Communiqué du RNDP sur l’exécution extrajudiciaire du Lieutenant-Colonel MADJOULBA Bitala Toussaint le 4 mai 2020

Au lendemain de la ridicule prestation de serment et de l’investiture de Faure Gnassingbé, en présence du Covid-19 comme seul invité de marque, pour un 4ème mandat illégal et usurpé au peuple, un mandat représentant le butin du hold-up électoral du 22 février dernier, le peuple togolais et sa diaspora se sont réveillés dans la stupeur et l’indignation en apprenant l’assassinat ignominieux du lieutenant-colonel Madjoulba Bitala, chef de corps du 1er bataillon d’intervention rapide (BIR), pourtant fidèle serviteur de la dictature. Ce crime a été commis dans son bureau même à l’état-major des Forces armées togolaises ( FAT ), lieu le plus sécurisé du pays ! Le lieutenant-colonel a été tué par balle et ensuite poignardé au niveau du cou ; son corps baignait dans une mare de sang lorsqu’il a été découvert.

La main criminelle n’aurait pas pu frapper si elle n’avait pas été téléguidée par la plus haute hiérarchie à savoir le général Félix Abalo Kadanga, chef d’état-major des FAT, et Faure Gnassingbé, ministre de la défense et chef suprême des forces armées tout en étant le chef de l’État. D’où leur silence coupable et accablant !

Plutôt que de chercher la vérité sur ce meurtre, la dictature semble tisser un cocon dans lequel elle compte l’enfermer. En effet, on a noté la lenteur du procureur de la République à se rendre immédiatement sur le lieu du crime, le remplacement ultra-rapide du défunt colonel, dès le 5 mai, par le lieutenant-colonel Tchangani Atafaï qui a pris ses fonctions le 10 mai. Le président du NET ( Nouvel Engagement Togolais ), Gerry Taama, a d’ailleurs critiqué ce changement rapide et l’a assimilé à une faute administrative. La commission d’enquête en charge du dossier du lieutenant-colonel assassiné et présidée par le général Yark Damehame, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, et ne comprenant que des officiers supérieurs des corps habillés impliqués dans le soutien inconditionnel à la dictature, n’est pas indépendante ; elle n’est pas crédible. Les pressions exercées sur la veuve sont malveillantes et ont pour but de la faire taire. Et enfin les nombreuses arrestations des militaires proches de feu Madjoulba Bitala au nombre de 315 environ appartenant à différents corps et dont la plupart sont de l’ethnie Losso.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois qu’un tel crime a frappé un haut gradé. L’histoire des 54 ans de dictature est jalonnée d’innombrables crimes ciblés et de crimes de masses aussi bien contre les militaires – officiers supérieurs et sous-officiers – que contre les civils. Aussi pour beaucoup de sous-officiers le champ de tirs est-il un lieu sinistre où certains d’entre eux font un voyage de non-retour, passant de vie à trépas ! Pour dissimuler le crime, l’on dit alors qu’ils ont fait les cons ! Dans cette armée prétorienne l’esprit démocratique est combattu avec acharnement, avec la dernière rigueur !

Le RNDP, très attaché à des valeurs et principes élevés de droiture, de vérité, de justice et de dignité, condamne avec force ce crime crapuleux et soutient fermement les familles éplorées, la population de Doufelgou et le peuple dans son ensemble pour que justice soit faite à Madjoulba Bitala.
Le RNDP exige la vérité dans cette affaire pour que les commanditaires et les auteurs de ce crime soient traduits en justice et soient condamnés à l’issue d’un procès équitable conformément à la loi.

Pour établir la vérité et la transparence, le RNDP propose en lieu et place de la commission d’enquête nommée par Faure Gnassingbé une commission d’enquête internationale et indépendante. La commission d’enquête parlementaire que certains ont proposée ne sera ni efficace, ni crédible puisque l’actuelle assemblée nationale, illégitime, n’est qu’une chambre d’enregistrement sous cette dictature.

Le RNDP exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les militaires arrêtés, proches du défunt lieutenant-colonel et qui n’ont rien à voir avec ce crime.

Le RNDP considère que ce crime barbare , crapuleux, est un avertissement « sanglant » adressé à tous les corps habillés qui servent la dictature désirant se perpétuer par tous les moyens y compris la destruction de ses propres serviteurs à la moindre erreur car c’est elle qui détient le droit de vie et de mort dans le pays ! Alors, à qui le tour ?

Chers compatriotes ! Notre pays est en grand danger ! La gestion calamiteuse de la pandémie Covid-19 nous l’a encore montré. Ce crime ignominieux nous interpelle toutes et tous que si nous ne faisons rien ou si nous luttons comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant ce 4ème mandat sera rouge! Levons-nous tous contre ce 4ème mandat usurpé et illégal. Nous devons comprendre une leçon : ce qui défie les dictateurs dans le monde n’est pas le bulletin de vote ; c’est sûrement l’action engendrée par la force, l’engagement et la détermination du peuple ! La population de Siou et des environs affronte seule la dictature ! Pourquoi la laisser seule ? Nous devons marquer notre solidarité à son endroit et nous mobiliser à ses côtés pour arrêter ces criminels qui sont capables d’aller plus loin encore dans leur folie meurtrière. C’est donc le moment pour nous tous de prendre nos responsabilités, d’agir ensemble et d’arracher notre liberté. Ça suffit !

Vive le Togo Libre !

La victoire est certaine !

Paris, le 12 mai 2020

Pour le Bureau

Contact : [email protected]

Source : icilome.com

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