Togo : Au RPT/UNIR On a Cessé Depuis d’Être des Humains…

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Togo : Au RPT/UNIR On a Cessé Depuis d’Être des Humains…

Les membres du RPT/UNIR sont-ils encore des humains, pourvus de sentiments et de bon sens, ou bien se sont-ils depuis mués en animaux, transformant notre pays en une jungle? Plus aucune de leur action ne s’apparente à celle des hommes que nous sommes, nantis de respect pour la vie d’autrui, de valeurs éthiques et morales, dotés d’une foi, de la pitié et de l’amour du prochain. Deux évènements dont l’un est toujours en cours au Togo et l’autre qui s’est déroulé le vendredi 14 décembre dernier dans le village de Kparatao à 8 kilomètres de Sokodé sur la route de Tchamba, sous-tendent cette réflexion. Le premier est l’utilisation de l’armée pour réprimer aveuglement les populations, et le second, passé presqu´inaperçu, mais loin d’être banal, est l’exhibition lors d’un meeting d’une soi-disant campagne des pseudo- législatives de deux frères mongols revêtus de T-shirt à l’effigie du RPT/UNIR. Une immoralité, une torture morale et psychologique infligée aux parents des deux handicapés aujourd’hui âgés de plus de 70 et 65 ans.

Il y a donc d’un côté cette propension à sortir l’armée clanique pour tirer à balles réelles sur les populations aux mains nues, pour tuer des concitoyens mineurs ou adultes, ou pour bastonner à mort des populations entières, que celles-ci soient dans la rue ou dans les maisons. Agoè- Zongo, Anié, Tchamba, Sokodé, Bafilo, Mango, Kpalimé …sont les théâtres vivants de cette expression de l’animalité de ceux qui tiennent à nous gouverner à tout prix. Dans ces localités, on pleure des morts en même temps qu’on continue de panser les plaies de centaines de blessés.

Les victimes que nous sommes et les médias locaux et étrangers parlent beaucoup des militaires lâchés tels des fauves à travers nos villes. Mais, nous nous posons très peu de questions sur le rôle du Ministre de la Défense, M. Faure Gnassingbé, qui comme par hasard est celui pour lequel on réprime à tout vent, afin d’émousser toute tentative de soulèvement pour réclamer l’alternance au sommet du pouvoir. Or, sans la paraphe, disons l’accord du Ministre de la Défense, bien que soutenant de facon inconditionnelle ce Prince-Héritier devenu Roi Gnassingbé II, la hiérarchie militaire ne se permettrait pas de sortir nos forces de défense alors que le territoire ne fait face à aucune attaque extérieure. Si le Prince et ses inconditionnels ne planifiaient pas des crimes comme ceux qui ébranlent notre pays depuis quelques temps, ils ne sortiraient ni les hommes , ni cette artillerie lourde qu’on observe dans les agglomérations urbaines et rurales. Ce qui offre des images de scènes de guerre dans un pays, le Togo où le mot PAIX se décline sous toutes les formes. Le Chef d’État Major de l’armée togolaise le Général Katanga Félix, retrouvé en train „ de vérifier son dispositif de maintien d’ordre“ en même temps qu’une balle provenant, dit-on de son arme abattait le petit Mouftiou, – le gosse de 12 ans- est aussi un chantre de la paix, même si la sienne s’écrit PAIY…-un mot de quatre mots , avait-il fait remarquer-.

En même temps que nous condamnons la barbarie des hommes en treillis sur nos paisibles parents, fustigeons l’envoi de l’armée dans les rues, dans les villages avec pour mission, de terroriser les populations, incriminons le Ministre de la Défense.

Au Togo, pour torturer les populations acquises au changement, les rôles sont bien partagés. les militaires, envoyés par le Ministre de la Défense tuent ou bastonnent les plus chanceux. Pendant ce temps, les civils cadres UNIR, eux humilient, torturent psychologiquement. L’exemple nous arrive du village de Kparatao, dans Tchaoudjo, une préfecture martyrisée, traumatisée et dont le seul tort est d’être la terre natale de Tchikpi Atchadam, celui qui a sonné le réveil du peuple Togolais après plus de 25 ans d’ankylose. La scène s’est déroulée vendredi 14 décembre dernier. Réunis sur la place publique en face du vestibule royal du village, la délégation des candidats„ du parti des malheurs „ le RPT/UNIR, comme le disait un autre fils de la préfecture, feu Djobo Boukari. Conduite par l’ex- ministre Foli Bazi, affublé du titre de Coordinateur Préfectoral de la „campagne“, chef d’orchestre de cette mascarade de campagne pour une mascarade de législatives sans véritables adversaires, les caciques du régime et du parti „bleu“ , prirent place dans un apatam dressé pour la circonstance. Un cercle de curieux se forma. Au centre de celui-ci, le concepteur du spectacle prit soin de placer deux personnes sur lesquelles se sont acharnés et la nature et le temps. La nature les a fait naître singuliers, handicapés. Le temps lui, les a fait vieillir. Vieillir confère du respect dans la culture Tem. Hélas, UNIR n’en a que faire de leur âge. De tout temps, ces deux handicapés ont été à la fois la curiosité et la spécificité du village. Qui a déjà visité Kparatao, ce village aux multiples légendes, sans voir les « Boyi », comme on les surnomme à cause de la petitesse de leurs têtes? Ce sont donc ces Boyi dont la venue au monde a sûrement été une profonde blessure pour les parents et les proches, deux personnes aux facultés mentales et intellectuelles quasiment déficientes que les barrons du RPT/UNIR ont eu la „merveilleuse „ idée d’exposer, infligeant ainsi des souffrances aux proches et nous amenant à nous interroger sur l’humanité de ces hommes qui ont pris en otage le leadership de notre pays.

Au RPT/ UNIR, quelle lecture fait-on des diverses campagnes pour le respect et l’intégration des personnes avec handicap dans la société? M. Foli Bazi bombardé Coordinateur Préfectoral de la „ Campagne“ de UNIR et son cortège de futurs „députés“ UNIR et de militants importés d’ailleurs ne nous diront pas qu’ils ne connaissent pas le poids des railleries et de la discrimination que les handicapés subissent dans notre société. Ils ne nous diront pas qu’ils ne savent pas qu’avoir un handicapé dans une famille est une énorme source de souffrance. Alors pourquoi exposer les deux pauvres infortunés? Sans doute pour attirer plus de curieux afin que le public soit nombreux? Que gagne UNIR en exhibant deux individus qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive? Ce manque de respect démontre à suffisance le côté animal de nos leaders du parti au pouvoir qui ont perdu toute raison et tout bon sens. Voilà pourquoi tuer des enfants ou embraser le pays ne leur dit plus rien. Comprenons que nous avons cessé depuis de vivre sur la même planète. Nous n’avons plus en commun, les même valeurs de référence.

Pour conserver le pouvoir, les membres du RPT/UNIR se sont depuis mués en animaux. Ils sont devenus des lions prêts à dévorer tout être qui se mettrait en travers de leur route pour la conservation du trône. À nous de le comprendre enfin.

Bassirou Ayéva
Brême, Allemagne

27Avril.com