Longue vie aux Dictatures Françafricaines !

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Dictatures Françafricaines

« Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique » (Emmanuel Macron)

A l’instar de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron avait revendiqué, en 2017, lors de sa visite à Ouagadougou au Burkina Faso, une rupture avec les liens étroits, et parfois occultes, qu’avaient noués les dirigeants français avec certains chefs d’Etat d’Afrique francophone. Emmanuel Macron se voulait garant d’une nouvelle ère, un homme politique issu d’une génération qui voulait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations franco-africaines et tourner la page de la Françafrique.

Mais dans les faits, le président français a-t-il réellement rompu avec la Françafrique? Emmanuel Macron ne fait pas mieux que les anciens pensionnaires de l’Elysée. Au contraire, il entretient une amitié forte avec des dictateurs impénitents, pas très fréquentables, connus pour être des figures notoires de la Françafrique.

Fortement contestée en Afrique de l’Ouest, la France semble se rabattre sur ses vieux alliés en Afrique centrale. Après le voyage au Cameroun en juillet dernier, le président français effectue à nouveau, le mois prochain, une tournée en Afrique centrale. La première étape d’Emmanuel Macron à Libreville, la capitale gabonaise où il participera au « One forest summit », sommet consacré aux enjeux forestiers, donnera le ton à son périple.

Le Gabon est dirigé depuis 1967 par une même famille et détient, avec le Togo, le record du plus long règne du même clan familial au pouvoir sur le continent. Bien que souffreteux, Ali Bongo qui avait usurpé deux mandats présidentiels, sauf un cataclysme nucléaire, sera sur la ligne de départ pour un troisième mandat lors de la présidentielle qui se tiendra au second semestre de cette année.

A quelques mois du scrutin, le déplacement d’Emmanuel Macron à Libreville n’a pas l’heur de plaire à la société civile gabonaise qui est montée au créneau pour dénoncer un soutien au régime autocratique d’Ali Bongo. « A tort ou à raison, les Gabonais interprèteront votre arrivée dans leur pays comme l’expression du soutien de la France au régime en place, en vue de favoriser son maintien au pouvoir », s’insurgent les acteurs de la société civile.

Emmanuel Macron se rendra ensuite en République Démocratique du Congo (RDC), puis l’autre Congo où il aura des entretiens en tête-à-tête avec le dictateur Denis Sassou Nguesso qui cumule 39 ans de règne absolu. Comme au Gabon, la visite du président français au Congo Brazzaville fait scandale dans beaucoup de milieux. Le 19 décembre 2022, Denis Sassou Nguesso devrait rendre visite à Emmanuel Macon à l’Elysée. Cette rencontre consacrée à la protection des forêts d’Afrique centrale a été annulée in extremis. Le président français va donc se rattraper en se rendant chez son homologue congolais dont le régime est décrit selon Pauline Tétillon, co-présidente de Survie, comme « un régime criminel, tortionnaire, prédateur et corrompu ».

L’association dépeint un tableau très sombre du long règne du dictateur congolais : « Sassou-Nguesso, au pouvoir presque sans discontinuer depuis la fin des années 1970, porte une incontestable responsabilité dans les crimes qui ont émaillé son règne : élimination d’opposants, guerre civile de 1997, arrestations politiques, tortures en prison, exécutions arbitraires comme celle des « disparus du Beach », répression féroce de toute opposition comme lors des massacres d’octobre 2015, déplacement de populations dans la région du Pool… »

Emmanuel Macron ignore-t-il la nature du régime congolais ? Entre la France et son pré carré, les intérêts économiques ont toujours primé sur la question des droits de l’homme et de la démocratie…

Médard Amétépé

Source: Liberté / libertetogo.info

Source : 27Avril.com