Refus des préalables de l’opposition par le régime : Yark Damehame annonce les couleurs

La semaine dernière à Paris, les leaders de la coalition des 14 partis politiques ont rencontré le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, Président en exercice de l’Union Africaine (UA). Ils ont, sans ambages, posé un certain nombre de préalables avant le démarrage officiel du dialogue inter-togolais en vue.

Entre autres exigences, la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations ; les imams de Sokodé et Bafilo ; les responsables d’organisation de la société civile, notamment Nubueké ; dans le cadre des affaires des incendies des marchés, la levée de l’état de siège de fait et de l’interdiction de manifester dans les villes de Mango, Bafilo et Sokodé, le retour de l’armée dans les casernes, la libre circulation des responsables et des militants de l’opposition sur l’ensemble du territoire national, la sécurité des responsables de l’opposition.

En conférence de presse mercredi soir où il estimait le nombre des manifestants (dans les rues de Lomé hier) à 4000 voire 5000 personnes, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Yark Damehame, s’est prononcé sur les exigences de la coalition des 14, censées déboucher sur le fameux dialogue inter-togolais en perspective.

« Je ne suis pas politicien, mais que les gens oublient ces histoires de préalables. Ils disent, si on ne fait pas ça, on ne va pas discuter. Le dialogue, c’est un rendez-vous de donner et de recevoir. Mais, quand on dit nous : c’est ça ou rien, alors là c’est grave. Ce n’est pas responsable. Ils disent, si on ne fait pas ça, nous, nous n’allons pas négocier. Bon, on va tous camper sur nos positions et on va voir si c’est une bonne chose », a lancé le ministre.

Et de poursuivre : « J’ai lu quelque part qu’on demande la libération des détenus dans l’affaire des incendies des deux marchés. J’ai peur pour certains. (…) Vous croyez qu’on peut détenir quelqu’un pendant 3 ans sans qu’il y ait des éléments de preuve ? Ils ont des avocats qui ont connaissance de leurs dossiers. Ce n’est pas la peine de sortir et tromper le peuple que ces détenus n’ont rien fait. Nous avons eu le même cas dans l’affaire Kpatcha. Les gens ont crié que c’est un règlement de compte. Mais au jugement, les gens étaient ébahis. Le jour où on va juger ceux qui sont détenus dans l’affaire des incendies des marchés, j’ai peur que certains prennent leur place toute suite après le jugement ».

En analysant ces déclarations du ministre, tout porte à croire qu’il y a toujours de l’électricité dans l’air. Le gouvernement togolais ne compte pas se plier à toutes les exigences de la coalition ; ce qui rendra difficile la tenue du dialogue censé résoudre l’équation togolaise.

En tout cas, c’est le wait end see.

KG.

Source : www.icilome.com

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