Togo : La montée de l’escalade l’Israël et la Palestine risque de déteindre sur le « sommet Afrique-Israël » de Lomé

545

Fusillade, mosquée fermée, prière annulée, les tensions entre Juifs et Arabes se ravivent et font rage. Jérusalem, une vieille ville au cœur du conflit israélo-palestinien a été le théâtre il y a quelques jours, d’une attaque sanglante.

Togo : La montée de l’escalade l’Israël et la Palestine risque de déteindre sur le « sommet  Afrique-Israël » de Lomé

Vendredi dernier, trois Arabes israéliens ont tué par balles deux policiers israéliens. La réplique a été systématique. Les assaillants ont été abattus par les forces de l’ordre israéliennes sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’Islam, où ils s’étaient enfuis. Piqué au vif, le Premier ministre Israélien, Benjamin Netanyahu, après l’annulation des prières du vendredi, a décidé de la fermeture de ce site ultra-sensible situé à Jérusalem-Est. Cette décision de Tel-Aviv a provoqué un tollé général dans le monde musulman qui voit dans l’attitude sioniste « la pire agression depuis 1967 » contre ce site.

Non seulement, cette nouvelle escalade a des conséquences fâcheuses voire dangereuses pour Tel-Aviv en offensive diplomatique sur le continent africain, mais aussi et surtout, c’est le fameux sommet Afrique-Israël prévu se tenir en octobre prochain à Lomé qui en pâtit. Ce nouvel épisode de la crise israélo-palestinienne ne peut donc que renforcer les réticences de plusieurs pays d’Afrique, essentiellement musulmans et de leurs alliés du Golfe hostiles à l’implantation des colonies juives en territoires palestiniens et qui appellent au boycott de la rencontre de Lomé. Une écrasante majorité d’Etats, pour des raisons historiques, idéologiques et religieuses, n’ont aucune relation diplomatique avec Israël. Malgré la présence de Benjamin Netanyahu au récent sommet de la CEDEAO à Monrovia (Capitale du Libéria) pour ameuter autour de sommet de Lomé, et le retour à la normale des relations entre Dakar et Tel-Aviv, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains ne sont pas prêts à lui serrer la main.

Togo : La montée de l’escalade l’Israël et la Palestine risque de déteindre sur le « sommet  Afrique-Israël » de Lomé

Outre le Togo, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, la Guinée équatoriale, le Ghana ou la Zambie avec qui l’Etat hébreu entretient des relations privilégiées, le Niger, le Mali, la Mauritanie, mais aussi le Gabon et d’autres pays qui viendraient encore grossir la liste pourraient briller par leur absence pour ne pas se griller avec leurs partenaires arabes. Rabat, lui, ne cache pas son antipathie avec Tel-Aviv. Attendu au sommet de Monrovia, le Roi du Maroc s’était ravisé. Mohammed VI avait annulé son déplacement pour éviter tout « amalgame » ou toute « confusion » lié (e) à la présence embarrassante de Benjamin Netanyahu. Le Niger qui a, lui aussi, pris ses distances, avait manifesté ses gestes de bouderie en envoyant une délégation non présidentielle.

Nouvelle coqueluche en Afrique, le Maroc qui fait une forte expansion sur le continent, reste l’un des premiers investisseurs en Afrique de l’Ouest. Dans la sous-région, il constitue un partenaire privilégié. Les Marocains sont dans les domaines des banques, des transports et des télécommunications. Au Togo, ils sont détenteurs d’Orabank, de Moov Togo, d’Air Maroc et de pleins d’autres choses. Avec cette position influente, le Royaume chérifien pourrait éventuellement embarquer avec lui d’autres pays à boycotter le sommet Afrique-Israël de Lomé. « Plusieurs pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) viennent d’ailleurs de se plaindre auprès de l’UA et souhaitent des représailles envers le Togo, voire tout bonnement l’annulation de cet événement », croit savoir « La Lettre du Continent » dans sa livraison N°757 du 12 juillet 2017.

Plus le sommet Afrique-Israël approche, plus Lomé doit s’inquiéter. Alors que le ministre togolais des Affaires étrangère, de la Coopération et de l’Intégration, Robert Dussey, annonçait la présence au Togo d’une trentaine d’Etats dans le cadre de ce sommet, les anti-Israël, fous de rages, deviennent de plus en plus intransigeants et imperturbables dans leur position. Même si des sources annoncent la présence à Lomé de plusieurs agents des services secrets d’Israël dont le fameux Mossad, le pari de la réussite de ce rendez-vous n’est pas encore gagné pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu en offensive diplomatique et Faure Gnassingbé en quête de repositionnement sur l’échiquier international en s’accrochant à l’axe Tel-Aviv-Lomé.

Source : L’Alternative No.630 du 21 juillet 2017; vidéo : EuroNews

27Avril.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here