Crise politique : Que de chemins parcourus pendant 10 mois !

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19 août 2017 – 19 juin 2018, exactement 10 mois qu’une nouvelle donne politique a envahi le Togo. Ce nouveau vent, œuvre du Parti national panafricain (PNP) dirigé par Tikpi Atchadam, a redistribué les cartes politiques, allumé un désir ardent de liberté dans les cœurs des Togolais et fait prendre conscience aux acteurs politiques de la nécessité de tourner la page. Désormais, plus rien ne sera comme avant.

Le mouvement de 19 août 2017 lancé par le PNP a le mérite de faire bouger les lignes. C’est un mouvement qui est ressenti dans les quatre coins du globe. Jamais, les Togolais de la diaspora n’ont été mobilisés contre le régime des Gnassingbé à la tête du pays depuis plus de 50 ans. Sur place, au Togo, malgré la répression systématique instituée en règle de gouvernance par le régime, le peuple ne démord pas.

La détermination et le courage du peuple togolais dans la contestation du pouvoir de Faure Gnassingbé oblige ce dernier à sortir de sa tour d’ivoire pour descendre sur le terrain. Pour tenter de reconquérir le cœur des Togolais qui aspirent à une ère sans son régime, il se voit contraint de procéder à des inaugurations et assister à des événements pour lesquels on l’attend le moins. Inauguration du centre d’enfouissement à Aképé, d’Eco CCP à Anfoin, du projet de la riziculture à Dzagblé, du projet de contractualisation au CHU Sylvanus Olympio de Lomé et tout récemment de la nouvelle Assemblée nationale sont, entre autres, les sorties effectuées par Faure Gnassingbé ces derniers mois, avec en toile de fond des bains de foule bien préparés par la cellule de communication de la présidence.

Parallèlement, ses proches collaborateurs, notamment les membres du gouvernement et autres cadres du parti UNIR ne manquent pas d’occasion pour descendre aussi sur le terrain, à la rencontre des populations, afin de tenter de les soudoyer avec des promesses qui se révèlent être celles que Faure Gnassingbé lui-même a tenu sans pouvoir les respecter. Bref, tous les moyens sont bons pour retourner la situation et reconquérir l’estime des populations pour leur président.

Le grand saut que le régime a fait, et cela malgré lui, est d’avoir accepté l’organisation d’un dialogue qui, en fait, est devenu une arête dans sa gorge. En témoignent les manigances pour faire durer les discussions, déclarer finalement l’impossibilité de discuter avec l’opposition et profiter pour organiser des élections qui seront sources d’autres problèmes.

Le régime de Faure Gnassingbé n’a pas été le seul à être remué par les événements de 19 août 2017. Ils ont permis à l’opposition de resserrer les rangs avec la création de la Coalition des 14 partis de l’opposition. Aujourd’hui, ces 14 partis politiques, bien qu’ayant des approches et projets différents, ont su transcender leurs intérêts partisans pour se retrouver ensemble et mettre en commun leurs énergies pour un combat qu’est la recherche de l’alternance à la tête du pays.

L’aspiration du peuple togolais à la bonne gouvernance, à la démocratie, bref, à l’alternance amène ces leaders d’opposition à parler le même langage. Ceux d’entre ces partis qui réagissaient timidement par rapport à l’actualité politique, se voient obligés d’être plus fermes dans leur position vis-à-vis du pouvoir en place.

Sur le plan international, les projecteurs sont braqués sur le Togo. Aujourd’hui, la CEDEAO a pris en main la situation et c’est à juste titre que l’on attend sa décision pour une résolution pacifique de la crise politique dans les jours qui viennent. Grâce à la mobilisation de la diaspora togolaise, les dirigeants occidentaux, à l’instar du président français Emmanuel Macron, prennent position. Le régime togolais est de plus en plus isolé rien qu’à voir les réactions de certains chefs d’Etat de la sous-région et du monde.

Pendant ce temps, l’auteur de cette vague de contestations s’est réfugié loin de son pays. Tikpi Atchadam, là où il est, se frotterait les mains pour avoir mis en difficulté ce régime qu’on croyait intouchable. Normal que d’aucuns pensent que Faure Gnassingbé lui en veut pour avoir ébranlé son empire, puisque rien n’est plus comme avant.

I.K

Source : www.icilome.com

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