Municipales 2019 : Le risque record de vote annulé

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Municipales 2019 : Le risque record de vote annulé

A quatre (04) jours de la tenue des élections municipales, la probabilité d’un pourcentage élevé de vote annulé est réelle du fait du retard pris dans la conception et la distribution aux candidats des spécimens du bulletin de vote. Les candidatures indépendantes risquent d’être plus défavorisées.

S’il existe jusqu’ici un grand risque pris par les candidats aux élections municipales, c’est bien le fait d’avoir accepté entrer en campagne électorale sans les spécimens du bulletin de vote produits par la CENI. Cette situation risque de se retourner malheureusement contre eux après la proclamation des résultats.

En effet, c’est après plus d’une semaine de campagne électorale que la CENI a pu mettre les spécimens du bulletin de vote à la disposition des candidats en lice pour ces élections. Une réalité dénoncée par certains medias avant l’ouverture des campagnes électorales. On se rappelle qu’interroger sur le sujet sur une radio de la place, Payadowa Boukpessi, le ministre de l’administration territoriale avait laissé entendre que les spécimens seront prêts avant la fin de la campagne. C’est exactement que ce qui s’est passé.

Mais, là où tous les candidats ont surpris plus d’un, est le fait d’avoir accepté cette situation en feignant oublier les risques encourus. Car, partout sur l’univers terre, lors des compétitions électorales, la conquête de l’électorat se fait sur présentation du spécimen du bulletin de vote, les couleurs et l’emblème du candidat. Pis, dans le cas togolais avec l’usage d’un bulletin unique ou tous les logos de tous les candidats y figurent, il est inconcevable que des gens battent campagne sans le spécimen du bulletin à montrer aux électeurs. Curieusement, aucun des candidats n’a levé son petit doigt pour manifester sa désapprobation après les propos du ministre de l’administration territoriale.

Si cette situation ne pénalise pas trop les candidats issus des partis politiques puisqu’ils sont souvent présents sur le terrain, les couleurs et logos très connus du public, ce n’est pas le cas des candidats indépendants qui doivent plus se battre pour une grande visibilité. Ils ont besoin d’être plus connus, leur couleur, logo ou emblème aussi. C’est donc clair qu’ils partent à ces élections avec des béquilles, même si certains profiteront de la dernière semaine de campagne pour remettre l’ouvrage sur le métier.

Le second problème auquel feront face les candidats, qu’ils soient politiques ou indépendants, est la probabilité d’un pourcentage élevé de vote annulé du fait des dispositions des logos sur le bulletin de vote. « Nous venons de prendre connaissance de certains spécimens du bulletin de vote produits par la CENI. Nous constatons que la forme de présentation du bulletin de vote présente un fort risque de bulletins nuls à l’issue du scrutin dans les communes où il y a plus de 6 listes de candidats. Nous invitons donc les candidats en lice à bien sensibiliser les citoyens à la base sur la façon de plier le bulletin dans l’isoloir avant le dépôt dans l’urne afin d’éviter l’invalidation de leur choix, » a déclaré Pascal Edoh Agbové, consultant en entrepreneuriat et politique de développement et Directeur de l’ONG-IJD, Initiatives des Jeunes pour le Développement. Il n’a pas manqué d’interpeller la CENI sur ce grand risque de vote annulé (invalidation de plusieurs bulletins votés à l’issue du scrutin), ceci à cause de la forme de présentation du bulletin de vote.

Mais, vu la proximité de l’évènement, encore que ces spécimens ont déjà été distribués aux candidats et montrés sur le terrain, la probabilité de changement de bulletin de vote pour une meilleure présentation est nulle. Il revient aux candidats de faire le reste du boulot sur le terrain en montrant aux lecteurs la meilleure façon de plier les bulletins de vote dans l’isoloir.

Le vin est donc tiré, il ne reste qu’à le boire.

Sylvestre BENI

Source : www.icilome.com