Multiplication des carrières sauvages/Espoir Koudjodji: « Nous dénonçons cette complicité des autorités qui perçoivent des taxes auprès des exploitants véreux »

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Les responsables du mouvement Nouveau Citoyen (mNC) ne lâchent pas l’affaire. Ils comptent poursuivre leur lutte contre la création anarchique des carrières sauvages d’extraction de sable au Togo. Malgré l’alerte donnée lors de la conférence de presse des 8 OSC le 6 juin dernier, les lignes n’ont pas bougé. La situation reste telle qu’elle est. Les exploitants indélicats, en complicité avec certaines autorités en charge des Mines et de l’Environnement, continuent de s’en mettre plein les poches aux grands désarrois des populations. Le mNC hausse le ton et demande, sans autre forme de procès, la fermeture immédiate de ces carrières sauvages.

Dans une interview accordée à la Rédaction, le président du mouvement Nouveau Citoyen, Espoir Koudjodji, a dressé un tableau sombre de la situation désastreuse qui prévaut actuellement à Kégué, Togblékopé, Adétikopé, Zanguéra, Nimanya, Dévikinmé, Alogavi.

Dans la zone côtière Est, notamment sur les sites sauvages de Nimagna, Dévikinmé et Alogavi dans la préfecture des Lacs, c’est le comble total. Des exploitants contrevenants continuent de creuser illégalement et en toute quiétude de grosses fosses à travers lesquelles, ils extraient et commercialisent du sable.

« C’est comme si nos cris d’alerte ne portent pas. Après notre conférence presse conjointe, laquelle conférence a été assortie d’une déclaration que nous avons envoyée aux autorités compétentes, nous sommes retournés sur le terrain pour constater l’évolution de la situation. Mais tenez-vous que le désastre continue. La situation est restée catastrophique. Les carrières que nous dénonçons, surtout celles qui ont fait l’objet de nos enquêtes, notamment les carrières de Nimagna, Dévikinmé, Alogavi et même de Kégué, continuent de fonctionner allègrement au vu et au su de tout le monde », déplore Espoir Koudjodji.

La situation s’aggrave de plus en plus. Les grosses fosses creusées au beau milieu des constructions, en ces saisons pluvieuses, deviennent des lacs artificiels remplis de moustiques. Ces trous béants parfois remblayés par des ordures ménagères (après extraction de sable) sont également des repères pour des reptiles de tout genre. « Les risques sanitaires sont très élevés dans ces zones. Et on a déjà déploré des morts d’hommes à Nimagna », renseigne le président du mouvement Nouveau Citoyen.

Depuis la conférence de presse du 6 juin 2017, la situation semble préoccupée la direction générale des mines et de la géologie. Et des tournées de sensibilisation sur ces sites de carrières illégales ont été menées. Mais, c’est toujours le statu quo. Les carrières sauvages tournent en plein régime.

Le hic, c’est que certaines autorités véreuses en charge des mines et de l’environnement, celles-là même qui sont censées stopper l’hémorragie, encouragent plutôt le phénomène en percevant des pots de vin, en guise de taxes minières, auprès des exploitants illégaux.

« Selon nos enquêtes, les mêmes autorités qui nous disent qu’elles sont très préoccupées par la multiplication de ces carrières anarchiques perçoivent des taxes minières auprès des promoteurs de ces carrières sauvages. On ne peut pas comprendre que les autorités nous disent qu’elles sont préoccupées par ce drame environnemental que peut engendrer ce phénomène de création anarchique de carrières sauvages et au même moment, elles perçoivent des taxes auprès de ces contrevenants. Nous disons que c’est plutôt une manière d’encourager la création anarchique des carrières. Et nous estimons que le gouvernement doit prendre la mesure de la situation en fermant purement et simplement ces carrières sauvages », renchérit Espoir Koudjodji.

Lundi 3 juillet 2017, les responsables du mouvement Nouveau Citoyen tiendront une troisième réunion avec le ministère des Mines, les responsables de l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE) et les responsables de carrières sauvages.

« Nous pensons qu’au cours de cette réunion, le mot d’ordre des autorités compétentes sera la fermeture pure et simple de ces carrières. Surtout les 3 qui se situent dans la zone côtière. Nous sommes en droit d’espérer que le ministre des Mines va tout simplement se référer aux lois réglementant le secteur pour simplement fermer ces carrière illégales-la», souhaite le président du mNC.

KG.

www.icilome.com

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