Togo, 3e jour des Manifs : 4e jour de Répression Sauvage. Et un doigt d’honneur de Faure Gnassingbé aux «durs» de la CEDEAO ?!

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Il est difficile de se défaire des habitudes. Bonnes ou mauvaises. Surtout celles qui sont innées et génétiquement imprimées en nous. Faure Gnassingbé, qui a hérité les gênes de la violence de son sinistre père le sadique Tchadien Etienne Eyadema, nous en fait encore la démonstration depuis 4 jours. Tant à Lomé qu’à l’intérieur du pays.

En fait, non. Faure Gnassingbé, convaincu que le Togo et ses habitants lui appartiennent, laisse tomber son masque. Carrément. Sous les yeux du monde, il brime, blesse et tue les Togolais dans une sauvagerie renforcée depuis le 19 août 2017, ce jour fatidique où le peuple togolais, sous l’impulsion de Tikpi Atchadam, s’est levé pour demander une fois encore un changement en profondeur au Togo. Bilan depuis cette date, plus de 100 morts et des milliers de blessés. Et ça continue.

La population togolaise, appelée par les leaders de la Coalition de 14 à manifester pendant 3 jours, les 11, 12 et 14 avril 2018 pour dénoncer le dilatoire du régime et contraindre la bande de Faure à revenir à la table des négociations, est l’objet d’une répression effroyable de la part de la soldatesque de Faure Gnassingbé. Le mépris, non, la haine de ce dernier contre la population civile togolaise, surtout celle musulmane et principalement celle originaire de Sokodé, Bafilo, Kparatao et environs, a atteint son paroxysme.

Depuis le mercredi 11 avril donc, sous un fallacieux prétexte d’un d’un soi-disant règlement intérieur du dialogue intertogolais signé en février entre la Coalition des 14 et son régime hypocrite qui proscrirait des manifestations de l’opposition pendant ledit dialogue, Faure Gnassingbé et sa bande d’usurpateurs se versent une fois de plus dans des atrocités. Ni les nouveaux-nés, ni les personnes âgées, ni les femmes – nos mères, soeurs, filles, nièces, tantes, n’y échappent. Kpalimé, Lomé, Sokodé, Bafilo, Mango, Tchamba, Badou, Djarkpanga, toutes ces villes gouttent la brutalité légendaire de ces gangs de rue en tenue militaire pompeusement dénommés «forces de sécurité de défense» du Togo.

Dans le quartier Zongo à Kpalimé, un quartier à majorité musulmane, les «tonton macoutes» de Faure appliquent  la « méthode Sokodé-Bafilo-Mango »  : Bastonner tout ce qui bouge, Violer les maisons, Violenter tous ceux qui s’y trouvent, Casser ce qui peut l’être, Emporter des butins s’il y a en. Arrêter ceux qui sont encore debout. Poser ces actes en toute impunité. Nuit et Jour. Sans répits. Objectif: Casser le mouvement de contestation contre le régime assassin Gnassingbé/RPT-UNIR.

Et ce 14 avril ne fait pas exception à la répression. Alors que des chefs d’État des pays de la CEDEAO sont à Lomé pour une réunion extraordinaire sur la Guinée-Bissau, Faure Gnassingbé leur fait un gros doigt d’honneur en intensifiant la violence contre son peuple, une violence qui vient de faire au moins un mort à Sokodé, l’une des « trois villes soeurs » qui souffrent le marthyr depuis août 2017. Le mort enregistré est un jeune homme du nom de Abdouraim Adam, conducteur de taxi moto. Il a été arrêté, bastonné et torturé par les militaires qui l’aurait obligé à boire l’eau sale d’une rivière. Ce jeune togolais, secrétaire d’une sous-section de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a succombé à ses blessures à l’hôpital Alédjo au Bénin, ce samedi.

A Lomé, c’est surtout les leaders de la Coalition des 14 qui sont le plus visés. Certains ont échappé à des tentatives d’assassinat en plein jour le 11 avril. D’autres ont été sciemment gazés au lacrymogène. Ce samedi 14 avril, ces leaders de la C14 se retrouvent « séquestrés » au siège de la CDPA à Lomé où ils sont réunis avant le début des manifestations prévues.

En effet avant même l’arrivée des leaders de la C14, la soldatesque lourdement armée a bouclé les alentours de siège de la CDPA. A l’arrivée du chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre sur les lieux de la réunion, ces militaires et gendarmes-policiers s’assurant que la plupart des leaders sont présents ont commencé les hostilités en lançant sans sommation des grenades lacrymogène sur les jeunes sympathisants présents nombreux devant le siège de la CDPA. Ensuite, armes, matraque et cordelettes en main la soldatesque pourchassent les jeunes.

Et, comme d’habitude et/ou par intention, la plupart des tirs de grenades lacrymogène ratent leur cible (le siège de la CDPA) et atterrissent dans des maisons voisines. Les occupants étouffés et en détresse crient au secours. En vain.

Entre temps des jeunes courageux, repliés dans un premier temps, ont érigé des barricades aux carrefours avoisinants avant d’être dispersés de nouveau au gaz par les militaires et la bande de gendarmes-policiers. Cette soldatesque de Faure Gnassingbé est encore présente dans les environs du siège de la CDPA où sont retranchés les leaders de la coalition, pris carrément en otage par ces militaires.

Et à quelques 2 kilomètres du ce siège, Faure Gnassingbé bande ses petits muscles flasques devant ses pairs de la CEDEAO comme pour leur dire ceci : « Vous passez votre temps à menacer de me dégommer du pouvoir par la force s’il le faut parce que j’étouffe mon peuple. Et bien, mes amis, je violente à ce moment même mon peuple sous vos yeux. Il y a des blessés. Et il y a mort d’homme. Je séquestre ces soi-disant leaders de l’opposition à quelques rues d’ici. Je mets l’intérieur du pays à feu et à sang. Qu’est ce que vous allez faire maintenant? Hein? Surtout toi le vieux Buhari ! Montres-moi si tu es garçon! »

A Tchamba, Les camions de militaires, les voitures et motos de policiers font la ronde dans la ville de Tchamba depuis 5h du matin. La chasse à l’homme se poursuit également. Prévues pour partir du siège du Parti national panafricain à côté de l’école centrale de la ville, les manifestations n’ont pas eu lieu à cause de la sauvagerie militaire perpétrée tôt ce matin où tous les regroupements ont été systématiquement réprimés et les populations poursuivies jusque dans leurs maisons. Les stratégies mises au point pour déjouer les répressions ont été « vendues » par des infiltrés du RPT/UNIR. Retranchés près de l’entrepôt, les jeunes ont été pris à partie par les gendarmes et les bérets rouges. La ville s’est vidée de ses jeunes et les rondes des jeeps et des patrouilles de gendarmes se poursuivent. Beaucoup d’habitants craignent les enlèvements durant la nuit et se sont donnés pour consignes de quitter Tchamba pour les champs ou les villages environnants.

La crise sociopolitique qui secoue le Togo depuis le 19 août 2017 n’est pas prête de finir surtout avec la mauvaise foi flagrante et le dilatoire du régime répressif de Faure Gnassingbé qui ne se sent plus trop menacé tant aussi longtemps que l’armée togolaise nourrie, habillée, chaussée, hébergée et armée avec l’argent durement gagné du contribuable togolais est au rendez-vous pour faire le sale boulot pour lui. Le fameux dialogue démarré en févier 2018 était simplement un moyen pour Faure d’avoir un peu de répits et de se reprendre sans être constamment sous les feux des projecteurs avec des manifestations de rue qui lui font mal et sapent l’économie.

Le plus important maintenant est de savoir jusqu’à quand cette fameuse CEDEAO et le facilitateur Ghanéen se tairont devant les abus répétés et le dilatoire de Faure Gnassingbé et surtout comment l’opposition elle-même pense revoir sa stratégie pour re-énergiser la lutte.

Tout compte fait, le peuple Togolais le sait très bien. Il ne peut compter que sur lui-même pour faire cesser les brimades qu’il encaisse depuis 51 ans jour pour jour de la part de cette famille de malédiction des Gnassingbé.

On se regroupe. Et on reprend. Plus ardemment. Plus stratégiquement. Et On y arrivera.

Source : 27avril.com + La Gazette du Togo + Anani Sossou; Vidéo : iVT iVisages

27Avril.com

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