Angola: après le pétrole, Isabel dos Santos perd les diamants

La presse internationale en avait fait une star. Charmante métisse de 44 ans, active dans les banques, le pétrole, l’immobilier, les télécommunications, Isabel dos Santos pesait trois milliards de dollars, selon Forbes. Ingénieur, polyglotte et mère de cinq enfants, elle était aussi et surtout la fille aînée de José Eduardo dos Santos, président de l’Angola de 1979 à 2017.

Il a fallu que celui-ci finisse par abandonner le pouvoir en septembre dernier pour que tout s’effondre autour de la « princesse » Isabel. À peine investi, Joan Lourenço, le nouveau chef de l’État, l’a débarquée de la présidence de la Sonangol, la société pétrolière nationale. L’or noir assure à l’Angola 75 % de ses recettes fiscales.

« Défenestrer un symbole »

Depuis la chute du prix des hydrocarbures, ce pays africain souffre terriblement. Il était urgent d’assainir la gestion de la Sonangol, minée par la corruption. Ricardo Soares de Oliveira, professeur à Oxford, spécialiste de l’Angola, cité par Le Monde, constate que « moins de deux mois après sa prise de pouvoir, le président Lourençon a défenestré le plus important symbole du clan dos Santos de manière humiliante ». Et Isabel dos Santos, que l’on disait « si brillante », est devenue brutalement incompétente. Demain, vraisemblablement, le régime angolais l’accusera de corruption.

Un mari dans le diamant

Comme un malheur n’arrive jamais seul, la Sodiam, la Société publique angolaise de commercialisation des diamants, a annoncé cette semaine son retrait du capital de Victoria Holding Limited, actionnaire principal du prestigieux joaillier suisse De Grisogono. Et qui se dissimule derrière Victoria Holding Limited ? Sindika Dokolo…, le mari d’Isabel dos Santos. Sindika Dokolo est également un métis, né de parents congolais et danois. Son père, un temps proche de Mobutu, a été l’un des hommes les plus riches de l’ex-Zaïre, avant de tomber en disgrâce. Dans un portrait sans concession du couple glamour, intitulé « Amour, gloire et népotisme », paru en août 2017, quelques semaines avant la chute, M, le magazine du Monde souligne que le mari d’Isabel, homme d’affaires et esthète, « est à la tête de l’une des plus importantes collections mondiales d’art africain ».

Un diamant de 80,8 grammes

Grâce à la Société publique angolaise de commercialisation des diamants, le Suisse De Grisogono se voyait déjà au firmament des diamantaires. En 2016, il avait acquis le « 4 de Fevereiro », le plus gros diamant jamais découvert en Angola. Un joli caillou de 404 carats (et 80,8 grammes). Cette année, le joaillier de luxe genevois a établi « un record historique avec la vente aux enchères du diamant The Art of De Grisogono 1 », pour 33,5 millions de francs suisses, souligne L’Agefi, le quotidien de la finance, dans son édition du 6 décembre. Pour expliquer son départ de Victoria Holding Limited, la société angolaise dénonce « les résultats négatifs systématiquement présentés par le groupe [Victoria Holding Limited] ».

Des structures off-shore

Après son expulsion de la Sonangol et de la Sodiam, la « princesse » Isabel doit-elle s’attendre à d’autres coups durs ? Le FMI pose depuis longtemps des questions sur l’opacité des structures qui gèrent les deux principales ressources de l’Angola : le pétrole et les diamants. Pour récupérer le « 4 de Fevereiro », le plus gros diamant jamais extrait du pays, Sindika Dokolo était d’abord passé par sa société Nemesis, installée à Dubaï, qui avait ensuite cédé ses droits à Victoria Holding Limited, immatriculée à Malte. Enfin, cette pierre hors norme avait été présentée par le très respectable joaillier suisse De Grisogono.

Née à Bakou, en Azerbaïdjan

En cas d’ennuis avec les nouvelles autorités angolaises, Isabel dos Santos pourra toujours se réfugier en Russie. Elle est née à Bakou en 1973, quand l’Azerbaïdjan était soviétique. Son père, José Eduardo dos Santos, alors militant communiste, était parti étudier chez le « Grand Frère ». Il avait rencontré Tatiana Kukanova, « une jolie et brillante joueuse d’échecs ». La « princesse » Isabel parle six langues, dont le russe, alors…

Source : www.cameroonweb.com

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