Togo : La crise à la SNPT s’enlise. Le personnel en grève du 15 au 29 novembre 2017

La Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) s’enfonce davantage dans la crise. Après une série de 72 heures de grève par semaine, les agents ont décidé de durcir le mouvement. Ils observent à partir du mercredi 15 novembre, une grève de deux semaines. Ce mouvement qui prendra fin le 29 novembre 2017, mais qui est reconductible, vise à obtenir de meilleures conditions de vie et de travail. Les travailleurs dénoncent également le non-respect des engagements pris par le Directeur général, Michel Kézié, au terme des négociations de septembre 2016 et qui devraient aboutir à une sortie de crise.

Togo : La crise à la SNPT s’enlise. Le personnel en grève du 15 au 29 novembre 2017

Depuis le 16 octobre 2017, les agents de la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) observent une série de grèves. Chaque semaine, ils consacrent au minimum trois jours aux revendications sociales. Cette reprise des mouvements de grève crée un blocage tant dans la mine de Hahotoé qu’à Kpémé où le produit est traité et livré aux acheteurs.

Preuve que la crise est profonde, des incidents graves ont été déjà enregistrés dans ce bras de fer ouvert par le refus de la SNPT d’honorer ses engagements vis-à-vis de son personnel. Le vendredi 03 novembre 2017, alors que le personnel observait la grève, d’autres ouvriers auraient été emmenés pour exécuter les travaux. « Comme ils ont vu que des bateaux sont en train d’arriver et qu’ils doivent les charger, ils ont tenté de recourir à des ouvriers venus d’ailleurs. Ils ont aussi tenté de corrompre certains camarades en leur promettant de fortes récompenses s’ils reprenaient leurs postes. Comme ils ont échoué, ils ont fait venir des forces de l’ordre qui ont été positionnées au niveau du wharf le samedi (le 4 novembre 2017, ndlr) pour essayer de charger les bateaux. Ils nous ont ensuite dispersés à coups de gaz lacrymogènes, mais ils n’ont pas pu charger les navires », a expliqué un ouvrier.

Avant cet incident, les responsables syndicaux avaient été invités par l’inspecteur du travail à Aného (Préfecture des Lacs). La rencontre avait porté sur les mouvements de grève et la nécessité pour les parties de négocier pour une sortie de crise. « L’inspecteur a appelé les syndicats et a estimé qu’il était important de suspendre la grève pour ouvrir des négociations. Dans un premier temps, nous avons refusé avant de revenir sur notre décision. Cette ouverture de notre part a permis à la SNPT de charger le premier bateau. Le second est à quai et son chargement sera achevé le mardi 14 novembre 2017 », poursuit notre source.

Cette brève rupture n’a pas mis fin aux revendications sociales puisque le mouvement va se durcir. Contre les grèves de 3 jours par semaine, les organisations syndicales ont décidé, à l’appel des agents, de porter le nombre de jours de débrayage à 15. « Nous sommes passés à deux semaines de grève. Le mouvement commencera le 15 novembre 2017 pour prendre fin le 29 du même mois. C’est ce que les camarades ont décidé. Ce lundi 13 novembre, nous avons rendez-vous avec la Direction devant l’Inspection du travail. Nous espérons qu’il en sortira de bonnes nouvelles. Sinon… », a indiqué un responsable syndical.

Si les agents affichent une telle détermination, c’est parce que le camp d’en face n’offrirait aucune garantie quant à l’issue des négociations puisque les conclusions de précédentes discussions ont été jetées aux oubliettes par l’employeur. L’autre fait qui indigne les travailleurs, mais les conforte dans leur détermination, c’est l’intransigeance de l’Israélien Raphy Edery. Ce pseudo-consultant de qui émaneraient toutes les décisions aurait fait comprendre qu’il ne comptait pas satisfaire les doléances des agents togolais. « Raphy Edery a dit qu’on peut faire la grève comme on veut, mais lui, il va gérer sa chose », a rapporté une source syndicale.

Selon les organisations syndicales, « le Directeur général de la SNPT, Michel Kézié et les Israéliens se sont engagés à payer, à la fin du mois d’octobre 2017, des primes de rendement et les gratifications. Mais comme d’habitude, ils ont décidé de ne pas honorer leurs engagements. Personne n’a vu ces primes sur son bulletin ».

Dans cette crise, les employés accusent leurs patrons de vouloir saborder la dynamique des revendications. « La Direction Générale est revenue avec une méthode qui lui a permis de diviser les travailleurs. Elle demande depuis quelques jours de procéder à l’élection de nouveaux délégués. C’est ce qu’ils ont fait il y a deux ans pour noyer nos revendications et nous sommes restés au même stade. Nous avons compris le jeu et nous ne sommes pas disposés à nous y soumettre », a assuré un agent.

En septembre 2016, employeurs et employés étaient parvenus à un accord dont les clauses n’ont pas été respectées par la Direction générale de la SNPT.

Géraud A.

Source : Liberté No.2556 du 13 novembre 2017

27Avril.com

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