Le processus de purification vu par Spéro Mawuli du CACIT

171

Les cérémonies de purification du Togo, démarrées en début de semaine, se poursuivent sur toute l’étendue du territoire national. Selon un communiqué rendu public par le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN), l’apothéose de ces rites de purification aura lieu pour la religion traditionnelle ce jeudi 06 juillet, pour la religion musulmane le vendredi 07 juillet et pour la religion chrétienne le dimanche 09 juillet 2017. Les fidèles de ces différentes confessions religieuses et toute la population togolaise ont été invité à participer massivement à ces cérémonies et ceci dans une communion de foi.

Mais, même si l’idée de purifier la « Terre de nos aïeux » du sang des innocents est bonne, le processus de mise en œuvre est décrié par plus d’un. Et ce n’est pas Spéro Mawuli, président du Collectif des Associations de lutte contre l’impunité au Togo (CACIT) qui dira le contraire.

Intervenant hier mardi sur les onde de la radio Victoire FM, le défenseur de droit de l’homme a fait connaitre sa vision de la chose. Pour Spéro Mawuli avant de parler de « purification », il faut tout d’abord des aveux et des excuses de la part des bourreaux. C’est comme cela que ça marche. Et c’est d’ailleurs le seul gage d’une purification réussite.

« Je sais que nous les Africains nous sommes extrêmement croyants. Je pense que la purification du Togo est une bonne chose. Mais cela nous amène à poser beaucoup de questions. Pourquoi doit-on faire des cérémonies de purification sans connaitre les auteurs? », s’est-il interrogé.

Et de poursuivre:  » normalement, il y a un certain nombre de délits ou d’infractions. Et quand vous les commettez, vous devez les reconnaitre, les confesser et demander pardon avant qu’on vous fasse la purification. C’est ce qui se fait chez les Catholiques. Je ne sais pas si on escamote cette partie du processus. Sinon, depuis qu’on a commencé le processus de purification, on voit que des victimes. On n’a vu nulle part les auteurs des infractions. Ils ne sont pas venus demander pardon. Et ils n’ont pas reconnu les tors causés ».

Selon lui, cette manière de mener le processus n’aboutira pas à grand-chose, d’autant plus que le sang des innocents continuent de mouiller le sol togolais. Et que les bourreaux courent toujours et librement les rues.

Bon nombre d’observateurs partagent cette analyse. Pour certains, ces rites de purification crié n’est que du folklore sous les tropiques pour dilapider encore le dernier public. Et ce, en complicité avec certaines congrégations religieuses. Pour d’autres, c’est la promotion de l’impunité du chef de l’État qui continue.

Visiblement, le HCRRUN et sa présidente Awa Nana doivent revoir leur copie dans ce processus, s’ils veulent que l’objectif de la réconciliation soit vraiment atteint. Puisqu’il ne sert à rien de dépenser des milliards dans ce processus pour qu’un jour les mêmes bourreaux reviennent à la charge (comme le cas déjà à Atakpamé où le major Kouloum N’ma Bilizim, sous-officier de gendarmerie à la retraite fait régner la terreur) sachant que de toute les façons ils seront couverts par une simple indemnisation des victimes.

KG.

Lomechrono.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here