MUTAA : Une lettre ouverte à de Faure Gnassingbé

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MUTAA : Une lettre ouverte à de Faure Gnassingbé

Le Secrétaire permanent de l’Observatoire ouest africain des migrations a saisi le chef de l’Etat togolais, désigné en 2018 par ses pairs comme ‘’Champion’’ de l’Union africaine pour le Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA). Dans ce courrier, Samir Abi, Secrétaire permanent de l’Observatoire ouest africain des migrations, souligne l’« engagement » de Faure Gnassingbé « pour la réussite de ce projet qui changera incontestablement l’avenir du continent africain ». Dans la même lettre, il souligne qu’un bon nombre de togolais n’arrive pas au Gabon « à exercer leurs activités professionnelles malgré l’existence d’un accord bilatéral signé entre les deux pays à cet effet le 21 mars 1975 ». Il est donc important, écrit-il, que cet accord soit réactualisé. Lire l’intégralité du courrier !

Lettre ouverte à son excellence le président Faure Essozimna Gnassingbé, champion de l’union africaine pour la MUTAA

Objet : Du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA) et de la Commission Mixte Togo – Gabon

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous venons, par la présente, vous réitérer nos sincères félicitations pour les avancées enregistrées sur le dossier du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA) depuis votre désignation en 2018 par vos pairs comme ‘’Champion’’ en la matière. Votre récent voyage au Gabon prouve encore une fois votre engagement pour la réussite de ce projet qui changera incontestablement l’avenir du continent africain. Sous votre leadership, nous ne doutons pas de voir les 26 pays africains encore réticents à rejoindre ce marché aérien, le faire dans les prochains mois. Après le lancement de la Zone de Libre Echange Continentale à Niamey il y a quelques semaines, le Marché Unique du Transport Aérien en Afrique apparait comme l’un des secteurs clés dont dépendra l’opérationnalisation du libre-échange sur le continent à partir de juillet 2020. Cependant, la société civile africaine tient à exprimer sa vive préoccupation par rapport à la lenteur constatée dans l’avancement de la ratification du protocole de l’Union Africaine sur la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement.

Il est admis par tous que la réalisation effective du MUTAA passe par l’amélioration de la libre circulation des Africains sur leur continent. Or il reste toujours difficile aux Africains de voyager sur leur continent sans se voir imposer de multiples contraintes en matière de demande de visa. Au vue de votre implication pour la création du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique, il nous semble judicieux de solliciter vos bons offices pour plaider, auprès de vos pairs, la nécessité de la ratification dudit protocole. A l’image du Rwanda, nous sommes convaincus que la ratification par le Togo du Protocole de l’UA sur la libre circulation en Afrique sera un signe fort à l’endroit de tout le continent.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Lors de votre récent séjour au Gabon, vous avez bien voulu aborder la question de la Commission Mixte entre le Togo et le Gabon. Qu’il nous soit d’abord permis de saluer la qualité des relations d’amitiés entre l’exécutif togolais et gabonais qui donne une orientation de ce qui est attendu des populations sœurs du Gabon et du Togo. En reconnaissant l’importance du travail entamé entre la CEDEAO et la CEEAC, lors de votre mandat à la Présidence de la CEDEAO en 2018, nous nous permettons de soulever quelques préoccupations qui nous font croire à la nécessité d’une réunion spécifique de la Grande Commission Mixte Togo – Gabon.

Le Gabon est l’un des plus grand pays d’accueil des travailleurs migrants togolais sur le continent. Les envois de fonds des Togolais vivant au Gabon occupent une place importante chaque année dans les statistiques relatives à ce sujet. Ces dernières années, de nombreux Togolais ont eu du mal à exercer leurs activités professionnelles au Gabon malgré l’existence d’un accord bilatéral signé entre les deux pays à cet effet le 21 mars 1975. La réactualisation de cet accord nécessite, à nos yeux, un renforcement de l’action concertée entre la diplomatie togolaise et la diplomatie gabonaise dans le cadre de la Grande Commission Mixte Togo – Gabon.

Un autre point qui nous amène à venir humblement solliciter la réunion de cette commission est la question de la mobilité des personnes entre le Togo et le Gabon. Contrairement aux Gabonais qui peuvent avoir leur visa à l’arrivée au Togo, il reste toujours difficile aux Togolais de voyager par voie légale au Gabon. Les conditions d’obtention de visa et les frais qui y sont liés obligent bien des citoyens togolais à opter pour les voies dangereuses afin de se rendre chez leurs parents, frères, sœurs et amis gabonais.

Nous sommes convaincus que vos bonnes relations avec le Chef de l’Etat gabonais offrent une lueur d’espoir pour régler définitivement ces problèmes qui entachent la symbiose entre les peuples gabonais et togolais. Un renforcement des liens entre les deux peuples marquera un grand pas pour l’intégration entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale comme pour une intégration africaine réussie.

En vous remerciant pour l’intérêt que vous voudriez bien porter à cette lettre, et en vous réitérant nos vœux de succès dans votre difficile mission de mise sur pied du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de nos plus respectueuses salutations.

Samir ABI

Secrétaire Permanent

Observatoire Ouest Africain des Migrations

Source : www.icilome.com

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