Père Chanel Affognon : « Ce n’est pas un délit de s’engager dans la politique »

0
433


Le chrétien a-t-il le droit de faire de la politique ? La question a été au cœur d’une conférence-débat ce jeudi lors du premier jour des activités inscrites dans le cadre des 13 ans du Conseil Episcopal Justice et Paix (CEJP) de l’archidiocèse de Lomé. « Place et rôle du chrétien dans la situation sociopolitique dans notre pays le Togo » était le thème de ce débat riche en partages.

Le chrétien est d’abord un citoyen qui a à cœur les affaires de la cité. Et donc, son rôle est d’œuvrer à la consolidation de la paix, à la transformation sociale et au développement de son pays. « Le discipline du Christ doit nécessairement s’engager au nom de sa foi pour la transformation de sa société, et c’est en cela qu’il est témoin, c’est en cela qu’il est vraiment évangélisateur. Parce que la mission du disciple du Christ, c’est d’œuvrer pour que l’homme soit debout », a d’abord indiqué le conférencier, Révérend Père Pierre Chanel Affognon.

C’est pourquoi, selon le Révérend Père, l’Eglise Catholique, à travers son enseignement (depuis les Évangiles en passant par les lettres pastorales, les encycliques et la doctrine sociale de l’Eglise), appelle le chrétien à s’engager au nom du bien commun qui est la source du développement et de l’épanouissement des hommes dans une société donnée.

Et justement la mission de ces pasteurs, c’est d’éclairer les fidèles chrétiens, c’est de leur inculquer l’enseignement de l’Eglise pour ce qui concerne la politique. « Les Fidèles, eux, ont le droit de s’engager dans les partis politiques de leur choix, s’engager dans la société civile et travailler pour qu’ensemble avec les autres composantes de la société, la société togolaise puisse connaître ce renouveau tant espéré, cette paix sociale tant recherchée et aussi tout ce qui est réformes dont les Evêques ont parlé, que ce soient des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et tout ce désir d’alternance qui voudrait dire simplement que le Togolais aimeraient trouver solution à ses problèmes élémentaires ou fondamentaux », a insisté le prélat.

L’engagement du chrétien dans la vie politique du pays ne doit pas être perçu comme un délit. « Il est temps que les chrétiens comprennent que ce n’est pas un péché, ce n’est pas un délit que de s’engager en politique, de s’engager pour la transformation sociale de notre pays. C’est d’ailleurs leur mission, et ils doivent jouer vraiment leur rôle et être à leur place », a-t-il ajouté.

Une intervention qui devrait éclairer ceux qui pensent que le chrétien doit rester à l’écart de la situation sociopolitique actuelle du Togo et se contenter de prier. Plusieurs fois, les Evêques du Togo ont essuyé de vives critiques pour avoir pris position et demander la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales pour le retour d’une paix durable au Togo.

Les conférences-débats, dans le cadre des activités marquant les 13 ans du Conseil Episcopale Justice et Paix, continuent aujourd’hui et demain samedi.

I.K

Source : www.icilome.com