Une journée pour dénoncer le meurtre des journalistes dans le monde

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A la veille de la journée mondiale contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes et à l’initiative de Reporters sans frontières, la Tour Eiffel s’est éteinte symboliquement jeudi soir le temps d’une minute de silence.

Il y a cinq ans, le 2 novembre 2013, les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient assassinés au Mali. Depuis, à cette date et en leur mémoire, l’Unesco a institué la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes.

Le meurtre du Saoudien Jamal Khashoggi, « étranglé » et « démembré » dans son consulat en Turquie, a rappelé qu’on peut encore trop facilement tuer en toute impunité des journalistes.

Ces dernières années, dans des conditions toutes aussi barbares, le journaliste Mohammed al-Absi a été empoisonné au Yémen, Miroslava Breach et Javier Valdez tués par balles au Mexique, tout comme Ján Kuciak et sa fiancée en Slovaquie. Plus récemment, le jeune journaliste pakistanais Sohail Khan a été abattu le 16 octobre pour avoir enquêté sur le trafic de drogue endémique dans sa région d’Haripur.

Depuis 2006, l’Unesco a condamné les assassinats de 1 010 journalistes et professionnels des médias. Mais neuf cas sur dix n’ont jamais été portés devant la justice, selon un rapport publié jeudi 1er novembre. « La lutte contre l’impunité fait partie intégrante de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de l’accès à l’information. S’en prendre à un journaliste, cela revient à s’attaquer à la société toute entière », a déclaré la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay.

Jeudi soir, la Tour Eiffel s’est éteinte symboliquement le temps d’une minute de silence pour les journalistes assassinés à l’initiative de Reporters sans frontières. « Jamal Khashoggi a été tué car il voulait écrire et parler librement », a déclaré sur place Fabiola Badawi, ancienne collègue du journaliste lors d’une conférence de presse de RSF.


« Leur cri nous hante »

« Leur cri nous hante », lance l’association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Leurs assassinats, mais aussi ceux d’Anna Politkovskaïa en 2006 à Moscou et de Marie Colvin en 2012 en Syrie, « interpellent directement les États, leurs diplomaties, leurs polices, leurs services de renseignement et leurs justices », souligne-t-elle dans une tribune publiée dans Libération. L’enquête piétine cinq ans après l’assassinat des deux journalistes français. Un juge anti-terroriste français s’est rendu pour la première fois au Mali au mois de mars, sans pouvoir enquêter sur les lieux précis de l’assassinat.

En Turquie, l’enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi a au contraire avancé très vite. Sous la pression internationale, l’Arabie Saoudite a fini par reconnaître le 21 octobre le meurtre du journaliste dans son consulat d’Istanbul lors d’une opération « non autorisée ». Mais le royaume wahhabite refuse d’extrader 18 Saoudiens soupçonnés d’implication dans l’assassinat.

Entre le 1er janvier et la fin du mois d’octobre 2018, l’Unesco a recensé le meurtre de 86 journalistes. Si les envoyés spéciaux sont parfois tués sur des terrains de guerre, ce sont les journalistes locaux enquêtant sur la corruption, la criminalité et la politique qui constituent de loin le plus grand nombre de victimes. Ils représentaient 90 % des journalistes tués en 2017, selon l’Unesco. Les femmes, de plus en plus nombreuses dans la profession, sont en outre particulièrement ciblées par le harcèlement sexuel et les abus en ligne.

Source : www.cameroonweb.com

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