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Gestion calamiteuse des fonds Covid : le Sénégal à la recherche de la lumière, le Togo préfère les ténèbres

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Les pays africains se ressemblent drôlement dans la gestion primitive et archaïque des deniers publics. Au détour des audits autour de la gestion des fonds mobilisés pour la riposte contre la pandémie à coronavirus entre 2020 et 2022, les résultats sont les mêmes. Du Cameroun au Sénégal en passant par le Togo, le tableau est bien alarmant. La seule différence de Dakar à Lomé réside dans le fait que la justice prend au sérieux les libertés suffocantes que certains individus ont pris avec l’argent du contribuable. La Cour des Comptes sénégalaise avait pointé dans un rapport publié en décembre 2022 des milliards de francs CFA de dépenses sans rapport avec la pandémie. La justice sénégalaise a ordonné lundi 6 février 2023 l’ouverture d’enquêtes sur des cas présumés de « corruption et d’abus de fonction » dans la gestion du Fonds de riposte contre les effets du Covid19.

L’affaire sera suivie par la division des investigations criminelles de la police judiciaire, a fait savoir le Procureur de la République Amady Diouf, dans un communiqué. Au Togo, malgré la clarté du rapport de la Cour des Comptes, le gouvernement s’entiche à cacher le soleil avec la main. Il se réjouit que « les ressources mobilisées à travers le es Fonds de riposte et de solidarité Covid19 (FRSC) ont été « utilisées conformément aux clauses des accords de dons et de prêts d’une part, et dans le respect des textes en vigueur et de ceux pris dans le contexte d’urgence sanitaire d’autre part ». Ensuite le document assure que « le paiement de dépenses inscrites dans le budget de l’État est conforme aux textes en vigueur y compris ceux pris pendant la période d’urgence sanitaire ». De même, les conclusions du rapport mentionnent que « les mesures économiques et sociales prises en vue de soulager la population face aux difficultés liées à la pandémie ont été « appliquées dans la transparence et la conformité aux textes en vigueur ». Ou encore : « les commandes publiques ont été effectuées conformément aux procédures de passation de marchés en vigueur » et que « les dépenses relatives aux mesures barrières, de riposte ou sanitaires sont « conforme régulières et sincères ». Pour le pouvoir, la Cour n’a pas établi de rapport de malversations ou de fraudes » et dit prendre note des insuffisances relevées.

Et c’est le ministre de la Communication et des Médias Akodah Ayewouadan qui trouve que « ceux qui exploitent le rapport l’ont mal lu ou ne l’ont pas compris ». Or, il aurait suffi comme au Sénégal que le Procureur de la République ouvre une enquête sur tout ce qui saute aux yeux comme la confection de logo qui a couté 15,5 millions FCFA ou le reliquat de 779 millions FCFA de fonds Novissi qui n’a pas reversé au Trésor Public. Au-delà d’une insulte à l’intelligence collective des Togolais, la posture du gouvernement est une énième prime à l’impunité. Aucun pays au monde ne peut se développer dans une atmosphère aussi nauséeuse.

Avec Le Correcteur

Source : Togoweb.net