Les contradiction de Yark Damehame !

Ministre de la Sécurité et de la Protection civile de Faure Gnassingbé depuis 2012, le Colonel Yark Damahame a un rapport complexe avec la vérité à tel point qu’aujourd’hui ses sorties hasardeuses teintées de déni se ramassent à la pelle.

L’ancien Directeur général de la Gendarmerie nationale, affable quand il le faut, avec son sourire parfois candide qu’il affiche lors de ses conférences de presse, est une autorité politique, dit-on, très respectée au sein de la grande muette mais considérée dans l’opinion comme quelqu’un qui a un rapport singulier avec la vérité.

Ses explications des bévues policières, de la répression systématique des manifestations de l’opposition, des décès enregistrés lors des mobilisations populaires pacifiques, entre autres, frisent la provocation, selon de nombreux observateurs.

Une explication surréaliste

Lors de la démonstration de force du Parti national panafricain (PNP) le 19 août dernier dans la capitale et à l’intérieur du pays, il y a eu deux morts officiellement. Voici l’explication du ministre en charge de la Protection civile de ses compatriotes : « Personnellement, j’ai mis un point d’interrogation sur la cause réelle de leur mort. En effet, le premier mort, selon les images que nous avons vues, présentait des blessures causées sans doute par des balles. Mais des balles tirées par qui ? Dans quelles circonstances et où ? Quant à la seconde personne présentée par l’opposition, il s’agissait d’un accidenté. Où a eu lieu l’accident ? Dans quelles circonstances ? Était-ce en rapport avec l’opération de maintien de l’ordre ? Je rappelle que les organisateurs de la manifestation ont enlevé les corps, avant même qu’une équipe n’arrive sur les lieux, pour commencer des formalités d’identification des corps. Il n’y a donc pas eu d’autopsie sur les corps, de sorte que je continue à m’interroger », martèle-t-il sur jeuneafrique.com. En clair, ce ne sont pas les forces de sécurité et de l’ordre qui ont tiré. Qui aussi, dans ce pays, peut-il avoir les armes ?

Incendies des marchés

25 janvier 2013. Au cours d’une conférence de presse (nationale et internationale), en marge des incendies des marchés de Kara et de Lomé, Yark Damehame surprend l’opinion par sa présentation de bidon d’essence et des bidules qui auraient servi à brûler les édifices commerciaux. Dans sa mise en scène, il affirme même que des militants de l’ANC ont tenu une « préparation mystique » au cimetière de Bè Kamalodo et se sont retrouvés dans l’immeuble afin d’y mettre feu. Comme par magie.

Il enchaîne : «Entre le 5 et 8 janvier, deux importantes réunions ont été tenues au siège de l’ANC. Au cours de ces réunions auxquelles ont participé Alphonse Kpogo, Jean Eklou, M. Adja lors desquelles a été décidé ce qu’il fallait faire pour attaquer certains points sensibles de notre pays. Des cocktails Molotov ont été entreposés au siège de l’ANC, des bidons d’essence et des bombes artisanales ont été entreposés dans le bâtiment du Grand marché avec la complicité de certains gardiens. Certains ont été interpellés, d’autres ont pris la fuite ».

« Je suis un soldat, et un soldat ne démissionne pas »

Critiqué vivement après que les jeunes élèves Anselme Sinandare Gouyano (douze ans, en classe de sixième) et Douti Sinalengue (vingt un ans, en classe de Première) sont tués dans la ville de Mango, le ministre-Colonel convoque la presse le 23 avril 2013. Acculé, il répond qu’un soldat ne démissionne jamais.

Un homme en uniforme, quel que soit son grade, peut bel et bien démissionner s’il est mis en cause. Le chef d’Etat-major de l’armée de terre, Bruno Cuche ; le général Jean Lagarde, chef d’Etat-major de l’armée de terre et son successeur le Général Jean Delaunay ; tout récemment, le Général Pierre de Villier, Chef d’Etat-major des armées (tous en France), ont rendu leur tablier soit parce que critiqués ou en désaccord avec le sommet de l’Etat.

Un imam sur fond de manipulation

16 octobre 2017. L’imam Alassani Mohamed Djobo a été arrêté manu militari. Selon Yark Damehame, qui confirmera plus tard l’arrestation, l’homme religieux inciterait les populations à s’en prendre aux militaires et leurs familles. Faux lui rétorque l’Association des cadres musulmans au Togo (ACMT), section Lome-Golfe dans une déclaration. Elle rappelle même que l’imam a l’habitude de dire : « Si marche il doit en avoir, ça ne devrait être que des marches pacifiques encadrées par les forces de l’ordre, …Nous n’aurons la victoire que dans la non-violence », « Ne vous en prenez pas aux enfants des militaires ni à leurs femmes car leurs enfants sont comme vos enfants et leurs enfants sont aussi comme vos femmes ».

« S’agissant de l’érection d’un tribunal pour le jugement des militaires au-dessus du plus haut sommet du Togo, il convient de faire remarquer que c’est une rhétorique purement religieuse en rapport avec la foi, qu’elle soit musulmane ou autres. En clair, l’Imam faisait allusion au tribunal du jugement dernier où chacun y passera sans l’aide ni d’un témoin ni d’un avocat », clarifie le document.

Le tollé suscité par les reproches faits à Alassani Mohamed Djobo pousse le ministre à requalifier les accusations.

« On ne peut pas être citoyen de deux pays »

Il l’a dit lors de sa conférence de presse coanimée avec son collègue de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi, à la veille de la manifestation du PNP du 19 août dernier

Des tirs de sommation peuvent tuer

Au Togo, si l’on en croit le ministre de la Sécurité, un tir de sommation (tiré en l’air donc) peut retomber et pénétrer le ventre d’un manifestant et le blessé mortellement.

La liste des contre-vérités du ministre n’est pas exhaustive. Avec la tension politique actuelle, elle risque de se rallonger davantage.

A.H

www.icilome.com

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