Profanation des mosquées : Yark en étau entre sa religion et la politique

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Profanation des mosquées : Yark en étau entre sa religion et la politique


Les Togolais assistent, impuissants ces derniers jours dans la banlieue nord de Lomé, à des actes de profanation des Mosquées. Déjà quatre (4) mosquées vandalisées avec des exemplaires de coran et accessoires brûlés. Le dernier épisode de ce feuilleton macabre s’est déroulé dans la nuit du 14 au 15 août 2018. Au regard de la facilité apparente avec laquelle opèrent ces individus mal intentionnés, des questionnements surgissent dans l’opinion quant à la réelle efficacité des services de renseignements togolais.

Ils ont encore frappé

La zone ciblée par les auteurs jusque-là inconnus de ces actes criminels reste la préfecture d’Agoè-Nyivé. Transformé en terrain conquis et fertile, ces criminels des lieux consacrés y ont saccagés et brûlés le livre saint et sacré au travers de laquelle Allah communique à «ses enfants». Il s’agit notamment des mosquées de Houkoui, Demakpoè, Agoè Centre et Agoè Sogbossito.

Aussi bien au sommet de l’Etat qu’au sein de la population, la stupéfaction est grande au point de susciter, il y a quelques jours, une solidarité agissante de la communauté chrétienne du Togo. Mais visiblement, le mal semble avoir la peau dure, de même que les auteurs de ces actes repréhensibles. Malgré les menaces du gouvernement togolais qui promet mener une enquête sur cette série de profanation de mosquées qu’il qualifie, à juste titre d’ « actes criminels », et face à la recrudescence de ces actes, plusieurs sont les analystes qui poussent loin leur curiosité et remettent en doute, l’efficacité des services de renseignement togolais, pourtant souvent qualifiés de très réputés.

Les services de renseignement impuissants ?

Si les hommes qui animent ce service, très discret et stratégique du pays, sont parvenus, à plusieurs reprises dans leur mission, à débusquer en temps record, des fauteurs de troubles et surtout, de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, l’on comprend alors mal ce qui pourrait expliquer leur nonchalance, voire inefficacité face à ce drame qui se répète et glisse dangereusement le pays sur une piste dont on a le moins besoin aujourd’hui.

D’où justement des langues plus critiques qui y voient derrière, une machination politique en vue de pourrir la situation pour, ensuite, détourner l’attention de la population et de la communauté internationale sur la crise actuelle de l’alternance au Togo . Car, vu l’empressement avec lequel les enquêtes d’ordre politique et de l’incendie des marchés ont abouti, l’on se demande par quelle alchimie ces individus à la réaction animale, selon le Gal Damehame Yark, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, arrivent- ils, à opérer sans être inquiétés. Qui plus est dans une banlieue très ambiante de la capitale et à forte domination musulmane, cela sent du roussi.

… Au risque de songer à des pistes de complicité politique ?

Si tant est que les services de renseignement togolais restent toujours ceux qu’on vente aux togolais, en termes de rigueur et d’efficacité, il n’y a point de raison que ces individus courent toujours les rues sans être mis aux arrêts, afin qu’ils répondent de leurs actes, dans la stricte rigueur de la loi. Autrement, c’est donner raison à des langues qui, loin d’être des actes de banditisme, pensent plutôt à des actes bien prémédités aux contours et stratégies bien définis et dont les auteurs, en mission bien déterminée, bénéficieraient de la protection, même au sommet de l’Etat.

Cyrille PESSEWU

Source : www.icilome.com

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