Au Togo, le braconnage menace la survie des pachydermes

S’ils disparaissent de la surface de la terre cela menacerait gravement
l’écosystème mondial. Leur extinction rappellerait le triste sort de leurs
ancêtres mammouths il y a des dizaines de millions d’années. Face à cet
éventuel déséquilibre qui guette le monde, chaque 12 août est dédié
à ces animaux abattus pour leur défense d’ivoire et rappeler la lutte
pour leur préservation. Un combat qui se mène et qui n’épargne pas le
Togo confronté aux braconnages de ces animaux.

Selon les données de l’ONG WWW, le braconnage ces dernières années en Afrique a entraîné un déclin des populations d’éléphants de forêts (-62% de 2002 à 2011 en Afrique centrale) et de certaines populations de savanes (-48% de 2010 à 2015 au Mozambique et -60% de 2009 à 2014 en Tanzanie par exemple) ».

En 2019, selon toujours la même organisation, « environ 50% des décès d’éléphants constatés sont dus au braconnage, avec des disparités régionales (environ 70% pour l’Afrique centrale, environ 30% en Afrique de l’Est et australe) ». L’ONG note également des actes criminels « dans l’enceinte même du prestigieux parc Krüger en Afrique du Sud ». Il résulte que « le nombre d’éléphants abattus dans le Parc national Kruger est passé de 46 à 67 individus entre 2016 et 2017 ».

Des situations qui ne sont pas étrangères au Togo. En effet, les pachydermes sont braconnés. Et ces actes sont posés par des populations locales ou les riverains des aires protégées. « La plupart sont des chasseurs », nous apprend-on. Ce qui fait craindre. « Les éléphants sont en voie de disparition au Togo », s’inquiète un défenseur de l’environnement qui a requis l’anonymat. Il tire la sonnette d’alarme.

« Lorsque la biodiversité diminue, les milieux sont moins résilients, plus vulnérables, car ils sont moins denses. Chaque espèce sur la planète participe d’une manière ou d’une autre au fonctionnement de l’écosystème global. Donc les éléphants jouent un rôle d’équilibre des écosystèmes », avertit-il.

Malgré les efforts des autorités notamment par la mise en place des brigades mixtes dans les parcs ou aires protégées comme le Parc national Fazao Malfakassa, des patrouilles de 72 heures par semaine et des patrouilles inopinées, le braconnage continue.

Selon les données, « les éléphants sont abattus illégalement pour leur viande, leur peau, mais aussi et surtout pour leur ivoire.

Entre 20 000 et 30 000 éléphants sont ainsi tués par les braconniers chaque année ». Une tragédie à l’échelle planétaire et qui manifestement rapporte gros à un vaste réseau de trafiquants éparpillés dans presque tous les pays du monde.

Au Togo, ce réseau semble y trouver une passerelle pour écouler les défenses d’ivoire. Le pays sert de transit pour les trafiquants d’ivoire. Il n’est pas rare qu’ils tombent dans les mains de la police. En mars dernier, deux trafiquants d’ivoire ont été appréhendés par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Drogue et du Blanchiment (OCRTIDB). Ils seront plus tard déférés à la prison civile de Lomé.

Bien avant, en janvier 2021, le Tribunal de Première instance de Lomé a condamné 5 individus pour commerce illégal de défenses d’éléphants. Ils sont condamnés à payer 5 millions FCFA à la partie civile constituée par le ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF).

Ces arrestations sont récurrentes et sont rendues aussi possibles par les ONG locales. Cela prouve quand même que le Togo mène autant que faire se peut la lutte contre le braconnage des éléphants. Mais il va falloir intensifier les actions de sensibilisation à l’endroit des populations riveraines des aires protégées ou trouver des substituts à leurs commerces anthropiques.

L’Echiquier N’088

Source : icilome.com