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Éducation : un secteur en manque de repères

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L‘ école Togolaise sous perfusion depuis plusieurs année résiste à toutes les thérapies. Le diagnostic posé par les médécins qui se sont succédés à son chevet ont révélé plusieurs maux qui tiennent tête à tous les traitements qui lui sont administrés. Les différents docteurs semblent tous passer à côté . Et pourtant la meilleure solution est connue de tous: les états généraux de l’éducation! Annoncés aux premières heures du règne du fils du père, ils se font toujours attendre et en attendant, enseignants et corps d’encadrement s’embrouillent et les élèves se débrouillent. Opinion.

«Qu’est ce qui n’a véritablement pas marché?», s’interroge un ancien cadre de l’éducation. Et, pourtant, plusieurs milliards y sont injectés et les résultats s’améliorent dans le sens contraire à celui attendu par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. La question posée par cet inspecteur de l’éducation aujourd’hui admis à la retraite est sans nul doute partagée par plus d’un parmi les acteurs de l’éducation . Certains parmi eux pensent que la plaie du système éducatif Togolais s’est donnée le temps de métastaser au point où il serait très difficile de la soigner.

Des investissements improductifs?

Depuis 2008, d’importants investissements ont été faits dans ce secteur , qui ,d’après le gouvernement serait l’un de ses secteurs prioritaires. En 2021, au Forum Educationnal Submit de Londres, Faure Gnassingbé avait expliqué que le Togo injecte 25 % de son buget annuel pour parfaire le système éducatif.

De l’augmentation des effectifs du personnel enseignant à travers les différents concours de recrutement d’enseignants auxilliaires régionaux(CREAR) en passant par la réouverture de l’ Ecole normale d’instituteur (ENI) de Notsè et la construction de cinq nouvelles autres notamment à Dapaong, Niamtougou, Sotouboua, Tabligbo et Adéta, la réouverture de l’Ecole Normale Supérieur (ENS) d’Atakpamé (…), le recrutement et la formation du personnel d’encadrement, l’organisation des formations initales rattrapage (FIR), etc sont entre autres les grandes réalisations dans le secteur de l’Education.

Aussi, les différents mouvements de grève des enseignants ont-ils aboutit à l’octroi au personnel enseignants de plusieurs primes, dont la prime de la rentrée et la prime de bibliothèque qui ont permis aux salaires des enseignants de connaître une amélioration sensible.

Toutes ces mesures prises par le gouvernement visaient à améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants en vue d’attendre d’eux un meilleur rendement. Mais à l’arrivée, les résultats n’ont pas répondu à l’appel. A qui la faute?

Dodzi kokokoroko, la solution?

Malgré les efforts du gouvernement et les résultats qui tardaient à venir, la grogne dans le secteur de l’éducation n’a pas daigné faiblir.

Les professionnels de la production et de la transmission du savoir ont maintenu la pression sur le gouvernement jusqu’en avril 2018 où un protocole d’accord signé entre les deux partis au terme de plusieurs semaines d’intenses discussions au sein du groupe de travail sur l’éducation créé pour la circonstance. Ledit protocole aura le mérite d’apporter une accalmie dans un secteur où les mouvements de grèves tentaient de devenir une tradition.

Le 1er octobre 2020, Dodzi Komlan kokoroko est nommé ministre des enseignements , primaire, secondaire, tecthnique et de l’artisanat. Son arrivée avait suscité de l’espoir, lui qui, d’une main de fer a réussi a enterrer les mouvements d’humeur sur le Campus universitaire de Lomé où il demeure jusqu’ici le président. L’homme réputé ferme et rigoureux a démarré en trombe à la tête de son nouveau département ministériel , multipliant arrêtés et notes de service qui tombaient quasi quotidiennement. De surcroît, il réussira à tenir les syndicalistes en respect et écraser les plus téméraires qui ont commis la fatale erreur de l’affronter .

À l’arrivée, il impose le silence au sein d’une corporation jadis bruyante et les quelques mécontents se sont consolés dans des murmures à peine audibles. Entre terreur, fermeté et rigueur, le célèbre homme de droit a réussi à mettre les enseignants aux pas mais pour quels résultats?

« À tout seigneur, tout honneur”, certains actes du Professeur Dodzi Kokoroko ont le mérite d’être salués. C’est le cas du recensement des enseignants qui a permis de déceler plusieurs enseignants fictifs et l’immatriculation des élèves ayant permis d’obtenir les effectifs réels en vue d’une meilleure utilisation des ressources humaines », note un président du Comité des parents d’élèves d’un grand lycée de la place qui regrette certaines des dérives du ministre kokoroko. » Nous l’avions applaudit au départ, mais le licenciement des enseignants grèvistes du Syndicat des enseignants du Togo(SET), la mise sous ordre des directeurs grévistes de la Fesen et d’autres directeurs pour des raisons parfois infondées auraient suffit pour noircir le tableau déjà peu reluisant de son passage à la tête de ce département. «

Beaucoup s’accordent à dire que le ministre Dodzi komlan Kokoroko n’a rien apporté en terme de résultats scolaires. « Depuis 2020, les résultats aux différents examens scolaire n’ ont pas connu grands changements en dépit de la fin des mouvements de grève dans notre secteur », affirme un professeur d’Allemand qui a requis l’anonymat. Et tout porte à croire que cette affirmation est justifiée, car la dernière évaluation du programme d’analyse des systèmes éducatif ( PASEC) de la conférence des ministres de l’éducation nationale (Confemen) indique que le Togo a le triste mérite d’être classé célèbre dernier.

Faut-il espérer le miracle?

« On ne produit des résultats avec des circulaires » s’indigne un parent d’élève qui ajoute qu’un fonctionnaire n’est pas productif sous pression. D’après plusieurs enseignants que nous avons interrogé, la rigueur du ministre kokoroko ne donnera pas de meilleurs résultats. Beaucoup estiment qu’il est impossible d’amener les enseignants par contrainte à travailler, car sans une réelle volonté, le travail effectué juste par crainte des sanctions n’est pas le meilleur. Pour améliorer les résultats scolaires, les solutions seraient plutôt à chercher du côté de la construction et de l’équipement des salles de classes, de l’instauration des prix d’excellence pour les meilleurs enseignants( le Burkina Faso en est une parfaite illustration), de la dotation en matériels didactiques suffisants. Sur ce dernier aspect, la situation est déplorable dans la plupart des établissements scolaires. Les manuels d’écriture et de calcul sont totalement inexistants après bientôt six mois de cours, ceux de français sont insuffisants . « Dans toute cette école, il n’ y a qu’un seul livre de lecture et un seul livre de calcul au Cours Moyen. Comment peut-on produire des résultats dans ces conditions » s’interroge un instituteur.

Alors qu’une note circulaire du Directeur Régional de l’Education de la Région Centrale empûte toute la responsabilité de la faiblesse des performances des apprenants aux seuls enseignants, on est tenté de s’interroger si ces derniers auraient été dôtés de pouvoirs magiques afin de produire des génies à partir de rien. Quoi qu’il en soit, l’avenir des écoles togolaises nous interpelle tous. Mais, pour y arriver, les enseignants et les autorités doivent travailler en synergie d’action. Au lieu des ménaces par circulaires, les injonctions de la hiérarchie déconcentrée, il faut ouvrir le débat, relancer les activités syndicales, éviter les renvois et les arrestations d’enseignants et surtout leur redonner leur autorité sur les élèves tout en veillant au grain contre les abus. Une chose est certaine: Dieu même connait la valeur de l’enseignant, et son fils Jesus-Christ fut un grand enseignant à Jerusalem, Gallilée et sur le fleuve jourdain. Ainsi, ceux qui pourfendent les enseignants aujourd’hui devraient se souvenir: « De ce que représentent ces dernier pour l’avenir de chacun».

Laabali.com

Source : Togoweb.net