après avoir reçu une convocation du SCRIC à comparaître le dimanche 05 mars 2023 à 15h, Ferdinand Ayité reste introuvable après s’être sorti de la maison pour des courses aux environs de 9h », a alerté Isidore Kouwonou, Rédacteur en Chef du journal sur sa page Facebook.

Bien avant même la convocation au SCRIC, et Ferdinand Ayité, et feu Joël Egah, ex-Directeur de publication de l’hebdomadaire « Fraternité », et Isidore Kouwonou devraient comparaître aujourd’hui, 8 mars 2023, à la Chambre Correctionnelle du Tribunal de Première instance de Lomé dans l’affaire qui les oppose aux ministres Kodjo Adedze du Commerce et Pius Agbetomey, Garde des Sceaux.

Pour rappel, dans cette affaire, feu Joël Egah et Ferdinand Ayité avaient été détenus pendant un mois à la prison civile de Lomé avant de bénéficier d’une liberté provisoire à la veille de la fête du Nouvel An, le 31 décembre 2021.

Bien que Joël Egah soit décédé quelques semaines après leur libération, et que les deux autres aient présenté publiquement des excuses aux deux ministres, cela n’a pas empêché ces derniers de les poursuivre en justice.

En outre, l’affaire opposant le journal « Tampa Express » au Pdg de Togo Terminal est loin de connaître son épilogue. Qu’il nous en souvienne que ce journal avait été suspendu le 2 février 2023, au même titre que « Liberté », pour 3 mois de parution par la HAAC. En plus de cette suspension, le bimensuel devra encore faire face à une nouvelle plainte devant les tribunaux. Charles Kokouvi Gafan, patron de Togo Terminal, qui avait préalablement porté plainte à la HAAC, réclame cette fois 30 millions de dommages et intérêts.

À ces scénarios qui polluent le paysage médiatique en ce début d’année au Togo, vient s’ajouter une autre affaire concernant le journal « L’Indépendant Express ». En effet, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otteh Ayassor a cru devoir remettre sur le tapis une vieille affaire qui l’oppose au confrère Carlos Ketohou, Directeur de publication du journal « L’Indépendant Express », dont le récépissé a été retiré par la HACC en 2021.

Dans un courrier adressé au conseil du journaliste, le ministère public informe que lui et ses clients n’étant pas présents à l’audience du 4 janvier 2023, le tribunal a renvoyé la cause au 22 février 2023. « A cette date, nous n’entendons pas concéder un autre renvoi étant entendu que les articles publiés par vos clients qui ont justifié l’action du nôtre causent à ce dernier d’énorme préjudices au point qu’il urge que la justice se prononce sur leur véracité », peut-on lire dans le courrier.

Rappelons que cette plainte est en lien avec des articles publiés en 2015 par trois journaux, « Liberté », « L’Indépendant Express » et « Le Rendez-vous » sur une affaire de corruption portant sur la construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin. 26 milliards de FCFA destinés à la réfection de cette route avaient pris d’autres destinations.

A quoi rime donc ce harcèlement contre la presse critique au Togo ? Surtout à l’approche des élections régionales et législatives qui se tiendront courant cette année.

Kofi Yamgnane, leader de mouvement Sursaut Togo avait, en début d’année, qualifié 2023 de l’année de tous les dangers. Sommes-nous sur la voie ?

Avec Liberté

Source : Togoweb.net